La débâcle d’une réforme

par CHALOT
mercredi 6 février 2013

Après les enseignants, ce sont les élus locaux qui refusent cette réforme, imposée par un ministre qui a la prétention de régler le problème de l'aménagement du temps de l'enfant avec un coup de baguette magique et un coup sur les doigts des enseignants.

 

Le décret Peillon vu par les élus des petites communes

Le premier maire qui prend la parole, attaque bille en tête, il est applaudi par les 250 élus présents à l'Assemblée générale de l'Association des maires de Gironde :

« Nous sommes une commune de 700 habitants. Avec quels crédits voulez-vous qu'on le fasse ? Je ne vois pas comment on fera, on n'en a pas les moyens. C'est clair, on ne pourra pas le faire, on ne le fera pas. »

Ce maire résume la pensée de nombreux élus qui savent que les 50 € par enfant promis en 2013 pour les communes qui aménageront les « rythmes scolaires » dès l'an I de la réforme, ne constituent au mieux qu'un cinquième des nouvelles dépenses occasionnées par ce changement.

Il n'est pas acceptable que les communes financent des activités de nature pédagogique. Ce transfert de compétences est critiquable en soi puisqu'il municipalise des activités de nature pédagogique.

Et en plus, il s'effectue sans transfert financier....

Il ne faut pas s'étonner de voir des élus de toutes origines condamner cette réforme.

Si les petites communes n'ont pas ni les moyens financiers, ni les moyens humains en personnels, comment feront-elles ?

Le député « socialiste » qui a initié une réunion en Haute Garonne a la réponse !

La voici : « Il faudra que les communes voient ça entre elles, pour éviter que ce soit le cantonnier qui s'occupe des enfants dans la dernière demi-heure » !?

Les mêmes commentateurs qui trouvent que les enseignants sont corporatistes, trouveront peut être que les élus sont frileux !....

L'aménagement du temps de l'enfant, réfléchi et construit dans le cadre d'un projet partagé peut effectivement être une réponse éducative à la hauteur de l'enjeu.

Bâclé et imposé « aux forceps », il attire l'opposition de nombreux élus, des enseignants et même des animateurs socio-éducatifs.

Ces animateurs de la ville de Paris qui ont manifesté aux côtés des enseignants à Paris le 22 janvier demandent depuis des années que le temps péri et post scolaire soit pris en compte .

Leur opposition à cette réforme n'est pas contradictoire avec leur aspiration à de la reconnaissance, bien au contraire.

Ils veulent assurer des missions éducatives spécifiques, pas à la place de l'école mais à côté de l'école.

Ils réclament des conditions de travail acceptables, des locaux adaptés et des normes d'encadrement assurant une qualité de service.

Quand le délégué d'une grande fédération laïque d'éducation populaire se voit répondre par une salle parisienne remplie de professeurs d'écoles : « l'éducation doit rester nationale », il doit SAISIR l'inquiétude de ses collègues- il est enseignant détaché- et bien comprendre que la confusion entretenue entre l'enseignement et le temps périscolaire ne peut conduire qu'au repli, à l'incompréhension réciproque et au recul d'une idée pourtant progressiste qui est celle de la complémentarité éducative.

Le ministre doit revoir sa copie et conduire une véritable réflexion partenariale, associant les syndicats enseignants, les associations de parents, les mouvements d'éducation populaire 

Jean François Chalot


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