40e anniversaire de la réforme et de l’ouverture de la Chine (gaige kaifang)

par Carlo Marino
lundi 4 juin 2018

Un pays pauvre qui est devenu une superpuissance économique en l'espace d'environ vingt-sept ans, c’ est ça la grande réussite : l'émergence de la Chine . Cette année marque le 40e anniversaire de la réforme et de l'ouverture de la Chine (gaige kaifang), initiée par Deng Xiaoping à la troisième session plénière du Onzième Comité central en 1978 : le début de la transition vers une économie de marché.

La montée récente au pouvoir de la Chine vient de cette révolution que Deng a décrite, en raison de ses changements importants, comme la deuxième révolution chinoise. Entre 1949 et 1976, sous la direction de Mao Zedong, le Parti Communiste Chinois (PCC) mit en oeuvre des politiques économiques "socialistes". Dans les années 1950, fut lancée la planification centrale de l'industrie (en mettant l'accent sur l'industrie lourde) sur le modèle des plans quinquennaux de l'Union soviétique, et l'agriculture fut collectivisée. Après l'effondrement du Grand Bond en avant et la scission politique avec Moscou, les politiques économiques de la Chine dans les années 1960 et 1970 ont hésité entre les tendances ultra-gauchistes de Mao et les politiques socialistes plus conventionnelles soutenues par des leaders tels que Liu Shao-ch'i et Deng Xiaoping. Mao en fut l’adversaire et fut largement capable de détruire leurs politiques, qui “avaient empruntées la voie capitaliste“, jusqu'à sa mort en 1976. Après la mort de Mao, le soutien de diverses réformes devint plus acceptable. Un signe crucial de cette nouvelle démarche fut l'annonce en 1977 de la réouverture des universités chinoises, condamnées et fermées pendant la révolution culturelle. Après l'arrivée de Deng Xiaoping au pouvoir, et lors du Troisième Plénum (du 11eme Comité central du PCC) en décembre 1978, fut proclamée la fameuse politique à quatre caractères gaige kaifang, une réforme du système économique et une ouverture sur le monde extérieur. Au-delà du signal fort, les réformes étaient destinées à remédier à certaines des erreurs de Mao. Néanmoins, il ne fait aucun doute que les réformes entreprises depuis 1978 ont généralement permis de réformer le système, et furent marquées par la décollectivisation de l'agriculture et la démolition de la planification centralisée de type soviétique dans l'industrie, ainsi que par l'ouverture de la Chine, entrée dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001. Les réformes ont entraîné une croissance économique rapide (selon les statistiques officielles, une croissance annuelle moyenne du produit intérieur brut réel de 9,7% entre 1980 et 2009). Depuis lors, la Chine possède les plus grandes réserves de devises étrangères au monde (3,12 billions de dollars), le deuxième plus grand PIB (11 billions de dollars) et le troisième plus haut niveau d'investissement étranger direct (170 milliards de dollars). Sa part dans l'économie mondiale est passée de seulement 1,8% en 1978 à 18,2% en 2017. Aujourd'hui, la Chine est le principal défi pour la politique commerciale de l'Union européenne (UE), le deuxième partenaire commercial derrière les États-Unis, et c'est la plus grande source d'importations de l'UE avec l'augmentation spectaculaire des échanges UE-Chine au cours des dernières années. En fait, la RPC vise à recréer l'ancienne « route de la soie » de Marco Polo qui reliait l'Europe à l'Asie. Cependant, il est également vrai qu'au début du XXI siècle, de nombreux Chinois restent très pauvres par rapport aux conditions occidentales. La mondialisation en Chine est à la fois une condition historique dans laquelle s'est déployé le gaige kaifang (réforme et ouverture) et un ensemble de valeurs ou d'idéologies. Quoi qu'il en soit, le peuple chinois et ses valeurs confucianistes continueront à jouer un rôle essentiel dans la croissance de l'économie chinoise et planétaire.


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