Grosse Bertha

par Luc BOUTET
samedi 30 juin 2012

François fera-t-il plier Angela ?

Dans une interview, donnée au FIGARO, Charles WYPLOSZ, Professeur d'économie à l'Institut des hautes études internationales à Genève, spécialiste des questions européenne et monétaires, s’interroge sur l’issu du Conseil Européen, qui commence aujourd’hui.

Il glose un peu sur la position de MERKEL de refuser toute forme d'euro-obligation « de son vivant ».

Il juge cette position un peu outrancière, et ajoute :
« - MERKEL n'est pas une tendre jeune fille, c'est une bête politique ! Elle affiche une position de négociation très dure avant ce sommet. »

Cependant il pense que l’expérience de la crise montre qu’elle peut changer d'avis. Le problème, c'est que la Chancelière Allemande tarde souvent à prendre position. Cela lui permet de dire à son opinion qu'elle n'avait pas le choix. Mais ce sommet, ce n'est pas celui de la dernière chance ! C'est le vingtième d'une longue séquence, qui est loin d'être terminée…

L’entente MERKEL-HOLLANDE ce n’est pas la « MERKOZY », et les deux chefs d’Etat doivent trouver un compromis, un nouvel équilibre. Ils n'ont pas d'autre choix que de s'entendre. Mais cela ne se fera pas en un dîner, ni en un sommet. Cela prendra plusieurs semaines…

La relance de 130 milliards d’€, prévue par le pacte sur la croissance est une goutte d’eau qui va tenir les marchés une heure ou deux après le communiqué final. Ensuite ils vont dire que c'est trop peu et se fâcher.



L’incidence macroéconomique de ce plan de relance sera négligeable. Il s’agit de considérer que ce plan ne concerne pas que la zone euro, mais les Vingt-Sept membres de la Communauté Européenne, ce qui en diminue sa portée.

Mais les Allemands ont compris qu'il fallait lâcher quelque chose à François HOLLANDE, pour qu'il puisse dire « victoire ! J'ai mis un terme à l'austérité ! ». La vérité, c'est que ce sont les Allemands qui sont à la base de ce projet.
Et François HOLLANDE est tombé dans le panneau.

Le Président Français peut-il attendre un infléchissement de sa terrible partenaire sur la question des euros-obligation ?

François HOLLANDE est tombé dans le panneau des Allemands. Les eurobonds, c'est un mauvais sujet, qui traduit la volonté des pays du Sud pour voir l'Allemagne payer pour eux.

Pour satisfaire la France il faudrait remanier les traités européens. En réalité l'union politique, c'est l'antidote aux eurobonds !

François HOLLANDE s'est lancé dans ce combat pour mutualiser la dette, alors que c'était perdu d'avance…

La France va être contrainte d’accorder davantage de contrôle budgétaire à Bruxelles ?

Mais l’idée d’union budgétaire n’est pas au goût des Parlements nationaux qui ont été créés pour contrôler le budget de leurs États. Ils ne vont pas se faire hara-kiri comme ça !

La seule solution à la crise c’est l’Union Bancaire.
C’est une excellente idée susurrée Mario Draghi.

Mais ce n’est pas une solution à court terme, car transférer les pouvoirs de supervision bancaire à la BCE, soluttion qui est pourtant fortement recommandée par « les marchés », prendra du temps.

Si la Banque Centrale Européenne détient les pleins pouvoirs, elle aura l’autorité pour restructurer les établissements bancaires en quasi-faillite, elle pourra se séparer de leurs dirigeants ayant fait preuve d’incompétence ou de laxisme. Elle tiendra ainsi son rôle de prêteur en dernier ressort.

 

 

C’est ce dont nous avons le plus besoin pour sauver la zone euro !


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