A chacun sa place !

par CHALOT
jeudi 31 janvier 2013

Le parti a sa fonction, le syndicat et l'association ont la leur... Toute confusion est nocive.

Chacun doit garder sa place et les associations et syndicats doivent pouvoir l'ouvrir et agir en toute indépendance.

 

Une utopie ? Non ! une nécessité, une urgence !

Faire sauter les courroies de transmission !

 

Tout parti, quel que soit son positionnement politique cherche à élargir son audience

et à disposer d'influences dans le monde associatif.

Ce n'est pas une démarche condamnable en soi. Ce qui est inacceptable c'est que cette recherche de points d'appuis conduise les responsables politiques à transformer les associations et syndicats en courroies de transmission.

A la libération le PCF a construit une « myriades » d'associations locales dans tous les champs syndical, logement, solidarité, enfance, retraite. Dans une famille ouvrière, le fils et la fille étaient inscrits aux pionniers de France, le père appartenait à la CNL( Confédération Nationale du Logement), la mère aux « Femmes Françaises », les grands parents à l'Union des Vieux de France.

Peu à peu sous l'effet conjugué de la baisse d'influence du PCF et de l'aspiration à l'indépendance de nombreux dirigeants d'associations, les liens se sont distendus et les organisations ont eu un fonctionnement plus démocratique....

Le PS s'est toujours prononcé pour l'indépendance des organisations de masse, n'hésitant pas à condamner les déviations de son partenaire et rival.

Cette profession de foi ne dupe que les naïfs car aujourd'hui qu'il est au pouvoir, encore beaucoup plus qu'hier quand il était dans l'opposition le Parti Socialiste cherche à disposer de forces associatives et syndicales lui servant de faire valoir et de leviers pour contrôler une fraction significative du mouvement social.

Dans le mouvement ouvrier, la CFDT est la pièce maîtresse, même si elle est un peu érodée, c'est ainsi que cette centrale, accompagnée de la CFTC et de la CGC ont contre signé un accord minoritaire qui vise à casser le code du travail.

Chez les parents d'élèves, à la FCPE, le PS recherche à renforcer son audience par tous les moyens possibles, il lui faut des dirigeants dociles.

Rappelons nous de ce qui s'est passé en Seine Saint Denis en 2009 et de la résistance courageuses et heureusement victorieuse du président s'opposant à « l'entrisme » du Parti Socialiste.

Dans le mouvement enseignant, la tâche est dure, la direction nationale de l'UNSA Éducation n'ignore pas que si elle prend position pour la réforme gouvernementale prévue, les professeurs des écoles se dé syndiqueront ou frapperont à la porte du syndicat concurrent...N'oublions pas non plus que de nombreux dirigeants syndicaux sont pour l'indépendance syndicale.

D'autres organisations du champ social, sociétal, humanitaire vont devoir défendre, becs et ongles sortis leur indépendance.

Une association défend l'intérêt de ses adhérents et doit mener une politique conforme aux principes qui sont les siens.

Toute réforme qui va dans le bon sens, décidée par ce gouvernement doit être soutenue mais tout faux pas ou mesure insuffisante ou nocive doit être combattue par l'association.

Un militant syndical ou associatif qui se respecte et respecte les adhérents de son organisation n'a pas des amis aux « affaires » qu'il doit soutenir inconditionnellement mais une orientation fixée collectivement qu'il doit promouvoir et défendre.

 

Jean François Chalot

 


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