71 % des Franšais favorables Ó un gouvernement d’union nationale

par Fergus
mardi 28 avril 2020

Telle est l’information que nous a donné lundi un sondage réalisé les 22 et 23 avril par l’IFOP pour le web-magazine La lettre de l’Expansion

Très largement brocardée, stigmatisée, vilipendée, par les internautes sur le web, la possibilité d’un gouvernement d’union nationale, évoquée par Emmanuel Macron dans son adresse aux Français du 13 avril, semble avoir fait son chemin dans les esprits de nos concitoyens. Ils sont en effet 71 % à se déclarer favorables à la mise en place d’un tel gouvernement – quatre points de plus qu’après le traumatisant attentat de Nice en 2016 – pour faire face aux effets du coronavirus sur la société française et pour redresser une économie fortement impactée par les mesures de confinement (les experts évoquent pour l’année 2020 une chute de 8 à 10 points de PIB, sans précédent depuis la récession induite par la grande crise de 1929). A contrario, 29 % des personnes interrogées se disent hostiles à une telle éventualité.

Le plus étonnant dans cette enquête n’est toutefois pas dans la mesure de ce « plébiscite », mais dans la répartition partisane du soutien des Français à la création d’un possible gouvernement d’union nationale que semblent appeler de leurs vœux nos compatriotes. Sans surprise, ce sont les sympathisants Les Républicains (84 %) et ceux du Parti Socialiste (76 %) qui se montrent les plus favorables à une telle initiative, portés par l’espoir de voir des caciques de ces formations hériter quelques maroquins, fussent-ils supplétifs. Plus étonnant, suivent de très près les sympathisants du Rassemblement National (75 %), pourtant traditionnellement en rejet de tout ce qui touche à l’« établissement », et ceux de La France Insoumise (72 %), à qui la Macronie, ses serviteurs et ses œuvres donnent pourtant des envies de révolution prolétarienne. Quant aux sympathisants de La République en Marche, ils traînent un peu plus les pieds, à 62 % ; sans doute l’idée de partager, fût-ce a minima, le pouvoir avec d’autres partis leur cause-t-elle des irritations. À noter que les sympathisants d’EELV n’ont pas été testés au titre de cette formation.

En admettant que soit constitué un gouvernement d’union nationale, les 71 % des sondés favorables à cette hypothèse souhaiteraient, pour 80 % d’entre eux, que soit fait appel à des personnalités d’EELV, 77 % souhaitant également la présence de personnalités issues de LR, et 63 % du PS. Ferment la marche avec respectivement 55 % et 53 % les souhaits de participation de personnalités du RN et de LFI.

À l’évidence, ce sondage met en lumière le désir d’une majorité de Français de voir s’esquisser un grand dessein national de refonte de notre société, instruite de ses fragilités par la crise du coronavirus et la crise économique majeure qui s’en est suivie. Nombre de nos compatriotes rêvent de voir mis en place, à travers un tel gouvernement d’union nationale, une sorte de nouveau CNR* missionné pour rétablir les équilibres – mis à mal par des décennies de régressions – entre la dimension sociale et la dimension économique de cette société française qui, au fil du temps, a perdu une grande partie de son âme.

Aussi intéressante que soit cette étude de l’IFOP, il est hélas ! à craindre qu’elle ne débouche sur rien, si ce n’est sur une Union réduite aux seules forces de la droite et du centre. Autrement dit une entité néolibérale guère différente de l’actuel gouvernement. Comment croire en effet qu’Emmanuel Macron, qui a si souvent tourné le dos aux attentes de nos concitoyens, si souvent enfumé les Français, puisse tourner le dos à ce qu’il est intrinsèquement – un serviteur zélé du grand capital – pour mettre en œuvre les lendemains qui chantent qu’il n’a cessé de faire miroiter depuis que notre pays s’est enfoncé dans la double crise sanitaire et économique ?

Soyons sérieux : qu’iraient faire les écologistes, les insoumis, les frontistes, et même les socialistes résiduels dans un attelage baroque n’ayant pas d’autre but que museler les oppositions afin de relégitimer le monarque en diversifiant sa cour, sans espoir que les dindons de la farce aient la moindre chance de peser sur sa gouvernance ?

CNR : Conseil national de la Résistance


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