Honte aux municipalitÚs qui laissent les SDF Ó la rue !

par CHALOT
samedi 4 mars 2023

Pour l'Ukraine, le gouvernement et les municipalités ont apporté toute leur solidarité en accueillant les réfugiés le mieux possible.

Le tapis rouge a été déroulé.

Beaucoup d'associations qui se sont, elles aussi, mobilisées ont été choquées non par l'accueil mais par la différence de traitement.

Pour les Ukrainiens, l'hébergement a été immédiat alors que des réfugiés venant d'autres pays sont restés dehors.

Les rations distribuées en nourriture étaient nettement plus riches que celles données pour les personnes en difficulté.

Les Ukrainiens ont eu même droit à des forfaits téléphoniques alors que les SDF sans argent sont restés complètement démunis.

Des militants de la solidarité, universalistes n'ont pas apprécié du tout le traitement différencié.

Tout réfugié a droit aux mêmes droits.

Les SDF sont à chaque fois les laissés pour compte.

Cet après midi, nous en avons rencontré un à Fontainebleau.

Il a construit une petite maison en carton, avec des fenêtres et il portait à l'intérieur des chaussons et avait installé un vrai lit. C'était touchant, il se prenait en main avec rien.

Il n'a plus de carte d'identité, donc ne peut absolument pas avoir le RSA, il est sans ressource.

Nous lui avons proposé d'aller au CCAS pour obtenir une aide.

La démarche auprès de sa commune de naissance permettrait d'obtenir un extrait de naissance indispensable pour qu'il puisse se faire faire une carte d'identité.

Il n'a pas d'argent donc ne peut pas avoir un forfait téléphonique.

Nous allons alerter le CCAS et proposer à la Municipalité de faire le nécessaire pour que cet homme soit renseigné de ses droits, accompagné et aidé.

Le social ne consiste pas à attendre que les personnes en difficulté regardent s'il y a de la lumière pour entrer.

Je reviens sur la question du portable, sans forfait un SDF est à la merci d'un accident, d'une agression sans pouvoir alerter les secours.

Sans portable, il lui est impossible de demander un hébergement au 115.

Beaucoup de sans abri souffrent dehors, leur espérance de vie ne dépasse pas les 50 ans en moyenne, ils ne disposent pas de lieu où prendre une douche et s'ils ne tombent pas sur un cafetier sympa, ils ne peuvent pas faire leurs besoins dans des toilettes.

Aucun être humain ne devrait être contraint de dormir dehors !

C'est aux collectivités territoriales en relation avec le 115 d'assurer la mise à l'abri des personnes, en réquisitionnant des logements libres, en ouvrant des locaux disponibles.

La Croix Rouge assure des maraudes.

Elle apporte de la boisson, parfois à manger et des couvertures mais comme nous l'ont expliqué des bénévoles un soir à la gare de Melun alors que les colibris solidaires et SOS Hébergement cherchaient un lieu d'accueil pour un couple et quatre enfants dont un bébé : « nous n'avons aucun lieu à leur proposer, nous sommes navrés ».

Pauvre France !

C'est insupportable !

Les associations de solidarité, avec peu de moyens font le maximum mais ils sont souvent démunis.

Aujourd'hui c'est la misère que la République « offre » aux sans rien qui pour la plupart n'ont pas demandé de se retrouver à la rue.

Faudra-t-il qu'eux aussi descendent dans la rue.

Poser la question, c'est y répondre : OUI !

 

Jean-François Chalot

 


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