La fuite dans l’impasse de François Hollande

par Laurent Herblay
samedi 8 novembre 2014

Jeudi soir, François Hollande est intervenu sur TF1 devant huit millions de téléspectateurs citoyens. Une présentation qui lui a attiré des critiques quasiment unanimes, qui démontrent à quel point le président de la République et sa majorité s’enferrent dans une impasse.

Du pain et des jeux ?
 
Lors de ces près de deux heures d’émission, le chef de l’Etat a été relativement avare d’annonces. S’il a annoncé qu’il n’y aurait pas de nouveaux impôts et qu’il simplifierait les procédures administratives, il y a eu deux annonces, qui misent à côté, donnent un relief particulier à son mandat : le retour d’une allocation pour les chômeurs proches de la retraite et l’annonce d’une candidature de la France pour les Jeux Olympiques de 2024. Même si je suis plutôt d’accord avec ces deux annonces, limiter ses annonces à ces deux rappelle douloureusement une expression tristement célèbre…
 
Droit dans l’impasse

C’est sans doute un signe que quand on se réduit à ne plus que gérer l’existant sans jamais questionner le champ des possibles politiques, le chef de l’Etat peut se retrouver réduit à ne plus pouvoir promettre qu’un peu de pain et des jeux à la population. Quand il n’est pas occupé à vendre l’agenda néolibéral. Il y avait de quoi être assez estomaqué par le discours du président de la République, qui ne semble plus avoir de limite dans la droitisation depuis janvier. Nous avons eu droit à un plaidoyer pour l’amélioration de la compétitivité qui est pourtant le nom politiquement correct pour designer la baisse du pouvoir d’achat et la déconstruction de la Sécurité Sociale et des services publics, plus financés.

François Hollande en a également rajouté dans la dénonciation des lourdeurs administratives, sans même se rendre compte du paradoxe que cela représente de la part de l’ancien candidat du Parti Socialiste, qui a été au pouvoir pendant plus de 17 ans depuis 1981…Ce faisant, même s’il a levé le pied sur la pédale de l’austérité, qui explique en grande partie l’échec de la première moitié de son mandat, le pari de jouer son mandat sur une politique de l’offre, outre le fait d’adopter la pensée de la droite la plus bête et dogmatique, pour paraphraser Paul Krugman, sera forcément perdant pour un pays comme le nôtre où les salaires sont 10 fois plus élevés qu’en Afrique du Nord ou en Europe de l’Est.
 
Hollande ne dirige pas notre pays. Il le gère à la marge, à la petite semaine, en se contentant de réagir aux évènements sans jamais explorer des idées qui remettraient en cause le champ étroit de sa pensée. Pas étonnant que l’on ne retienne que ses petites phrases sur les bistrots et les frites.

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