Avec Sarkozy, tout devient Pau cible !

par Voris : compte fermé
vendredi 14 mars 2008

Certaines formules mettent du temps à révéler toute leur signification profonde. On n’en goûte qu’avec retard la saveur amère, dissimulée comme une seconde couche. Ainsi en est-il du slogan fétiche du candidat Nicolas Sarkozy qui poursuit d’une vindicte obsessionnelle un certain Béarnais, - « troisième homme » des présidentielles - quitte à occasionner quelques dégâts collatéraux dans cette bonne ville de Pau.

Il y a entre l’amitié sincère portée par Alain Juppé à François Bayrou et l’amitié proclamée par Sarkozy lors de sa visite à Pau, une différence. Que dis-je une différence ? Un gouffre !

Nicolas aime tant le Béarnais du MoDem qu’il n’accepterait pas que quelqu’un d’autre que lui lui fasse du mal. Nicolas était venu en "ami" à Pau à l’approche du premier tour des élections municipales. François lui a aussitôt signifié sa réticence aux formes d’amitié au sens sarkozien, faites de trahisons et de cupidité. Replantons le décor ! Sarkozy, désireux de venir soutenir en personne le candidat renégat du PS qui roule désormais pour lui, saisit un motif officiel (visite du groupement de gendarmerie) pour se rendre dans le bastion de Bayrou.

Echange bref entre les deux hommes à l’aéroport de Pau :

- "Naturellement, tu viens avec nous" dit Nicolas à François. Mais ce dernier décline l’invitation car "les parlementaires n’ont pas été invités. Je suis venu à l’aéroport car je suis très attaché au respect des principes républicains", précise-t-il.

- "Les principes républicains c’est bien, mais il y a aussi l’amitié", répond Nicolas.

- "J’ai pu vérifier que l’amitié prenait des formes diverses", a rétorqué tout de go François, la mémoire encore fraîche des ralliements de nombre de ses proches à son rival.

Sarko veut la peau du Béarnais qui lui répond en quelque sorte "avec les Palois, t’auras pas la loi !"

"C’est le droit d’Alain de dire ce qu’il veut", a simplement commenté Nicolas à propos du soutien sans faille d’Alain Juppé à François et l’on sent tout le dépit caché derrière ces mots. La flèche du président qui se voulait celle d’un Cupidon, se révèle celle d’un cupide qui veut tout posséder.

Marielle de Sarnez s’est émue de cette visite : "On voit bien que toute son énergie est tendue pour isoler François Bayrou", a-t-elle déclaré sur LCI. "Moi, je préfèrerais que Nicolas Sarkozy s’occupe des vrais problèmes du pays", a-t-elle ajouté. Les Français aussi voudraient bien qu’il se rappelle d’eux et de leurs problèmes. Mais non ! La seule obsession de Sarkozy, c’est d’abattre Bayrou !

Outre le fait qu’il néglige sa fonction de chef de l’Etat et son statut de chef au-dessus des partis, Nicolas Sarkozy nage en pleine contradiction. En conférence de presse du 8 janvier 2008, il affirme : "Je m’engagerai à la place qui est celle du président de la République, le gouvernement s’engagera pour mobiliser notre électorat, (...) parce que le concept d’élection dépolitisée est absurde." Deux semaines après : "Je ne veux pas me mêler du détail des municipales dans chacune des villes de France, ce n’est pas mon travail."

Le 12 mars, le maire de Bordeaux déclare sans hésitation : "Je souhaite le succès de François Bayrou et, si j’étais électeur à Pau, je voterais pour lui", se disant "convaincu" qu’ils pourraient "faire ensemble du très bon travail pour l’Aquitaine, lui à Pau, moi à Bordeaux." "Nous serons bientôt reliés par une nouvelle autoroute et les relations entre le Béarn et la capitale de l’Aquitaine sont pour nous très importantes", a ajouté avec enthousiasme Alain Juppé, qui voit en M. Bayrou "un interlocuteur de grande qualité".

Cet axe aquitain préfigure peut-être l’arc républicain que François Bayrou appelle de ses vœux. Un arc républicain qui n’a rien de comparable à celui de l’archer de la photo montage qui illustre ce papier.


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