La visite catastrophe
par Peachy Carnehan
mercredi 12 décembre 2007
Le voyage officiel de Mouammar Kadhafi tourne à la débâcle politique. La visite catastrophe sent carrément le pâté pour Sarko.
Le voyage officielle de Mouammar Kadhafi tourne à la débâcle politique et à la visite catastrophe. L’affaire sent carrément le pâté pour Sarko confronté à un "invité" incontrôlable.
Mardi,
le chapiteau de cirque dressé dans le parc de l’hôtel Marigny est enfin
accessible à la presse. C’est Pujadas de France 2 qui s’y colle au
matin pour nous présenter des images de barbouzes armés et de jongleurs
encore à moitié endormis. Seuls manquent les chameaux du colonel. En
papotant avec Mouammar le "journaliste vedette" y apprend que Sarko
n’a jamais évoqué, la veille, la question des droits de l’homme avec
son invité d’honneur. Pas question certainement d’insulter un si
illustre ami de la liberté. Gros couac en tout cas, au moment ou le
colonel se rend à l’Assemblée dans sa belle limousine blanche venue de
Tripoli par avion cargo. Claude Guéant, premier secrétaire de l’Élysée,
a beau démentir en appelant frénétiquement toutes les agences de
presse, le mal est fait.
UNE REVOLTE ? NON SIRE...
Au même moment sur le parvis de l’Assemblée, des CRS
chargent les journalistes de Reporter sans frontières venus manifester.
"Je n’y croyais pas, mais ce type vraiment est fou !", hurle l’un d’eux. "On se
croirait au Chili sous Pinochet !", ajoute un autre.
En effet,
on n’en est pas très loin. Dans l’hémicycle, Bernard Accoyer un peu
affolé a supprimé la séance de question au gouvernement. Pour éviter un
18 brumaire, elle est remplacée par un débat inoffensif sur le
mini-traité européen. Avec interdiction formelle à quiconque d’évoquer
le scandale en cours sous peine de sanctions. Les députés de
l’opposition quittent leurs sièges. De l’art et la manière de museler
la représentation nationale. Du jamais vu depuis la guerre d’Algérie,
ou juin 1940, pour nos lecteurs seniors.
KADHAFI INCONTRÔLABLE
A croire que l’omni-président avait vraiment gobé la fable selon laquelle Kadhafi avait changé, qu’il s’était assagi au point d’être fréquentable, et maléable, tel un simple transfuge socialiste. Et dire que le colonel est encore ici pour quatre longs jours. De quoi offrir des tas d’autres tribunes à François Bayrou, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë qui se sont amusés mardi soir à dresser une tente parodique devant le "Mur pour la Paix", près de l’école militaire, à Paris. Une visite catastrophe on vous dit, et le meilleur est à venir...