Benito Mussolini, le Socialiste fondateur du fascisme

par ALDECO
jeudi 16 avril 2015

Le Duce, Socialiste jusqu'au bout

Benito Mussolini naît le 29 juillet 1883 dans une petite ville de Romagne dans le nord de l'Italie, région à tradition militante « rouge ».

Son père, Alessandro Mussolini est un forgeron aux positions politiques marquées d'un socialisme ouvertement révolutionnaire à tendance anarchiste.

Il donne à son jeune fils les prénoms Benito Amilcare Andrea, en référence à Benito Juarez, Amilcare Cipriani et Andrea Costa, trois grands activistes socialistes.

Sa mère, est une institutrice profondément catholique.

Le jeune Benito a une enfance assez misérable mais reçoit une éducation chrétienne chez les Salésiens de Forni.

Très tôt le père prend soin de former son fils à la pensée des théoriciens socialistes et communistes, Il l’initie notamment aux idées de Karl Marx.

En 1900, alors adolescent, Benito Mussolini s'inscrit au Parti socialiste.

Deux ans plus tard il obtient un premier emploi comme instituteur substitut mais il se lasse très vite de l'enseignement.

En juillet 1902, Benito Mussolini s'exile en Suisse pour éviter le service militaire. Il vit d'un travail de manoeuvre sur les chantiers tout en militant activement dans les milieux syndicaux et socialistes. Il rencontre les réfugiés bolcheviques et fait connaissance avec les thèses de Lénine. Il apprend aussi l'allemand et le français.

En 1904, de retour en Italie, il se résout à accomplir son service militaire.

À partir de 1909, il se consacre au journalisme, d’abord comme éditeur de L'Avvenire del Lavoratore (L’avenir du travailleur), puis comme directeur de Lotta di classe (La Lutte des Classes) un hebdomadaire socialiste de Romagne. Il publie par ailleurs un virulent pamphlet anticlérical.

A. James Gregor, évoquant ces jeunes années de journaliste, parle d’une conviction socialiste forte et d’une acceptation d’un « socialisme orthodoxe intransigeant et doctrinaire. »

Qualifié d'agitateur politique, Benito Mussolini acquit dès cette époque une grande renommée au sein du mouvement socialiste italien , ainsi qu’un surnom : il Duce (le chef). 

Il grimpe dans la hiérarchie du Parti socialiste et prend en 1912 la direction du célèbre journal national du Parti socialiste Avanti ! (En avant !) à Milan.

Ses positions politiques sont fermes et sans aucune ambiguïté. Il prêche un socialisme proche du syndicalisme révolutionnaire, n'excluant pas la violence.

Il affirme que les travailleurs doivent arracher les chaînes imposées par les propriétaires des entreprises et des fermes. Une fois la révolte terminée, « le monde serait juste et les travailleurs domineraient. »

De 1912 à 1914, il est le numéro deux du Parti socialiste italien.

À l'aube de la Première Guerre mondiale, les socialistes prônent la neutralité de l'Italie et la non-intervention à la guerre.

Pourtant, dès 1914, toute une fraction de la gauche radicale italienne bascule dans l'interventionnisme, estimant que, de la conflagration générale sortirait une Italie nouvelle ;

C'est en véritable porte-parole de l'interventionnisme de gauche que Mussolini fait campagne, en 1914-1915, pour l'entrée de son pays dans la guerre.

Il est alors chassé de son poste de directeur de l' Avanti ! , puis exclu du parti socialiste italien.

Il lance en novembre 1914, un nouveau quotidien Il Popolo d'Italia le peuple d'Italie support actif de cet interventionnisme.

 

Du Socialisme au Nationalisme

A cette occasion, il passe une alliance tactique avec les nationalistes.

Lorsque l'Italie entre finalement dans le conflit, en mai 1915, très nombreux sont les représentants de cet « interventionnisme de gauche », Benito Mussolini le premier, républicains, syndicalistes révolutionnaires, socialistes dissidents qui, trop jeunes ou trop vieux pour être mobilisés, s'engagent volontairement pour défendre la patrie, aux côtés des Alliés français et anglais.

La guerre est une expérience-clé pour Mussolini.

Il y forge ses idées sur la militarisation des partis, la violence et le nationalisme.

Gravement blessé en 1917, il retourne à la vie civile et au journalisme, à la tête du Popolo d'Italia.

Durant les premiers mois de l’année 1917, c’est-à-dire au moment de l’éclosion de la Révolution russe, Mussolini affiche son plus complet soutien au mouvement bolchevique, ne tarissant pas d’éloges pour son leader, Lénine.

Après la guerre, Mussolini rompt sans rémission avec ses anciens amis socialistes et s'oppose à leurs velléités pacifistes et internationalistes.

Bien que politiquement isolé, ses options nationalistes recueillent de plus en plus d'écho dans le pays.

Mussolini et les jeunes « anciens combattants », interventionnistes de gauche, souvent décorés, blessés, mutilés, conservent, pour la plupart, leur foi révolutionnaire, mais ils partagent avec leurs homologues venus de la droite nationaliste un vif sentiment patriotique qui les éloigne du socialisme majoritaire, à cette date fortement attiré par le modèle bolchevique.

En outre, Mussolini comprend assez vite tout le parti qu'il peut tirer des frustrations de cette clientèle.

En effet, l'Italie, même si elle fait partie des vainqueurs, n'obtient pas, lors de la conférence de la paix à Versailles, en 1919, tout ce qui lui avait été promis par les Alliés pour s'engager à leurs côtés dans la guerre. Les italiens sont déçus.

Le mythe de la « victoire mutilée » nourrit ainsi une révolte contre les représentants de la classe politique traditionnelle, jugée responsable de l'humiliation infligée au pays par les démocraties victorieuses, et accélère la conversion au nationalisme des combattants issus des rangs de l'extrême gauche.

C'est parmi ces derniers, dans ce contexte de crise politique et de crise économique, qu'en mars 1919, Mussolini va recruter ses partisans les plus nombreux et les plus déterminés.

 

De la Révolution à la contre-Révolution

Mussolini, fort de son charisme d'ancien leader socialiste continue d'utiliser une phraséologie révolutionnaire, anticapitaliste et antibourgeoise jusqu'à l'été 1920.

Ni l'alliance tactique avec les nationalistes pendant la guerre, ni les subsides qu'il reçoit de certains milieux d'affaires pour financer son journal, ne semblent altérer la volonté qu'a Benito Mussolini de faire table rase du régime instauré par la monarchie piémontaise.

En mars 1919, il met sur pieds une organisation politique, les Fasci di Combattimiento (Faisceaux de combat).

L’organisation politique se dote vite d’un programme aux inclinaisons clairement socialistes : taxation forte du capital, création d’un salaire minimum, loi limitant à 8 heures le travail journalier, ainsi qu’une forme de sécurité sociale.

Mussolini s'exprime alors ainsi sur le sujet du socialisme : « Nous déclarons la guerre au socialisme, non pas parce qu’il est socialiste, mais parce qu’il s’oppose au nationalisme. Nous souhaitons être une minorité active qui puisse pousser le prolétariat en dehors du parti socialiste officiel. »

Tandis qu'en Italie se multiplient les troubles sociaux et les grèves dans les grandes villes industrielles du nord et les campagnes du sud, il prend le parti de la contre-révolution.

Il crée une milice au sein de son Parti. Ce sont les squadre ( escouades) dont les membres, les squadristi, se signalent par le port d'une « Chemise noire », d'où leur surnom.

Les fascistes instaurent la terreur. La violence est utilisée sans gêne ni honte : elle est même décrite comme une vertu.

Leurs ennemis : les partis de gauche et les grandes entreprises.

En toute illégalité, ces miliciens armés, motorisés et encadrés par d'anciens officiers sillonnent villes et campagnes et intimident à coup de passages à tabac, assassinats ou autres, les syndicalistes, grévistes et militants socialistes ou communistes.

Parmi les actions « coup de poing » des hommes de Mussolini, une pratique récurrente est aussi l’occupation d’usines et d’entreprises afin de réclamer la propriété commune des moyens de production.

L’escalade de la violence mène à la révolution.

En octobre 1922, au terme de deux « années rouges » (les biennio rosso) marquées par une tension sociale forte bien qu’essentiellement larvée, les factions mussoliniennes organisent une grande « marche sur Rome ».

A Naples, le 24 octobre, Mussolini précise ses intentions : « Notre programme est simple : nous voulons gouverner l’Italie »

Quatre jours plus tard, devant le peu de réaction du roi Victor Emmanuel III, le premier ministre Luigi Facta prend la décision de démissionner.

Mussolini est appelé à former un gouvernement.


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