La la´citÚ tout simplement, Monsieur le Maire !

par CHALOT
lundi 14 décembre 2015

Le Maire de Melun n’apprécie ni la loi de séparation des églises et de l’Etat ni la cour d’appel de Paris.

Pour exprimer sa « colère » il a fait poser cette année sous une tente fermée d’une bâche transparente et sur un tas de vieux cartons usagers les extraits de l’arrêt de la cour d’appel de Paris, arrêt qui lui déplaît et cette déclaration :

"Au sujet de la crèche le Conseil d'Etat devra dire si la loi de 1905 est une loi de tolérance comme certains ne cessent de le répéter ou une loi sectaire ciblée Gérard Millet Maire de Melun".
 

Après avoir pris les militants de la Libre Pensée comme des voyous et après avoir déclaré ; « ils n’auront pas le dernier mot » il fait semblant de ne pas connaître cette loi de Séparation ou il se dévoile comme défenseur de la chrétienté.

 Oui, la loi de Séparation était et est une loi de séparation.

Cette loi fondamentale a mis fin au Concordat et a permis à ce que les églises soient chez elles et l’Etat chez lui, pour reprendre le discours de Victor Hugo en 1850.

Les associations diocésaines ont pu disposer des églises pour y organiser le culte et ceci librement.

Cette situation perdure et aucun laïque ne la remet en cause.

Les laïques n’ont jamais remis en question l’utilisation qui est faite des lieux de culte par les paroisses.

Je me rappelle d’ailleurs d’avoir interpellé un responsable de la Fédération Nationale de la Libre Pensée pour m’étonner il y a quelques années qu’une paroisse ait pu refuser l’accès de l’église à une chorale.

Celui-ci m’a expliqué que la paroisse y était locataire gratuit, depuis la loi du 9 décembre 1905 et qu’il ne fallait pas toucher à l’édifice de ce texte…..

CETTE LOI N’EST PAS SECTAIRE, ELLE CONSTITUE UN « CORPUS » ET UN PRINCIPE :

CELUI DE LA SEPARATION DES EGLISES ET DE L’ETAT.

La Mairie et les dépendances municipales constituent un espace public, donc il ne doit y avoir aucun signe religieux.

Il existe dans de nombreuses communes et ceci depuis très longtemps, bien avant 1905 des croix et autres emblèmes religieux, ils y restent et personne ne remet en cause leur existence.

A l’entrée des cimetières, il est interdit d’apposer de signes religieux , sur la porte par exemple, mais si ce signe a été installé avant la loi de séparation, il peut y rester même si je préfèrerais qu’on l’enlève.

Le cimetière est un espace public, seuls les emplacements sont loués à des particuliers qui peuvent faire mettre sur la tombe de leur défunt : un signe religieux ou un d’appartenance philosophique.

Pendant plusieurs années j’ai été instituteur en Mayenne et si j’ai rencontré des Maires de tous les bords et surtout de droite, défenseurs de la laïcité, d’autres, certainement par « ignorance » ou par habitude ont laissé un crucifix dans la salle du Conseil…..

Il ne s’agissait même pas d’une œuvre d’art fixe mais d’une croix mobile !

Monsieur Millet, Maire de Melun serait sage et digne de sa fonction si une fois pour tous il se contentait d’appliquer la laïcité, c’est-à-dire ce texte de 1905 at l’article 1 de la Constitution !

Jean-François Chalot


Lire l'article complet, et les commentaires