Comment peut-on être d’extrême-droite ?
par Mervis Nocteau
mercredi 30 juin 2021
Vue la sale réputation que l'on fait à l'extrême-droite, il est naturel de ne pas vouloir être identifié comme tel. On associe à l'extrême-droite des comportements farfelus, de type génocidaire-exterminationniste, notamment, et plus généralement de l'ultra-violence (néo-nazis, néo-fascistes, skinheads, etc.) ainsi que tout ce qui ressort de la haine d'autrui (racisme, sexisme, xénophobie, homophobie, misogynie, etc.). Mis bout à bout, tous ces comportements réunis en une seule personne, un seul groupe ou une seule association d'intérêt, sont en fait surréalistes.
Ça n'existe pas, une entité extrême pavanant avec toutes ces dimensions, hostile à tout et se mettant l'univers à dos : elle se condamnerait aussitôt à mourir abandonnée. En fait, même dans les "pires" sociétés (aux yeux d'une certaine bien-pensance) se manifestaient des affinités raciales, sexuelles, étrangères, genrées, etc.
De plus, sur le terrain, dans la vie quotidienne, le vécu, tout le monde est aussi confronté à des ultra-violences gauchistes, centristes et gratuites, physiques et symboliques, ainsi qu'à des haines d'autrui sans lien avec tous ces ismes, phobies et misos1. Au final, si l'extrême-droite, c'est cette projection inconsciente d'« estrèmdrwate », personne n'est d'exrême-droite, et l'extrême-droite ça n'existe pas.
Mais est-ce la seule raison pour laquelle il est difficile de se reconnaître tel ? … Il y a une raison scientifiquement/éthologiquement/animalement plus profonde !
La présence charnelle
Le point commun de la violence et de la haine, c'est qu'elles s'exercent sur les corps, sur le corps : on se sent atteint dans sa présence au monde2. Or, il est très difficile de penser le corps entièrement. Bien sûr, on peut en faire la physiologie et, plus couramment dans nos revues, la sexologie.
Malgré tout, si cela fait tant mariner, c'est parce que nous sommes chacun(e) un corps, et que malgré tout il nous est très difficile de le situer pensivement. Quand on y pense, quand on est pensif, tout ce que l'on parvient à penser – et malgré l'évidence du corps et des autres corps – c'est une pensée. Nous n'avons que l'idée du corps. Et pourtant, nous sommes ces corps et les autres leurs corps, de telle sorte que la seule imagination qu'on puisse les soumettre à la violence et à la haine, peut devenir insupportable (épidermique)3.
En effet, il y a là l'idée d'un Moi-Peau, doublée d'un Soi-Personnalité, dans tout cela … au point que cela puisse rendre égocentrique, égotiste ou hyper- voire pervers-narcissique. En tout cas cela engage notre être-au-monde. Au mieux, on a affaire au self anglosaxon ; il procède de ce que Maine de Biran nommait une « aperception interne immédiate », ou bien à ce que Jean-Paul Sartre nommait « conscience-soi »4.
De manière générale, la susceptibilité à la présence charnelle a été exacerbée par les cultures monothéistes dont nous héritons et qui nous influencent et nous travaillent toujours diversement5. C'est une affaire de mœurs, conduisant au au martyrisme, au monachisme, au dolorisme et au futurisme spirituels des monothéismes, exacerbée par l'idée que « Satan est prince du monde » et qu'il y a à espérer dans « la vie future ». Ces moeurs sont toujours présentes en sciences, dans l'idéologie d'un cerveau souffrant le corps (alors que le cerveau dépend autant des glandes hormonales que des émotions) : on mentalise beaucoup trop, or le mental est un problème en développement personnel6.
Un extrême-droitier ne mentalise pas
Comme tout le monde, l'extrême-droitier pense et réfléchit, même si ses diabolisateurs ne le lui concèdent pas. Néanmoins, le réflexe de diabolisation lui-même, n'est pas si pensé ni réfléchi … en dehors des stratagèmes mitterrandiens7 et autres politiciens, « truc d'éditocrate » … mais enfin, que ce soit Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen ou Marion Maréchal, il y a un panache, il ne faut pas se le cacher. Cela ne vient pas d'une absence de sagacité, qu'on le veuille ou non, et quand même Marine Le Pen ne serait pas tout à fait à niveau des deux autres, ce qui reste à prouver8.
Ainsi, un(e) extrême-droitier(e) ne mentalise pas, en tout cas moins que tout le rationalisme du vacillant « pacte républicain ». Or, le rationalisme, s'il s'imagine la raison toute entière, demeure pourtant un isme. Le rationalisme n'est donc pas la raison, bien qu'il fantasme – non seulement avoir, mais – être la raison-même. Le rationalisme, bien qu'il comprenne l'importance de l'empirisme9, reste en fait théoricien dans la démarche. Le rationalisme, même empiriste, n'opère que des calculs quant au réel.
Le droitiste, lui, assumant un peu plus sa culture territoriale sans l'appeler « identité » toutefois, de même, est trop rationaliste devant l'héritage et la tradition locale. C'est pour cela que les cathos-tradis se sont laissé bouffer. Mais c'est grâce à eux, que l'on comprend à quel point le rationalisme est encore une vieille habitude monothéiste, de dualisme spirituel.
L'extrême-droitier, lui, est beaucoup plus charnel. L'extrême-droitier(e) est à fond dans la présence charnelle. Il l'est vraiment, même quand il est catho-tradi, parce que chez lui le catholicisme se veut identitaire. Ainsi, le catholicisme extrême-droitier est avant tout une tournure d'esprit, un moral d'acier si vous voulez (comme dans l'armée), et la gauche ni le centre ne se trompent quand ils disent que l'extrême-droite « n'est pas très catholique, pas plus que chrétienne » en vérité, car fort peu évangéliques dans la démarche. Pire : la gauche et le centre sont christiques, à côté d'une telle extrême-droite … ! … Mais bien que par habitude sociopolitique, le peuple français ait pu associer l'extrême-droite au catholicisme réactionnaire, l'extrême-droite n'est de loin pas que catho-tradi ! Sinon, bien des mouvements de droite seraient d'extrême-droite (amalgames que ne manquent pas de faire la gauche et le centre, eux qui par ailleurs sont si sensibles aux amalgames … ).
L'extrême-droite, un positionnement politique diversifié : diversité de l'extrême-droite
Être d'exrême-droite aujourd'hui, ce n'est pas qu'être catho-tradi. Il y a même une extrême-droite furieusement progressiste, représentée par le magazine Rage Culture. Cette extrême-droite-là veut aller sur Mars, veut le transhumanisme, et elle est même anti-cathos/tradis (plutôt représentés par le magazine l'Incorrect). Et puis, il y a eu « la Nouvelle Droite » dans les années 60-70, constellée aujourd'hui autour du philosophe Alan de Benoist et de la Nouvelle Librairie, donnant aussi de la voie dans le journal le Figaro via François Bousquet. Cette droite n'est pas économiste, c'est pour cela qu'elle a des capitalistes contre elle, et qu'elle peut se demander si elle est de gauche, dans la revue Éléments pour la civilisation européenne.
En vérité, toutes ces démarches sont tendanciellement extrême-droitières et sont tout à fait présentables. Rien à voir avec les démences au sujet de l'extrême-droite, c'est votre serviteur qui vous le dit (or il est né dans un giron de centre-gauche et ne votera pas Le Pen en 2022 … )
N'oublions pas en ligne Boulevard Voltaire et le magazine Causeur non plus : Causeur, judéophile, finkielkrautien et proto-zemmourien, d'ailleurs financé par Xavier Niels, le PDG de Free Telecom … C'est vous dire comme l'extrême-droite est présentable, et ne se résume de loin pas aux réacs qu'on veut la faire. Les gauchistes, naturellement, ne peuvent qu'y voir une raison pour la croire « méchamment capitaliste » en amalgamant ses courants, mais c'est aussi que généralement ces gauchistes préfèrent ignorer leurs financeurs propres, et que sans ressources on ne va nulle part … pour eux, il faudrait que tout le monde soit « gentil et sympa ».
En attendant, ils adorent quand les multinaltionales Twitter ou Facebook coupent la chique aux natios : de vrais petits Soviets.
Le corps de l'extrême-droite
Ce qui réunit l'extrême-droite, c'est qu'elle mentalise moins qu'elle ne corporéise. La droite mentalise pas mal, avec sa Realpolitik économiste de démocratie chrétienne, bien plus que l'extrême-droite. Et c'est parce que l'extrême-droite corporéise, d'ailleurs, que la gauche et le centre lui en veulent beaucoup en tant que « populiste » : la gauche et le centre, prétendent fallacieusement que l'extrême-droite donne dans le biologisme, ce qui est encore-toujours une reductio ad hitlerum débile. Mais nous avons une biologie, c'est incontestable, bien qu'elle soit prise dans les rets d'une culture, que la droite cultive en général (la gauche et le centre, n'encensent la culture française, qu'à raison qu'elle aurait une portée universaliste, ou opportuniste dans leurs démarches … ).
Les corps nécessitent des ressources, des espaces vitaux, des territoires. Même l'animalisme, supposé écologiste (donc plutôt de gauche), peut comprendre cela. Ce n'est pas parce que la notion d'espace vital a été diabolisée suite à son emploi hitlérien (Lebensraum), que la question des territoires est abolie. En fait, le territorialisme concerne toutes les idéologies confondues (peut-être surtout zadistes !) de l'extrême-gauche à l'extrême-droite en passant par l'extrême-centre et leurs modérations idoines (les multinationales ne font que se ré-implanter et se dé-localiser à tire-larigot tout autour de la Terre).
Or, c'est bien parce que l'extrême-droite traite de la présence-au-monde, du corps, du territoire, géopolitiquement, au cœur de sa démarche, qu'elle suscite à la fois la démence de ses négateurs, qui l'amalgament au socialisme national allemand ou encore au fascisme italien ainsi qu'aux dictatures catholiques espagnole et française, du courant du XXème siècle.
Au fond, le gauchisme et le centrisme, autant que la droite économiste, préféreraient ne pas avoir à penser que les ressources, l'espace vital, les corps et les territoires, puissent faire problème. Cela, en effet, engageraient chez eux la nécessité d'une décroissance et d'une EBR qu'ils n'ont pas dans leur ADN (en dehors des bureaux d'études logisitiques et extractives). D'ailleurs, l'extrême-droite peut être décroissante, et écologiste dans son genre localiste : les écologistes et décroissants (plutôt de gauche) ne veulent pas l'admettre ; peut eux, cela doit être suspect ! alors pourtant que la défense est la même, que des décroissants savent reconnaître et assumer leur « côté réac », et que les antimodernes furent les premiers « écolos ».
Il y a cette peur irrationnelle-au-nom-du-rationalisme pourtant, de l'identité, qui amène les droitiers tradis à être qualifiés d'extrême-droite (alors qu'ils sont démocrates chrétiens libéraux la plupart du temps, pour ainsi dire centristes !) : le rationalisme dissout tout à force d'analyse mentalisée, au point d'en faire du mentalisme : méthode Coué auto-persuasive au nom de la prétendue raison, selon laquelle, puisque l'identité est positivement introuvable, l'identité n'existe pas … Mais c'est une vraie blague en vérité.
Certes, cela ne signifie pas qu'il faille en faire un objet figé, mais même des ressortissants de l'extrême-droite sont au courant. Même Alain Finkielkraut, est au courant ! … Quand on ne les a pas lus, on ne saurait les conspuer sur la base d'un titre, qui ne fait jamais qu'annoncer une notion à réfléchir. D'aucun(s), par je ne sais quel moralisme, y voient aussitôt une idéologie morbide … vraiment, leur connaissance peut abrutir.
Être d'extrême-droite
En résumé, il n'y a aucun mal automatique à être d'exrême-droite, pas plus qu'il y en a à être d'extrême-centre ou d'extrême-gauche en vérité : toutes sont républicaines. Être d'extrême-droite, c'est être lucide quant à la territorialité, d'autant plus que nul n'échappe à la territorialisation, la spatialisation vitale, la corporéisation, le ressourcement physique. Ou si vous préférez, la spatialisation tout court.
À gauche et au centre, ce refoulé fait régulièrement retour, d'une part dans le contexte du déploiement et de la critique de la mondialisation, d'autre part dans l'écologisme.
Et, quand c'est vraiment refoulé, ça finit par être mentalisé par des théâtreux qui trouvent « extraordinaire » « l'exploration de l'espace scénique » par on-ne-sait-quel obscur « dramaturge, chorégraphe » et « scénographe » du Festival d'Avignon.
Comme quoi, en vérité, tout le monde est positivement d'extrême-droite, dans le fond, et l'extrême-droite comme telle est une posture impossible, non seulement à cause de sa réputation diffamée, mais aussi à cause qu'elle est la démarche initiative de fond, dans sa conscience des territoires géographiques et psychologiques (géopolitique, géostratégie, entrepreneuriaux, marketings, multinationaux, etc.).
Maintenant, entre l'extrême-droite, le nationalisme ne fait que figer l'idée de nation en la confondant avec la citoyenneté administrative (ce qui est certes une erreur confuse), le souverainisme ne fait que défendre la souveraineté administrative (ce qui peut certes être critiqué au nom d'autres souverainetés plus continentales ou … propriétaires multinationales … voire zadistes : souverainisme chaotique … ) ; le protectionnisme ne fait qu'élever des barrières douanières pas toujours migratoires (il n'a pas spécialement à être nationaliste, encore qu'il ait besoin d'avoir la souveraineté pour s'instaurer, dans le cadre d'une politique économique) ; l'identitarisme ne fait que défendre les occupants habituels d'un lieu (au risque du nationalisme, mais « l'habitude c'est l'habitude » et elle a ses droits en éthologie animale, donc humaine).
Les nuances sont de taille en vérité, et même pas spécifiquement d'extrême-droite pour certaines ! … Le patriotisme n'a même pas besoin d'être spécifiquement de droite, bien qu'il le soit en priorité.
Bref, l'extrême-droite apporte une richesse politique indéniable à l'espace public contemporain, en l'occurrence français, et y a pleinement sa place : ne lui refusons pas son terrain au prétexte qu'il empiéterait sur le nôtre ! … c'est de bonne guerre, et on ne ferait que l'entériner dans sa conscience des territorialisations.
En résumé
Cet article visait évidemment une détabouïsation, les gens de cette partition politique étant largement diabolisés, par les préjugés jusqu'à la caricature diffamatoire.
Développons encore un peu la question. D'aucuns penseront que ça favorise l'avènement d'un duel au soleil Macron-Le Pen. Or, si la France en est là, malgré les grands influenceurs masses-médiatiques, c'est aussi à cause du Zeitgeist. Enfin, comme le disait le premier article, l'extrême-droite n'est de loin pas que lepeniste, bien que les Le Pen l'ait représentée par amalgames, préjugés et trolls mitterandiens (lire l'analyse de Gu. Faye) depuis les années 1980.
Même si la partition politique semble moins avoir de sens, chaque partition a différentes tendances, figures et partis.
L'extrême-gauche est "peuplée" par FO, le NPA, le PCF, FI relativement dans son genre socialiste. On en oublie certainement d'obscurs. Mais il y a aussi plein de quidams et de francs-tireurs qui se sentent amis de l'extrême-gauche, ou du moins de ce qu'il est convenu d'appeler extrême-gauche aujourd'hui ... pour ce qui lui reste d'extrême ! Aucun séparatisme révolutionnaire, aucune violence, rien (en dehors des redskins, des antifas et blacks blocs affidés, donc essentiellement des groupuscules de quidams qui se prennent risiblement pour la bande à Baader ou à Bonnot). Actuellement, ils en sont à mendier l'attention des gens, tant la confiance est grande dans nos entreprises et nos institutions, et pas dans nos syndicats et nos partis ... à moins que plus personne ne veuille savoir dans quel monde il vit, et surtout que les masses-médias orientent leurs caméras ailleurs.
La gauche alors, pour ce qu'il en reste après "la chute du PS" qui se survit autant qu'il peut à travers Anne Hidalgo, la censureuse enthousiasite (1, 2) certainement copine avec monsieur le président et affidés d'establish-entrepreneurism. La gauche est "peuplée" du PS, des radicaux, du Parti de Gauche (il fallait l'inventer), d'Europe Ecologie Les Verts, et j'en passe. On voit bien que son social-libéralisme pseudo-démocratique aime la directivité de bonne vieille extrême-gauche (pas celle qui se fait aujourd'hui nommer extrême-gauche). M'enfin, Benoît Hamon, aux dernières présidentielles, n'était pas inintéressant. Dommage pour lui. De même, Manuel Valls aujourd'hui. - On n'a pas évoqué les groupuscules, les quidams et les lambdas du commun des Français, qui n'hésitent pas à véhiculer le néo-moralisme tendance.
Le centre, donc, très bien extrême-centriste (1, 2), résume l'adage "le coeur à gauche, le porte-feuille à droite" en s'en donnant les moyens. Avec lui, le néolibéralisme (qui n'est plus vraiment ni un libéralisme, ni un capitalisme libéral - du coup, - renvoyant le libéralisme à une lubie de même niveau que le communisme au détriment des saines relations contractuelles et des saines hiérarchies fonctionnelles) ... avec notre centre, le néolibéralisme a de beaux jours devant lui. Mais il n'y a pas qu'LREM au centre, on compte depuis longtemps le MoDem et l'UDI. On n'a pas non plus évoqué les groupuscules, les quidams et les lambdas du commun des Français, qui n'hésitent pas à véhiculer le néo-moralisme tendance. Le centre, aujourd'hui, est néoconservateur en fait.
A droite, les partis voulurent se synthétiser sous la bannière "des Républicains", sur un mode américaniste (bipartition démocrates-républicains) mais il y a d'autres partis, évidemment, aussi, noyés en leur sein. Toutefois, comme "les Républicains" ont réalisé une OPA sur le terme républicain, et que ces malheureux n'ont pas su se départir du piège tendu par François Mitterand dans les années 80 - amalgames, préjugés et trolls mitterandiens dans le duel qui opposa Philippe Séguin alors du RPR à feu monsieur ce président, sur l'Etat maastrichien (l'expression est popularisée par Michel Onfray, merci Michel Onfray) - ... eh bien, ils se sont faits basher aux dernières présidentielles en forme de François Fillon. On n'a pas non plus évoqué les groupuscules, les quidams et les lambdas du commun des Français, qui n'hésitent pas à véhiculer le néo-moralisme tendance, notamment à travers des figures telles que Nathalie Kosciusko-Morizet. En attendant, "les Républicains" cherchèrent à se faire au travers de figures telles qu'Eugénie Bastié ou Jean-François Bellamy, des magazines tels que Causeur ou l'Incorrect aussi pour rafler la jeunesse, ce qui est noble de leur part néanmoins dans l'optique identitaire, conservatrice et libérale.
On peut aussi dire que de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, en passant par la gauche, le centre-gauche, l'extrême-centre, le centre-droit et la droite, on a en fait affaire à des sensibilités du travaillisme au conservatisme, en passant par le sociétalisme et l'affairisme - voilà tout ... et tous plus ou moins (néo)libéraux, des moeurs aux finances.
Mais on voit donc très bien jusque là, qu'il est impossible d'amalgamer, préjuger, troller l'une ou l'autre tendance politique, au prétexte qu'elle n'aurait aucune nuance et se ressemblerait uniment. Il en va de même de l'extrême-droite, et nous en faisons état plus haut, à travers différentes mouvances pas forcément de partis. Allons plus loin :
L'extrême-droite n'est pas spécialement ni antisémite ni raciste (mais l'antisémitisme - quoique fondé sur la base de langues - est un racisme, réveillez-vous, arrêtez d'en faire une catégorie à part, les Sémites sont Moyen-Orientaux, Arabiques et Nord-Africains, plus ou moins judéo-musulmans ...
... comme si d'ailleurs, le sémitisme était une mouvance particulière, au même titre que le sionisme et l'islamisme, et comme s'il fallait aussi parler de négrisme, d'indianisme ou d'asiatisme ...
... tout ce qui autorise qu'on parle de blanchisme à égalité, et de droits culturels égaux sans critique spéciale des racisés "Blancs", ceci dit à l'adresse des indigénistes).
C'est l'évidence à travers des personnalités telles qu'Alain Finkielkraut, Eric Zemmour, Elisabeth Lévy et son magazine Causeur idoine. Mais ça l'est encore avec une figure de "Nouvelle Droite" telle que Guillaume Faye (déjà cité sur son analyse du piège mitterandien). De plus, on n'a pas le droit de dire que le parti Debout la France de Nicolas Dupont-Aignon ou les Patriotes de Florian Philippot, seraient racistes - et tant d'autres.
Pour rappel, le seul vrai racisme est un suprémacisme potentiellement exterminationniste, et régulièrement esclavagiste, qui n'a pas attendu d'être théorisé et pratiqué par des scientistes européens, ces malheureux derniers siècles de révolutions coloniales-industrielles, pour être pratiqué par toute l'humanités à travers les âges.
La seule originalité nord-atlantique, réside dans l'industrialisme, industrialisme que les décideurs du monde entier se précipitent de partager avec les sociétés nord-atlantiques, sans sensibilité écologique partagée. Où alors, il faut observer que des personnes classées à l'extrême-droite telles que Friedrich Jünger, ont critiqué cet industrialisme, ainsi que le règne de la finance.
Les "gauchisants" ont du mourron à se faire, car ils véhiculent allègrement des fake news idéologiques anti-estrèmdrwate.
L'extrême-droite n'est pas spécialement ni colonialiste ni fasciste, donc.
Le fait est que c'est le fameux socialiste Léon Blum et affidés, qui prôna la colonisation courant XXème siècle. Il est vrai qu'elle fut menée par les régimes monarchiques et démocratiques coloniaux-industriels précédents, mais c'est là qu'on remarque que les régimes fascistes du XXème siècle sont avant tout nombrilistes et chauvinistes, et d'ailleurs paradoxalement peuplés de socialistes - mais pas colonialistes.
Lénine invente le fascisme, Benito Mussolini venait de la gauche comme François Mitterand vint du fascisme, les vichystes contiennent bien des gens de gauche ... aussi, les régimes à caractère fasciste sont brutaux à l'intérieur, mais s'occupent moins de l'extérieur. C'est leur seul avantage : foutre la paix aux autres ! dans leur genre d'administrateurs identitaires nationalistes dégueulasses (car, dès que les Etats se mêlent de culture, ça devient dégueulasse, comme le ministère de la culture français, et tout le pseudo-travail de mémoire anti-estrèmdrwate contemporain).
D'ailleurs, l'internationalisme "gauchisant" depuis Karl Marx, ne saurait exister sans nation. Il n'existe qu'à raison que l'exploitation économique elle-même (dite capitaliste, aujourd'hui néolibérale) est sans- ou trans-frontiériste, et en fait internationaliste. Mais jamais Karl Marx n'a escompté de multiculturalisme. Il était même antisémite, ce malheureux, fruit de son ambiance d'époque, qui fit le soviétisme antisémite lui-même dans son genre, quoique le commun des judéo-musulmans du XXème siècle - paradoxalement - fut allègrement marixsant avant que leurs nations d'identités originaires ne tournent au néo-sionisme et à l'islamisme à cause du mythe bibliste (1 - sur les Khazars, 2) ...
A ce point, les "gauchisants" peuvent bien trouver que les ploutocrates ("élitistes, upper class transnationale) jouent les nations ochlocrates ("populistes") entre et contre elles (secondés par les classes aspirationnelles) afin de chaos management contemporain citadellisé ... ce n'est pas faux, mais il n'empêche que les nations ont de l'intérêt, et que ces "gauchisants" défendent le décolonialisme au nom-même des nationalismes-identitarismes, voire racismes planétaires, anti-européens - absolument pas au nom du multiculturalisme communitarisant nord-atlantique. Et puis, ils adorent manger italien, vietnamien, chinois, américain, etc. : c'est donc qu'il faut, de base, des nations/identités/origines territorialisées. Le contraire dérape illogiquement en forme de fake news, et contredit la vérité.
Sans compter qu'il existe des capitalismes et des libéralismes protectionnistes et souverainistes. Au fond, d'ailleurs, quand on parle de souverainisme, on parle de souveraineté nationale, mais si ce ne sont pas les nations (du moins, les territoires locaux, régionaux, de par le monde) qui ont la souveraineté, alors ce sont les multinationales que nous connaissons sous la forme d'un acronyme sur-répété, ayant même droit à un article internationaliste et sans/trans-frontiériste sous un W qu'on pourrait lui accoler.
Big brother is watching you, etc. la rengaine habituelle dans la bouche de post-hippies équipés d'un smartphone 5G, mal habillés pour faire genre écolo. Mais les "gauchisants" donc de même, sont parfaitement capables d'être (ost)racistes, sur un mode fascisant, qu'ils le veuillent ou non (1, 2).
Seule la question des territoires compte. En fait, nous n'avons jusqu'ici fait que parler de soucis territoriaux, de la part de tou(te)s et tout, géographiques et idéologiques, dans ces contre-feux argumentaires.
Evidemment, on peut vouloir que les territoires deviennent des souks multiculturels - c'est-à-dire communautarisés, tendanciellement standardisés à la longue, déculturés donc, et avant tout néo-tribalisés en bandes ...
... la néo-tribalisation sert avant tout un rhizome deleuzien, dominé par des points de capiton corporatistes de multinationales establish-entrepreneurists néolibérales, comme les agences et mégacorporations des films de science-fiction, à la fin du XXème siècle ...
... science-fiction ayant anticipé ces devenirs contemporains et leurs dangers (serait-ce dans un dessin animé aussi méconnu que Phantom 2040, passant le matin sur France 3 dans les années 1990).
La vérité, c'est qu'il ne faut pas se laisser insinuer par tous les serpents sur son territoire : les femmes, les prisonniers et les gays le savent bien, qui défendent leur territoire corporel contre le viol brutal, en faveur d'une maîtrise individualisée du corps et de l'enfantement.
Néanmoins, tous les venins ne tuent pas : ils sont parfois, selon dosage, des remèdes.
Moindre dosage plutôt que dosage abusif.
En somme, actuellement, d'aucuns déploient une vaste propagande fake news idéologique envers l'extrême-droite. Comme ils disent justement : ils diabolisent, en crypto-monothéistes croyant toujours au diable, même quand ils sont scientistes. Mais la connaissance n'est pas une morale.
La connaissance peut abrutir quand on en fait un usage moralisateur, et ce n'est pas son paradoxe le moins croustillant. Comment la connaissance peut-elle abrutir ? … Il y a des situations plus évidentes que d'autres. Puisque nous sommes sur un site journalistique, disons qu'à force de s'informer (ici comme ailleurs) il arrive que nous nous en soûlions : on se soûle d'informations. Et comme tout soûlard, on en sort juste groggy ; il n'en sort rien d'autre d'utile. Certains s'en font des visions apocalyptiques « tous seuls chez eux comme des grands », de l'extrême-gauche à l'extrême-droite en passant par l'extrême-centre, ce que j'ai un jour nommé une guerre chaude avec éléments idoines. Passons, et voyons pire.
Des connaisseurs-moralisateurs
Les connaissances servent toutes les moralisations. Quand quelqu'un « sait » quelque chose ou « croit savoir », il lui arrive de ne plus se sentir (pisser). Comme il ne se sent plus pisser, évidemment, il moralise. Il a des airs, comme on dit « il pète plus haut que son cul ».
Les plus gentils de ces vaniteux arrogants, vous charrient une seconde avec ça. Les pires, ne vous en disent jamais rien, et vous laissent mariner dans l'ignorance, à se sentir plus importants que vous alors qu'il suffirait de vous transmettre la connaissance pour vous remettre à niveau. Dans le jargon, cela s'appelle « faire de la rétention », et cela procure de plus ou moins grands avantages tactiques voire stratégiques. Jusqu'au complot …
Ceux qui ne disposent pas du renseignement, sont alors les dindons de la farce, ou les « mauvais », à te les faire passer pour des « êtres inférieurs ». Et pourtant ! Le plus souvent, le but des moralisateurs épistémiques – du moins affiché – est de vous élever à « la dignité de leur connaissance » : ils vont vous la transmettre, ils vous l'assurent.
Ils sont d'ailleurs foncièrement « antinazis » (comme si Hitler était toujours en vie et son pays toujours antisémite … ), « antifascistes » (comme si nous subissions un militarisme étatique nationaliste … ), « antipopulistes » (comme si les mouvances du peuple n'étaient pas libres de prendre part au débat « populo-potentiaire » – ce qui est la forme latine de « démo-cratique » … ), et « anti-estrèmdrwate » (comme si l'extrême-droite n'était pas républicaine … ).
Ainsi, cela ne les empêche pas de vous déjuger comme des Waffen-SS face à un porteur d'étoile jaune ; cela ne les empêche pas de vous ostraciser en milices face à un ennemi de leur nation ; cela ne les empêche pas de pratiquer de l'électoralisme et démagogie, ce qui sont les jolis termes admis pour « populisme » ; et cela ne les empêche pas de vous refuser tout droit de cité, du moins putatif, et certainement public.
L'argument sanitariste de « la science préconise d'agir ainsi pour la santé »
Même en sciences voire surtout en sciences, la question des critères de pertinence retenus pour obtenir tel résultat, se pose. Ainsi, quand il s'agit de prévenir le développement infectieux d'la covid, la chloroquine utilisée depuis des décennies, et à foison dans plein de pays du monde, devient logiquement utilisable si l'on veut sauver des vies. Par contre, si l'on n'y tient pas spécialement, ou que l'on tient à faire preuve d'une prudence obséquieuse, ou encore que l'on privilégie le développement de nouveaux médicaments pour la finance, etc. alors on peut l'interdire. Seule le moralisme s'offusque dans le pour et dans le contre, et engage des prises de position voire des engagements politiques (un médecin prescrivant de la chloroquine fait un choix politique de désobéissance civile à son goût, de rébellion au goût du pouvoir). C'est la cacophonie libertaire expressive.
Par ailleurs, « la science préconise de ne pas fumer de cigarettes, ni de manger trop gras-salé-sucré, ainsi que manger cinq fruits et légumes par jour, et encore de ne pas boire pendant la grossesse ». D'une part, des générations de personnes ont vécu sans ces préconisations et nous sommes là : c'est donc que ces préconisations n'étaient pas utiles à la perpétuation de l'espèce en général. Les visées sont ailleurs, dans une sorte d'hygiénisme bourgeois encore, ainsi que bourgeois-bohème quand il tire vers des « méthodes alternatives » en plus.
Il est loin, l'épique dilemme d'Achille devant Troie : l'oracle lui a permis de choisir entre une vie longue sans gloire, ou une vie brève mémorable (la preuve, on s'en souvient encore). De toute évidence, nombreuses sont les gens à préférer la longévité, oubliées par les générations futures, de telle sorte qu'il soit permis de se demander si dans cinq siècles notre époque présentera vraiment de l'intérêt historique. On se contentera de dire que « à l'époque, les gens privilégiaient leurs petits culs par-dessus tout ».
C'est bête mais sous l'angle immoraliste qui est le mien, tout ceci ne fait aucune différence, bien que je ne sois pas cynique et que j'aie des valeurs privilégiées en dehors de cette analyse givrée. Mais qui peut bien « penser à froid » et encore en général « garder la tête froide » ? … Clairement, on passe pour « un givré » de s'exprimer ainsi – un peu comme Raoult a confiance en ses diplômes et son expérience, à bon droit pourtant. C'est bizarre, pourtant les constats ne font pas encore une direction éthique ou politique : à vous de vous décider.
Mais ne comptez pas trop sur les études scientifiques non plus …
L'argument sans-frontiériste de « il y a toujours eu des migrations dans l'Histoire »
L'argument de « il y a toujours eu des migrations dans l'Histoire » ne tient pas car, de même, « il y a toujours eu des implantations, des invasions et des exterminations ». Si l'Histoire, comme science, pouvait justifier quelque chose, cela se saurait de source sûre. Hélas, si l'Histoire est un argument pour favoriser les migrations, alors elle l'est autant pour favoriser les protections, les spoliations et autres destructions.
Dire que « il y a toujours eu des migrations dans l'Histoire » pour justifier l'idéologie migrationniste actuelle, n'est pas de l'Histoire, mais de la morale. Comme elle s'ignore comme telle, c'est du moralisme, et l'on a raison de dire que c'est de la bien-pensance (voire de la rien-pensance, puisque ça raisonne à faux) parce que ça se veut « de bonnes mœurs ». Exactement comme la charité bourgeoise, serait-ce de la charité bourgeoise-bohème.
La vérité, c'est que l'Histoire est une discipline désormais scientifique depuis deux siècles, en sciences humaines, cherchant à établir autant de viabilités narratives que possibles, quant au passé, par rapport aux preuves dont on dispose. Qu'il y ait eu des colonisations ne justifie le déboulonnement de statues (parfois de figures même pas colonisatrices, cette rien-pensance … !) qu'au titre d'un moralisme revanchard moutonnier.
Et, pour inquiétant que cela soit, dans l'absolu, toutes les guerres sont objectivement toujours possibles au titre de « l'Histoire », car elle ne s'intéressera à ce Devenir qu'une fois passé, pour enquêter et établir une narration aussi viable que possible de ces nouvelles guerres. Ce qui, en fait, est déjà le cas avec les guerres de ces deux derniers siècles, siècles de la science historique. Y compris les guéguerres de déboulonnements de statues ! …
Mais là où l'argument de « il y a toujours eu des migrations dans l'Histoire » est débile profond, c'est que ces migrations historiques (constatables autant à travers la génétique des populations qu'à travers la chronique d'invasions … ) eh bien, ces migrations historiques n'ont jamais eu lieu de façon massive.
Par exemple, quand les Romains font entrer les Gaules dans le giron italique, ils ne remplacent pas la population locale, comme par magie passant de gauloise à romaine. D'ailleurs, même les Gaulois auparavant, Celtes, se sont diffusés dans la population néolithique européenne, et ainsi de suite ! … Cela signifie donc qu'il y a des évolutions traditionnelles qui ne déracinent rien. La modernité est prétentieuse pour cela : elle se justifie de ces mouvements historiques séculaires voire millénaires, pour l'infliger aux gens sur quelques décennies à peine.
Ce n'est pas comme cela que les choses se passent bien, même si moralement on peut croire que c'est toujours mieux qu'une guerre ; mais on est historiquement autorisé à penser que c'est une invasion ou contre-colonisation pourtant, jusqu'à théoriser un Grand Remplacement. C'est comme ça, ce sont des vues politiques, et seuls des moralismes eux-mêmes politisés s'y opposent – ce qui est aussi bien leur liberté, par le Devenir. Mais enfin, décidément, l'Histoire est un argument impossible autorisant tous les camps, car tout est historiquement possible dans le Devenir futur.
L'argument mondialiste transidentitaire de « Mama Africa » doublé de « nous sommes tous un brassage génétique »
Ce combo argumentaire est particulièrement tordu. D'une part, une revendication identitaire de terre natale, berceau de l'humanité, à savoir « Mama Africa ». Cette revendication identitaire est adressée généralement à des non-Africains, surtout s'ils sont ressortissants Européens (en clairs : s'ils ne sont pas Noirs, et s'ils sont Blancs). C'est un vieil argument local entre Européens, pour « faire barrage aux pentes glissantes nauséabondes aux heures les plus sombres de notre Histoire » : comme quoi, ici, « l'Histoire » peut être mauvaise, même si elle est invoquée comme « bon gentil argument migratoire » par ailleurs : la débilité ne se soucie guère de ses contradictions.
L'argument de « Mama Africa », donc, n'est pas censé justifier de panafricanisme ni faire de nous tous des rastafaris, et pourtant il y a nécessairement une fierté identitaire là-dedans, pour les charitaristes bourgeois éventuellement bohèmes : ce « décentrement » d'Europe est néanmoins un « recentrement » new age sur l'origine putative de l'humanité (car elle pourrait aussi bien être née entre les actuelles Grèce et Bulgarie … !). Pire : les Européens rien-pensants, ne voient aucun problème au nationalisme panafricain alors qu'ils en voient au paneuropéisme, et ils inventent ensuite une « citoyenneté du monde » fatalement motivée par une identité terrienne : le jour où ils rencontreraient des extraterrestres, ils s'empresseraient d'inventer une identité universalienne, ce qui arrangera la firme idoine … qui fait déjà des profits sur l'identité rastafarie, qui elle non plus ne dérange absolument pas lesdits Européens. Ces crétins n'y voient qu'un « style », qu'un « lifestyle », et d'ailleurs ils y résument pour ainsi tout : à des affaires esthétiques d'esthétisme capitaliste au fond, même quand ils sont gauchistes. Bourgeoisie bohème ou pas, quand tu nous tiens !
Mais là où le bât blesse, c'est quand toutes ces « bonnes gens » deviennent les nazies qu'elles déniaient être en accusant tout le monde à part elles, les panafricanistes, les Mama Africanistes et les rastafaris, et tout autre exotisme bourgeois adoré, d'être nazi. Parce que, d'une part, par exemple, ces personnes dénient l'identité rastafarie pour ce qu'elle est : des guerriers jamaïcains fort machistes dans la démarche, encore qu'ils adorent leurs chéries en forme matrilocale (au plan anthropologique). Et parce que, d'autre part, ces personnes s'adonnent à un biologisme, en inversant le rapport du purisme racial au bâtardisme inter-racial. Mais, dans les deux cas, on a affaire à du raci(ali)sme.
On peut aisément leur rétorquer que « si Dame Nature a permis que l'on s'accouple entre homo sapiens de tout phénotype, cette même Grande Dame nous a doté d'instincts territoriaux mortels et nous a amenés à nous différencier phénotypiquement de significative façon » – serait-ce comme convenu depuis le continent africain. Alors c'est idéologiquement indécidable, entre le purisme raci(ali)ste ou le bâtardisme raci(ali)ste : les chiens constituent une même espèce, avec plusieurs races qui peuvent s'accoupler. Mais ce pouvoir sexuel n'est pas plus une nécessité qu'une vocation : c'est une possibilité, et d'autant plus heureuse lorsqu'on s'aime (avis aux romantiques).
Bref, à ce point, le gauchisme s'avère crypto-extrême-droitier, tandis que l'extrême-droite était toujours-déjà gauchiste. Et, pour plagier Constantin Tsiolkovski au sujet de la Terre et d'envies de conquête spatiale : « L'Afrique est peut-être le berceau de l'humanité, mais on ne passe pas sa vie dans un berceau ». Des bisous.
L'argument pacifiste de « c'est juste culturel et pas scientifique »
C'est évidemment l'argument le plus affreux, car il suppose que les sciences devraient remplacer les cultures ! Fichtre ! … Je songe là, à une vidéo qui circule, où l'on voit des personnes fières de leurs origines, confrontées à un test ADN qui bouleverse leurs certitudes. Comme je le disais à l'instant, c'est de croire que l'on se résume à notre ADN et que notre ADN contient notre identité (comme on le fait croire pseudo-scientifiquement là) qui est une forme de nazisme. On a simplement remplacé le national-socialisme par de l'international-socialisme, le délire est le même.
Mais le problème de cette vidéo, c'est que – en plus de ne représenter « la science » que par des Blancs, ce qui est une énième fois racialo-centrique … si l'on va par là … – eh bien, le problème de cette vidéo, c'est qu'elle laisse croire que les cultures ne sont rien, que les différences culturelles ne sont pas une richesse à préserver, et qu'au contraire tout cela peut être remplacé par des méthodes scientifiques. Or, on parle parfois, c'est vrai, de « culture scientifique », mais il faut se comprendre.
En vérité, la notion de « culture scientifique » ne vole culturellement pas plus haut que celle de « culture d'entreprise », et l'on peut bien considérer que la culture scientifique est effectivement la culture de l'entreprise scientifique, c'est-à-dire de la démarche qui se décide à appliquer des méthodes mesurables dans le domaine de la connaissance.
Mais la connaissance de mes parents est-elle mesurable ? Ou celle de ma langue française ? … On peut certes mesurer le nombre d'embrassades annuelles entre nous ou d'appels téléphoniques, et l'on peut certes mesurer le champ d'extension de mon vocabulaire ou mes origines géographiques en fonction de mon accent … Le fait est qu'on n'aura rien saisi de mon expérience biographique. Si je dis que « je connais Pierre, je connais Paris, je connais Victor Hugo, je connais Bizet, je connais Renoir, etc. », il se trouve que cette connaissance n'est pas scientifique (quoiqu'elle puisse contenir des mesures scientifiques) et d'ailleurs je n'ai même pas besoin d'être français pour les connaître, que cela ne fait pourtant pas de moi « un Français », OK.
Mais même si c'est indémontrable de façon positiviste (en termes de preuves juridiques et techniques manifestes), il se trouve que mon expérience ce qui s'appelle nationale ou native (c'est la même racine) est caractérisée. Elle est particulière à ma situation et à mon vécu, qu'elle n'en est pas moins singulièrement « française », je n'y peux rien : ici, au contraire du positivisme, il y a un « négativisme », qui brille comme une nuit étoilée, cette nuit serait-elle sentie comme nuageuse voire pluvieuse, mais aussi de ciel net et de pleine lune. Et cela vaut pour n'importe quelle origine. Ce sont nos mœurs plus ou moins partagées, qui trament une identité régionale dans le monde.
« Mais alors – dirons les petits malins – on peut bien brasser tout le monde tout autour de la Terre ! » Diantre ! Encore faudrait-il que les concitoyens ne soient pas des citoyens cons, et qu'ils veuillent partager des mœurs communes. Sinon …
De manière générale, il ne faut pas confondre la citoyenneté avec la nationalité : la citoyenneté est administrative, elle peut embrasser plusieurs nationalités ; les nationalités sont culturelles et traditionnelles, tout simplement.
C'est ainsi que la connaissance peut abrutir, c'est-à-dire qu'elle abrutit surtout ceux qui s'imaginent pouvoir se servir de son objectivité pour justifier des idéologies et autres démarches anticulturelles. La science ne fait qu'observer des possibilités et des difficultés.
Au reste, nous sommes chacun(e) des personnes qui ne saurions vivre qu'une seule expérience biographique. Personne n'est « l'humanité », bien qu'on puisse tous se sentir de la même … espèce, biologiquement.
Culturellement, c'est autre chose, et qu'on le veuille ou non le mot de Joseph de Maistre a sa place : « Il n'y a point d'homme dans le monde. J'ai vu dans ma vie des Français, des Italiens, des Russes ; je sais même, grâce à Montesquieu, qu'on peut être Persan ; mais quant à l'homme, je déclare ne l'avoir rencontré de ma vie ; s'il existe c'est bien à mon insu. »
Même les animaux ont des cultures et se font la guerre ! C'est vous dire, ô ma bonne dame/mon bon monsieur !
Nos diversités d'héritage européen, aussi.
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3Il faut lire les psychanalystes sur ce sujet. Voir sour AgoraVox mes articles sur la question déjà : Viabilités en perspective, Intelligences, Feu Frère Freud, Jacques Lacan Verge Mariole, Otto Gross Rebelle Affolé.
4Il l'écrivait « conscience (de) soi » mais au final c'est pareil.
5Même si la France rend irréligieux.
6Pourvu que ça ne tourne pas à l'eau de boudin animicentrique.
7Guillaume Faye l'a bien analysé, analyse à lire dans cet article.
8Elle fut trop confiante en 2017, pour diverses raisons, entre autres les interfaces internautiques. Et simultanément, on raconte qu'elle n'y aurait pas cru, à son deuxième tour. Disons qu'elle fut inquiète, et paradoxalement trop confiante alors, ce qui n'est pas contradictoire en décompensation, quand on ne sait pas quoi faire autrement à manquer d'entraînement.
9Jusqu'au pragmatisme, et même l'opportunisme machiavélien, dit couramment « complotisme » – en dehors des Reptiliens et des Anunnakis bien sûr …