Et la fin, c’est la zone euro qui gagne !

par Laurent Simon
samedi 14 juillet 2018

 La Croatie l'emporte donc 2 1 devant l'Angleterre, au cours de prolongations, mais pas aux tirs au but !

Certes cette équipe anglais est encore en construction, mais n'y a-t-il pas dans cette défaite un signe du trouble profond qui traverse le Royaume Uni avec son Brexit (essentiellement d'ailleurs l'Angleterre puisque l'Ecosse et l'Irlande du Nord veulent rester dans l'UE) ?  

Et les matchs à élimination directe ont tous montré que ce sont les pays de la zone euro qui s'en sortent le mieux [1].

Mais l'Espagne, battue aux tirs au but par la Russie ? Et l'Allemagne, cette fois-ci éliminée avant, alors que la phrase originale était "Et à la fin, c'est toujours l'Allemagne qui gagne !", causant beaucoup de frustration chez les autres nations du football ? Et le Portugal, battu 1 2 par l'Uruguay ? 

Eh bien, ces 3 pays vainqueurs respectivement du Mondial en 2014 et 2010, et de l'Euro en 2016, se sont effondrés, comme 80% des 5 derniers vainqueurs de la Coupe du Monde depuis 1998, lors de la compétition suivante. C'est pourquoi leur défaite cette année doit pouvoir s'expliquer autrement. 

En même temps, avec l'Italie vainqueur du Mondial en 2006, et qui n'a même pas réussi à se qualifier cette année, et avec la France qui n'avait pu atteindre le 8e de finale en 2002, ces 5 pays européens sont tous de la zone euro, et ils avaient remporté la compétition quelques années auparavant ! 
Et depuis le traité de Maastricht de 1992, tous les vainqueurs de la Coupe de l'Euro sont des pays de la zone euro (Allemagne, France, Grèce, Espagne, Espagne, Portugal)... c'est impressionnant, non ?

Vous me direz, la Croatie n'est pas dans la zone euro ? Oui c'est vrai, pas encore, mais ce n'est pas faute de le vouloir, mais du fait de leur dette excessive (80%, pourcentage qu'aimerait bien avoir la France, à quasi 100% !), dépassant 60%. Alors que l'Angleterre n'a jamais voulu de l'euro, et essaie bien, tant bien que mal, se retirer de l'UE... tâche bien inextricable apparemment, bien plus difficile et complexe que ne le prétendaient les Brexiters !    

Et comment interpréter ces constats ? Pour nous, c'est le signe que le projet européen, malgré toutes ses limites actuelles, est bien plus fort que tous les nationalismes, que tous les populismes, que tous les extrémismes ! Car ces tendances pétries d'idéologie 'simplistes' ne tendent elles pas à diviser chaque pays où elles se développent, sans pouvoir traiter la complexité croissante du monde moderne ? Et donc à se révéler bien impuissantes à relever les nombreux défis actuels !

Regardez l'Espagne où le nationalisme catalan a profondément divisé le pays.

Et l'Italie, que les égoïsmes des pays européens n'ont pas aidé à gérer correctement la crise migratoire, a vu l'extrême droite se développer, ainsi que le populisme du Mouvement 5 étoiles, "antisystèmes", qui n'ont fait que diviser le pays. Quant à l'Allemagne, n'est-il pas clair que le pays traverse une crise significative, avec montée de l'extrême droite qui ne fait que cliver le pays ? Et que dire du Royaume Uni et de son Brexit ? Qui divise le pays à la fois sociologiquement et régionalement ?

Réciproquement, en Belgique  [2], l'épopée de l'équipe de football a permis de rassembler les énergies, alors que les tendances séparatistes sont encore puissantes.

 


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