La France genoux

par olivier cabanel
mercredi 4 octobre 2023

Il a suffi de quelques septennats consécutifs pour transformer un pays qui tenait vaille que vaille, contre vents de droite et marées socialistes en une France au bord du précipice.

Ce n’est bien sûr pas le cas de tous les Français, mais il faut reconnaître que c’est le cas d’une grande majorité d’entre eux.

Si on se base sur les chiffres de l’Insee, il y a dans notre pays en 2019 plus de 9 millions de personnes qui vivent sous le seul de pauvreté, et il faut ajouter 1,6 million de français qui échappent au statistiques.

Ajoutons que ce chiffre ne tient pas compte des français hors métropole, alors que le taux de pauvreté de ceux-ci est de 2 à 5 fois plus élevé.

Ce qui signifie que, pour la France métropolitaine 1 personne sur 5 est en situation de « pauvreté monétaire ou de privation matérielle et sociale  », soit au moins 21 % des français. Lien

Sachant que nous étions 68 042 591 français au 1er janvier, cela signifie qu’il y aurait au moins 14,3 millions de français pauvres...(d’autres sources évoquent même le chiffre de 14,6 millions de français sous le seuil de pauvreté)…

sauf que le vrai chiffre de la pauvreté en France est difficile à estimer en 2023 pour la bonne raison que l’Insee ne publie ses chiffres que 2 ans après leur comptage.

Et çà ne devrait pas s’arranger puisque les français pauvres étaient 9,3 millions en 2018…soit 4 millions de pauvres supplémentaires aujourd’hui. lien

et il y a peu de chance pour que cette progression cesse dans les années à venir.

Aurons-nous en toute logique plus de 18 millions de pauvres dans notre pays à la fin de ce quinquennat ?…

tout porte à le croire.

En effet les récentes mesures prises par le gouvernement n’incitent pas à l’optimisme, d’autant que les maigres augmentations des salaires ne comblent pas l’inflation...

Les médias qui se veulent optimistes utilisent des formules amusantes, en utilisant le mot « presque ». lien

En tout cas, l’économiste Thomas Porcher en est convaincu : , « Macron veut mettre la France à genoux  ». lien

Les plus de 3 millions de manifestants contre la réforme des retraites n’y ont rien changé, alors que les médias assurent que c’était la plus grande mobilisation sociale depuis plus de 50 ans.

Sans sombrer dans un pessimisme plombant, il faut reconnaître que la situation n’incite pas à l’optimisme…

Si l’on en croit Philippe Rioux, s’exprimant en février dernier dans les colonnes de La Dépêche : « sondage après sondage, enquête après enquête, le Français se montrent parmi les plus pessimistes d’Europe. Un moral en berne qui s’explique par le contexte de la guerre en Ukraine, de l’inflation qui pèse sur le budget des ménages, mais aussi par la réforme des retraites qui inquiète  ». lien

Et rien n’a changé sous le soleil d’octobre, sinon une augmentation de ce pessimisme, vu que la situation continue de se dégrader.

Amusant de constater que le ministre du travail joue avec les mots lorsqu’il déclarait au printemps dernier : « mettre l’économie à genoux, c’est en réalité mettre les travailleurs à genoux  », ce qui sur le fond ne change pas grand-chose. Lien

Les quelques cacahuètes distribuées çà et là suffiront-elles à calmer les colères qui s’accumulent ?

En 2019, le chef de l’état disait avoir « entendu » la grogne des gilets jaunes, mais ceux-ci déclaraient en écho : « entendus peut-être mais écoutés  ? » . lien

Serions-nous en présence d’un président qui entend mais qui n’écoute pas ?

Son discours d’avril 2023 a provoqué de nombreux commentaires non dénués d’intérêt : « outre la réforme des retraites, le président de la république n’a pas compris, ou voulu comprendre le message envoyé dans les urnes (…) on ne veut plus qu’un seul homme décide de tout, tout seul. Il est passé outre les partenaires sociaux, les autres partis, et les corps intermédiaires. Il n’écoute pas le terrain. Il est en train de massacrer ce qui faisait notre tissu social.sa communication est hors sol. La crise démocratique est bien là  ».

Récemment, le gouvernement a décidé de mettre sous condition l’attribution du RSA…

Cette mesure, déjà testée dans 18 départements, va se généraliser dans tous le pays, sans provoquer à ce jour beaucoup d’indignation, à part celle venant du camp des insoumis. lien

Pourtant attribuer cette aide modeste sous réserve d’effectuer 15 heures d’activité par semaine revient à faire travailler les chômeurs à des taux horaires très bas.

En effet, percevoir 497 € en échange de 60 heures mensuelles de travail correspond à guère plus de 8 € par heure, alors que le taux horaire minimum du Smic est, rappelons le, de 9,12 €

passons…

Au-delà de ces gesticulations qui ne semblent pas émouvoir beaucoup les français, il y aurait beaucoup à dire sur la raréfaction des logements à loyer modérés…

Alors que la demande de logements ne cesse d’augmenter, on a produit moins de logements en 2023 que les 90 000 de 2022. lien

Rappelons que pour rattraper le retard, il faudrait en construire 500 000 par an...et ce pendant 10 ans. lien

On se souvient de la formule due à Martin Nadaud, maçon avant de devenir député, puis préfet : « quand le bâtiment va, tout va  »…

Tout ne va donc pas bien...

Et quid sur la fermeture de nombreux services publics...notamment les urgences hospitalières...les agences postales de moins en moins souvent ouvertes..bref, les services publics de plus en plus menacés.

Le collectif « nos services publics » fondé en 2021, centré sur les thématiques de la santé, de l’école, du transport, de la justice, de la sécurité, et du financement, évoque « une réalité des plus inquiétantes, surtout dans un pays qui a longtemps fait des services publics le fer de lance d’un développement…  ». lien

La France à genoux est donc bien une triste réalité, et pour qu’elle se redresse, il y a loin de la coupe aux lèvres, car comme dit mon vieil ami africain : « on ne peut pas à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc  ».

l’image illustrant l’article vient de contre-attaque-net

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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