Changer le statut et le nombre de nos Úlus

par Robert GIL
mercredi 5 juin 2013

Tout le monde connait cette petite comparaison sur le nombre d’élus entre deux démocraties, d’un coté les États-Unis et de l’autre la France. Pour la première, l’on dénombre 300 millions d’habitants, et l’on compte , 100 sénateurs et 435 députés, et pour la seconde, 60 millions d’habitants, 350 sénateurs et 577 députés. Donc si les États-Unis nous imitaient, ils auraient : 2100 Sénateurs et 3462 députés ! Et en France, si nous adoptions le système americain, nous n’aurions que 17 Sénateurs et seulement 73 députés. Intéressant non ? Oui, mais un peu démago, non ? La comparaison de la France avec les USA équivaut à comparer le football et le rugby. Combien le football compte-t-il de joueurs et combien le rugby en compte-t-il ? Ou alors comparer le handball et le basket, alors que les règles ne sont pas les mêmes. Aux Etats-Unis il y a 2 sénateurs par Etat, ainsi qu’un gouverneur, mais également des juges, des attorneys représentant les Ministères Publics, des sheriffs dans tous les comtés, des sheriffs locaux, des sheriff-adjoints, etc…, donc, au final le nombre de nos élus est bien inférieur à celui des Etats-Unis…. toutes proportions gardées ! Le problème n’est pas sur le nombre, mais ce sont surtout leurs privilèges hallucinants. Il faut aussi remettre en question la rémunération et le statut de nos élus. Enfin, les USA, sont-ils un modèle indépassable ? Devons nous définitivement pensez ricain, manger ricain, vivre ricain ?

Et s’il y a des élus, il y a aussi un grand nombre d’instances non élues, mais nommées par les politiques que nous élisons, et qui échappent à tout contrôle : des commissions, sous commissions, conseils et autres qui servent à recycler d’anciens élus, ministres, patrons, ou autre important personnage aux yeux du pouvoir. Dans ces instances aussi, les privilèges et les rémunérations sont hors du commun, et leurs travaux ne servent souvent qu’à asseoir la domination d’une classe sur une autre, normal, tous ceux qui y siègent font partie du même monde. D’ailleurs on a pu le constater lorsque le conseil constitutionnel a retoqué l’impôt à 75%, qui écornait un peu les plus riches, alors qu’il ne s’oppose jamais à une mesure qui s’attaque au reste de la population !

Ce à quoi il faut surtout mettre fin, c’est à la professionnalisation de la politique. On en a fait un métier, et ces gens là ne vivent plus que pour être réélus, au frais du contribuable. Ils vivent dans un monde clos, complètement déconnecté des préoccupations des gens qu’ils sont sensés représenter. Et le plus scandaleux concerne leur rémunération démesurée, leurs avantages et les privilèges qu’ils se sont octroyés, mandats après mandats, tous bords politiques confondus. Méfiez-vous des hommes et femmes providentiels.

Il faut donc fixer des règles. Premièrement, les élus ne doivent pas toucher plus que le salaire moyen des français, on ne fait pas de la politique pour faire carrière mais pour défendre des convictions. Deuxièmement, les mandats doivent être établis à mi-temps, pour ne pas être coupé des préoccupations des électeurs, il faut continuer à travailler. Troisièmement, il faut un turn-over, car la politique est l’affaire de tous, donc le nombre de mandats doit être limité dans le temps. Et enfin, un élu qui ne respecte pas le programme sur lequel il s’est fait élire, doit être révocable.

En respectant ses règles on peut même doubler le nombre d’élus, car comme ils seront à mi-temps, on peut se dire que deux mi-temps font un temps complet, et l’on pourrait voter à chaque fois pour un duo homme-femme, afin de respecter la parité. Mais si vous défendez ce genre de principe, vous allez vous retrouver bien seul, le NPA en a fait l’expérience, il a été mis en quarantaine par tous les autres partis, au sein desquels certains on fait de belle carrière politique très bien rémunérée !

Cette proposition de « non professionnalisation » des élus et de la politique justifie, à elle seule, que je vote pour le NPA, plutôt que de rester dans la contestation résignée. L’on ne peut pas vouloir changer les choses si l’on ne commence pas à changer la classe politique, on en a la preuve depuis des décennies et ce n’est pas l’alternance actuelle gauche droite qui nous dira le contraire. Ces propositions ne sont que des pistes, mais l’on ne peut laisser les choses en l’état. Il appartient à chacun d’entre nous de se rapproprier la politique.

C.COMSA

http://2ccr.unblog.fr/2013/06/04/changer-le-statut-et-le-nombre-de-nos-elus/

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« La plupart des gouvernements traditionnels divisent les gens, ils les dressent les uns contre les autres pour affaiblir la société et les rendre gouvernables »…C. DELOTRE


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