2017 : attention ne pas sous-estimer Hollande !

par Laurent Herblay
jeudi 23 juillet 2015

Entre un bilan désastreux, des politiques économique ou scolaire contestées, le sort de François Hollande pourrait sembler déjà joué pour 2017. Mais toute sa vie, il a été sous-estimé, avec l’issue que l’on sait. Et on peut penser que la direction que prend l’élection ne lui est pas si défavorable.

 
L’histoire du candidat Hollande en 2017
 
Le président de la République commence même à essayer de construire un semblant de grande histoire. Entre les demandes d’Alexis Tsipras et celle de l’Allemagne, il peut soutenir qu’il a réussi à faire une forme de sythèse, après tout, c’est sa spécialité, et apparaître comme celui qui a débloqué une situation perdue. Dans la réalité, plus simplement, les Grecs étaient prêts à tout pour rester dans l’euro et Berlin peut avoir préféré ne pas reconnaître ses pertes… Et cette issue est d’autant plus favorable que cela pourrait ne pas freiner la timide reprise qui se dessine depuis quelques mois, avec la baisse de l’euro et du prix des matières premières, qui pourrait permettre au retournement de la courbe du chômage de finalement se produire l’an prochain. Après tout, ne vaut-il mieux pas tard que jamais ?
 
Mais François Hollande ne se contente pas de cette grande histoire. Certaines décisions, un peu oubliées aujourd’hui, pourraient pourtant peser lourd en 2017. Il ne faut pas oublier que le gouvernement a baissé les impôts de 9 millions de Français. Un moyen habile de viser les classes moyennes pour lesquelles il pourrait asphyxier Nicolas Sarkozy en faisant le pari d’une politique économique débordant l’ancien président par la droite. Et en même temps, après des années de disettes, le gouvernement a annoncé des revalorisations du traitement des fonctionnaires, cajolant une cible électorale importante et traditionnellement acquise au Parti Socialiste. Et la détermination à faire passer la loi Macron, en utilisant plusieurs fois le 49-3, permet de contrer l’argument selon lequel il serait un peu trop mou.
 
Etre le moins mauvais en 2017 ?
 
En outre, il ne faut pas oublier qu’en tacticien politicien des plaques électorales, François Hollande semble construire une histoire qui pourrait l’amener à conserver son poste, même si son bilan est désastreux. Après tout, la séquence Grecque s’est conclue dans un sens qui lui est très favorable. Jean-Luc Mélenchon sort très affaibli car la gauche radicale est déconsidérée. Et l’ex-UMP a été ridiculement agressive avec une Grèce qui a fait bien plus d’efforts qu’elle sur son budget, tout en jonglant avec l’idée de sortie de l’euro, qui ne plait pas à son électorat. Et leur critique sur la mollesse suspecte de Hollande pour Athènes ne tient plus avec les mesures atrocement austéritaires que la Grèce a fini par accepter, faire adopter puis mettre en place, en un temps record, à rebours de bien des critiques.
 
Ce scénario cale parfaitement avec le choix d’assumer un virage eurolibéral. L’aile gauche ressort affaiblie puisque Syriza n’a presque rien réussi à changer. Et du coup, la majorité pourrait enfermer les Républicains dans un réduit politique bien étroit pour essayer de se qualifier au second tour, d’autant plus que bien des affaires les concernant continueront à alimenter l’actualité judiciaire. Mieux, le Front National sort affaibli de la tragédie Grecque, mêlant de manière contradictoire et à contre-temps, exigence de remboursement bien inhumaine, soutien au référendum de Tsipras avant de voir l’idée bien mal défendue de sortie de la monnaie unique temporairement affaiblie. Bref, les circonstances actuelles pourraient bien, en profondeur, produire un vrai jeu de massacre pour les opposants à François Hollande.
 

Une telle idée n’est en aucun cas réjouissante. Le président de la République mène notre pays dans une impasse. Mais au fur et à mesure que les pièces du puzzle se rassemblent, on peut se demander si cela ne risque pourtant pas de lui permettre de réussir là où Sarkozy a échoué en 2012.


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