L’impôt invisible des fonctionnaires : le gel relatif du point d’indice

par redrock
samedi 17 mai 2014

C’est avec le tournant de la rigueur impulsé par J.Delors en 1983 que cesse l’indexation des salaires sur les prix (échelle mobile des salaires).

http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/03/25/1983-la-gauche-prend-le-tournant-de-la-rigueur_1853681_3234.html

C’est à partir de cette date que le gouvernement introduit la désindexation du point d’indice et prend en compte le glissement vieillesse technicité (GVT : augmentations liées à l’ancienneté, aux promotions et aux nouveaux recrutements) pour limiter la croissance de la masse salariale des fonctions publiques.

 www.ofce.sciences-po.fr/pdf/revue/2-042.pdf

Or le salaire de tout fonctionnaire à un instant donné est directement proportionnel au point d’indice. On a depuis lors (Delors) un déphasage systématique entre les salaires nominaux de la fonction publique et l'évolution des prix.

La priorité libérale de la politique monétaire de l'UE accordée au contrôle d'une inflation modérée (et minimisée par les indicateurs) permet de rendre ce décalage salaire-inflation moins sensible et le transforme de fait en un redoutable impôt invisible au service des rentiers de tout poil !

On peut trouver sur le site :

http://55.snuipp.fr/spip.php?article176

les tableaux suivants d'évolution comparée du point d'indice de la Fonction publique et de l'inflation des prix depuis 1995.

Il est alors facile de faire le constat suivant :

on constate que depuis 1995, les prix ont augmenté de 33,31% et le point d’indice de 14,42%.

Les fonctionnaires ont donc accumulé un retard de 18,89% par rapport à 1995 (base 100).

Par rapport à 2014, il faut donc ajouter 18,89 à la base de 114,42 pour compenser le différentiel d’inflation,

Soit une hausse de (18,89/114,42)*100 = 16,5%

Il faudrait donc augmenter l’ensemble des trois fonctions publiques de 16,5% pour compenser l’inflation depuis 1995.

 

Or d’après les comptes publics une hausse de 1% représente un coût de 1,8 Milliards,

Le coût total de la mise à niveau serait donc de 16,5*1,8 = 29,7 Mds soit près de la moitié de l’impôt sur le revenu.

Le manque à gagner pour les fonctionnaires est donc cette année de 29,7 Mds

C’est donc un impôt invisible qu’ils payeront chaque année, un peu plus cher, au prix d’un déclassement progressif de leurs professions respectives.

 

C’est particulièrement vrai pour les cadres A n’ayant pas subi de revalorisation de carrière et en particulier les professeurs du second degré.

Cette situation est moins fréquente dans le privé car le SMIC progresse plus vite que l’inflation du fait même de la loi ce qui entraine globalement une hausse du pouvoir d’achat.

L’impôt invisible dans le privé-le prix de la compétitivité-prend alors la forme du chômage et du temps partiel imposé.

 

Pour tous, c’est la hausse des impôts indirects, la dégradation des services publics,sanitaires et sociaux.

La Précarité et l’Austérité…

Jusqu’à quand allons nous le supporter ?


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