La campagne permanente : quand la vraie politique

par Adrien Paviot
samedi 11 octobre 2014

Le retour de Sarkozy, la percée de Juppé, les sondages incroyables de Marine Le Pen. Sommes-nous en 2017 ? Les médias semblent nous imposer une campagne totalement anachronique et prématurée...

Les politiques au diapason des médias

Depuis le retour de Nicolas Sarkozy, à la fin du mois dernier, il souffle un vent de campagne électoral au sein de la société médiatique. Tous les sondages se pressent avec des enquêtes d'opinion sur le retour de l'ancien président, attendent des idées, des débats. Déjà la primaire. Alain Juppé passe devant l'ancien pensionnaire de l'Elysée dans les intentions de vote au primaire de l'UMP. Sarkozy reste le favoris des sympathisants du parti. La vraie question reste : cela a-t-il le moindre intérêt ?

Avec la campagne de 2007, nous savons que les sondages permettent surtout d’entériner avant les débats, le candidats vainqueurs (souvent leur favoris). Ségolène Royal en 2007. Dominique Strauss-Khan en 2012 -avant ses affaires de mœurs-.

Les chaînes et sites d'info ne peuvent tarir d’événements. En partant de ce constat, les politiques abreuvent à coup de sorties sur tous les sujets pour ne pas être oubliés... Bien souvent au détriment de la qualité et des idées. Société du spectacle...

Après les interventions de Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, on ne peut se dire que ses deux imminents hommes d’État se présentent à la télévision sans programmes bien aboutis. L'un ne cesse de clamer que son retour est marqué par le sceau du rassemblement et de la nouveauté quand l'autre pèse ses mots un à un pour ne pas choquer les journalistes. Discussion sur le sexe des anges...

et surtout sur l'action du gouvernement. Afin de ne pas disparaître de la sphère médiatique, nos politiques se sont transformés en de brillants journalistes politiques, d'ailleurs certains s'y reconvertissent. (Bachelot sur D8, Cohn-Bendit à Europe 1)

 

Un quinquennat déjà enterré ?

Cette fuite en avant vers 2017 montre que pour beaucoup, le quinquennat de Francois Hollande s'avère déjà enterré tout comme ses épigones. Les positions des leaders de droite montrent une volonté de se positionner au centre droit afin de battre Marine Le Pen, seul cible à abattre. Pour la gauche, les Montebourg, Aubry et autres « frondeurs » ne pensent qu'au Congrès du Parti Socialiste en 2015. Le socialisme se meurt dans les difficultés du pouvoir, les médias se lassent,. Ils passent à autre chose. Peut-être pour l'épargner (une large majorité des rédactions a voté pour Hollande en 2012).

En 2000, Le Président Chirac faisait voter par référendum un mandat de 5 ans qui, selon lui, « permet d'adapter la durée du mandat présidentiel aux exigences modernes de la démocratie » et pour donner plus souvent la parole au peuple. Quatorze ans plus tard la modernité a condamné une mandature tout juste à sa moitié.

Paralyser par les sondages et sa popularité, la dyarchie qui gouverne notre Etat n'ose pas. Les annonces de réformes se succedent mais sans réalisation concrête : l'ecotaxe au placard , le dossier sur les « métiers protégés » peine à émerger... Un pas en avant deux en arrière. Francois Hollande, Manuel Valls prenez des initiatives, fini les paroles ! Sacrifiez-vous l'Histoire jugera, votre réélection ne sera que le reflet de votre courage.

ADRIEN PAVIOT


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