tous ceux qui ne participent pas…

par Pelletier Jean
mercredi 9 décembre 2015

Avec un taux d’abstention de 44 %, des non-inscrits, soit 6 millions de personnes en âge de voter (12 % de la population majeure), 2 % de votes blancs, on voit combien les résultats des différents compétiteurs politiques à cette régionale représentent si peu les Français. C’est assez spectaculaire et me laisse perplexe.

Combien sont-ils ? En faisant cette adition ce sont 58 % des français qui d’une manière ou un autre ne participent pas à la République. Qui sont-ils ? Et après tout s’excluant eux même de la démocratie, ils n’auraient donc pas voix au chapitre. D’autant qu’au regard de la diversité de l’offre politique, que l’on peut même juger parfois excessive, on imagine mal qu’ils n’y trouvent pas leur compte

Et pourtant dans cette foisonnée de femmes et d’hommes politiques de droite, du centre, de gauche, de l’extrême droite, de l’extrême gauche, de nulle part, écologistes, régionalistes, divers, et autres… rien ne trouve grâce à leurs yeux, ils votent blanc, ne se déplacent pas, ou pire encore ne se font pas inscrire sur les listes électorales.

On peut toujours leur dire que des hommes et des femmes sont morts pour qu’ils puissent exercer leur droit de regard sur l’organisation de la société dans laquelle ils vivent. On peut encore leur dire qu’il y a par le monde tant de gens qui ne vivent pas en démocratie et qui subissent l’arbitraire du totalitarisme… rien n’y fait, visiblement l’envie d’exercer leurs droits démocratiques ne leur vient pas.

Alors, allons-nous vaquer à notre devoir électoral sans leur jeter un seul regard, en n’ayant que mépris pour eux ?

Non, il faut s’interroger sur leurs motivations ou leur absence de motivation.

J’ai plusieurs explications à l’esprit.

D’abord dans notre pays ils sont des millions pour lesquels chaque jour est un combat pour leur survie. Confrontés à la pauvreté et à la précarité, imaginez bien que leur cerveau n’a pas d’espace disponible pour l’exercice de la démocratie. C’est bien dommage, mais mettez-vous un instant à leur place, si cela est possible, vous comprendrez que voter… c’est loin, bien loin.

Et puis, il y a les autres, ils n’ont pas à lutter pour vivre, mais ils ont le sentiment, non pas que la droite et la gauche c’est pareil… non ils ont le sentiment profond qu’aucun parti politique n’est en mesure de régler les problèmes cruciaux du moment : la crise économique, le chômage, les problèmes d’environnement. Ils ont accès à l’information et du coup ils sont habités par un terrible sentiment d’impuissance. Alors à quoi bon ?

Enfin, il ne faut pas dédouaner la responsabilité de notre personnel politique. La période est plutôt sinistre et peu de femmes et d’hommes se révèlent à la hauteur de la situation.

La réduction du septennat à cinq ans, voulu par Lionel Jospin est devenue un piège ; ainsi sur 10 ans les Français auront expérimenté Sarkozy pour la droite et Hollande pour la gauche… leur sentiment c’est qu’ils n’y ont pas trouvé leur compte sur une période, somme toute courte de 10 ans… ils ont le sentiment amer d’avoir expérimenté les deux partis de gouvernement et qu’au final les deux les ont terriblement déçus. D’où ce vote bondissant du Front national, comme si après avoir tout essayé, celui-ci paraissait paré de toutes les vertus de la nouveauté.

Mais le peuple est sans mémoire, le Front national, ou du moins ses ancêtres ont déjà gouverné la France sous Vichy et pendant l’occupation allemande.

Même si Marine Le Pen a eu l’intelligence et l’habilité de gommer tous ces souvenirs, il n’en reste pas moins que le FN, c’est Vichy et aussi ne l’oublions pas l’OAS, une organisation terroriste pendant la guerre d’Algérie et que Mme Le Pen entretient des liens d’amitié très étroits avec tous les partis d’extrême droite dans toute l’Europe.

Voilà l’état des lieux… mais pour reprendre l’expression de Lénine « Que faire ? », difficile pour un simple citoyen épris de liberté et amoureux de sa république de trouver son chemin… résister chaque jour et chaque heure, en lien avec celles et ceux qui s’engagent dans la résistance. Et enfin comme le meilleur n’est pas à venir, faire toujours le choix du moindre mal et dimanche voter républicain….

 


Lire l'article complet, et les commentaires