En 2017, Alain Clinton et Hillary Juppé, les ondes politiques interfèrent

par Bernard Dugué
lundi 9 mai 2016

Comment ne pas faire le rapprochement entre les tendances politiques affirmées aux Etats-Unis et leur miroir en France. En Amérique, les primaires ont eu pour effet de dévoiler les tendances fortes présentes dans la démocratie en 2016. Dans le camp démocrate se détache Hillary Clinton, celle qui apparaît comme une candidate consensuelle improprement désignée comme candidate de l’establishment car en démocratie, le peuple a son mot à dire et le peuple fait partie du système. Madame Clinton est la candidate du système, elle convient à une majorité de citoyens même si c’est par défaut. Face à elle, Bernie Sanders fait office de Mélenchon démocrate ou même de Montebourg revigoré et façonné à la sauce States. En face, la bête de scène jouée par Donald Trump a su séduire l’électorat républicain. Il ne faut pas prendre à la légère son message qui imprime puissamment et se définit comme porteur d’une idéologie de droite populiste. Il existe deux populismes dont le ressort est le même, celui d’une partie de la population frustrée et qui se sent désorientée et déclassée dans un monde global. Mais les solutions sont différentes et les explications aussi. Pour le populisme de gauche, l’ennemi c’est la finance, le grand capital, pour le populisme de droite, l’ennemi c’est d’abord l’étranger puis l’arrogance de la bourgeoisie de gauche qui se veut internationaliste. Voilà la situation exposée de manière simple.

En France, Alain Juppé fait office de candidat du système, d’homme qui s’il n’est pas providentiel offre néanmoins une garantie de sérieux pour conduire le pays pendant cinq ans en essayant de garder le cap du modèle français tout en effectuant quelques réformes. Alain Juppé, c’est François Hollande en plus fiable et Nicolas Sarkozy en plus modéré, y compris dans l’approche géopolitique. Bref, un candidat consensuel. En face duquel on trouvera le populisme de gauche et surtout le populisme de droite incarné par Marine le Pen. Une majorité de Français se laissera tenter par Juppé au second tour de la présidentielle, les uns par conviction et beaucoup par dépit, préférant choisir un candidat par défaut à un candidat plein de défauts, comme peuvent l’être Hollande et surtout Madame le Pen qui serait une bonne colistière de Monsieur Trump.

Que penser de la situation ? Eh bien qu’elle est claire. Des candidats consensuels se dessinent avec des oppositions qui se présentent comme anti-système mais qui ne sont que les faces sombres du même système. Pour s’en convaincre il suffit d’écouter ce qui se dit dans les cercles sympathisant du FN ou dans les nuits debout ou même les organisations écologistes. Rien de bien constructif. Juste une démence politique accentuée par rapport à la démence technocratique du système en place. Etant raisonnable, je préfère le système à la démence anti-système. C’est un choix non pas d’espérance mais par défaut. Je n’ai pas la volonté d’aller voter en 2017. Je m’abstiendrai, sauf en cas de danger avéré pour mon pays. Et je laisse les mouvances anti-système aux esprits fanatisés ayant perdu la raison. Seule une révolution peut amener un monde nouveau mais la révolution est impossible en l’état actuel des consciences.


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