2012 n’est pas 1981

par Socialiste 2.0
mardi 29 mai 2012

De nombreux commentateurs comparent l'élection récente de François Hollande avec celle de François Mitterrand en 1981. Pourtant, à comparer la reception des propostions des deux Présidents de la République lors de leur élection, on se rend compte que 2012 et 1981 sont comme le jour et la nuit.

En 1981, les propositions avancées par François Mitterrand dans sa campagne étaient en totale contradiction avec la pensée dominante à l'échelle mondiale. Il voulait nationaliser alors que l'Angleterre de Margaret Thatcher et les États-Unis de Ronald Reagan appliquaient une politique libérale. Autant dire que François Mitterrand apparaissait comme une sorte d'OVNI socialiste sur la planète libérale. Si François Mitterrand nationalise des entreprises dans un premier temps, le tournant de la rigueur l'amène assez vite à se tourner vers des politiques moins ambitieuses, notamment lorsqu'en 1988, il ne renationalise pas les entreprises privatisées par le Gouvernement Chirac. Le décalage idéologique de départ explique peut-être en partie ce retournement de situation.

En 2012, la situation est tout à fait différente. Quand François Hollande parle de croissance, il lève un tabou en Europe. L'austérité semblait alors être la seule issue possible, dans le discours comme dans les faits. L'affirmation par François Hollande de la nécessité d'une politique de croissance trouve immédiatement un écho en Europe : même des dirigeants connus pour leur orthodoxie budgétaire se mettent à plaider en faveur d'une politique de croissance pour sortir de la crise.

Bien qu'ils n'entendent pas la même chose sous le terme de "croissance", l'accord entre François Hollande et les dirigeants européens sur la question de la croissance place le nouveau Président dans une bien meilleure posture que son prédécesseur en 1981.

Indirectement, le fait que les dirigeants européens soient plus ou moins sur la même longueur d'ondes que François Hollande pourrait redonner de l'importance à la France dans la construction européenne. Angela Merkel est désormais la seule dans le couple franco-allemand à prôner l'austérité et fait face à un Président français dont le discours est plutôt bien accueilli en Europe du Sud. Cependant, cette situation ne durera qu'un temps : en 2013, les élections législatives en Allemagne pourraient changer la donne si la gauche l'emportait.

(Crédit photo : Pete Souza, White House Official Photo)


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