La´citÚ Ó l’Úcole : bienveillance et fermetÚ. Contribution au ’socle commun’ pour les enseignants

par Laurent Simon
jeudi 28 mai 2015

L'audition de Abdennour Bidar [1] a été unanimement saluée le 21 mai 2015, par tous les parlementaires présents.

Il faut dire que normalien, philosophe ET très pédagogue, Abdennour Bidar a fait un exposé brillant, clair, précis et très concret, émaillé de nombreux exemples, suivi de réponses de haute volée aux questions des parlementaires présents. Intervention qui tranche par rapport à certains discours de personnes qui se disent ou aimeraient être philosophes, et qui sont bien souvent très simplistes.

L'auteur [2] [3], entre autres ouvrages, de "L'islam sans soumission", Paris, Albin Michel, collection Espaces Libres, 2012, de "Plaidoyer pour la fraternité" (Ed. Albin Michel), de "Comment sortir de la religion ?" (2012) et de "Histoire de l'humanisme en Occident" (2014, éditions Armand Colin) [4] avait été nommé dès 2011 par Luc Chatel chargé de mission au Ministère de l'Education Nationale sur « la pédagogie de la laïcité et la transmission des valeurs de la République ».

Co-auteur de la « charte de la laïcité à l'école », il a rassemblé 1000 enseignants [5] pour préciser le bagage pédagogique nécessaire aux 300 000 personnes de l'Education Nationale dans ce domaine [6].

Au sujet de l'attitude à avoir par rapport aux comportements des élèves, Abdennour Bidar a insisté sur une nécessaire bienveillance, qui doit cependant se prolonger par de la fermeté quand plusieurs indices concordants sont repérés, par exemple :

Bienveillance jusqu'où ? Fermeté à partir de quand ?

Nous ne pouvons que souscrire à cette double injonction, précisée par ces indications pratiques indispensables. Mais nous souhaitons simplement attirer l'attention sur l'impérative obligation de réagir au plus tôt.

Le livre "La stratégie de la bienveillance ou l’intelligence de la coopération" [7] est très précieux à cet égard : avec un tel titre, le lecteur s'attend à ce que l'on insiste sur cette bienveillance, a priori. Ce qui est vrai, mais l'auteur insiste tout autant sur l'absolue nécessité de réagir dès qu'une personne ne respecte plus les règles élémentaires de la coopération. [8] [9]

Car sinon, ayant accepté de donner l'extrémité du petit doigt, c'est tout le bras qui y passe bientôt, et même tout le corps... jusqu'au moment où l'on n'en peut plus, et on éclate, pour une simple goutte d'eau ! Ce qui est alors incompréhensible pour celui qui n'a pas respecté les règles, ni pour les autres, puisqu'auparavant des comportements bien pires ont été tolérés.
Et pendant ce temps, la tolérance de ces comportements aberrants a pénalisé ceux qui avaient des attitudes normales, et encouragé ceux qui avaient des comportements non coopératifs.

L'auteur du livre recommande donc, à juste titre, de réagir immédiatement, et de façon proportionnée, dès qu'un écart est constaté.

Il nous semble donc très important de préciser et compléter concrètement cette "bienveillance et fermeté" : la bienveillance doit s'arrêter dès qu'une concordance est repérée entre plusieurs comportements ne respectant pas les règles communes, laissant place à des réponses fermes et proportionnées.

Citations importantes de Abdennour Bidar
Sur la pertinence et l'importance de "la fraternité", et sur la nécessité "d'un projet, d'un élan, d'un sentiment d'appartenance collective", lire l'excellente interview dans Le Figaro, 21 février 2015 : "Abdennour Bidar : « la pauvreté spirituelle d'un certain islam confine à l'indigence »" de l'auteur récent de "Plaidoyer pour la fraternité".

Quelques extraits :

Sur "la crise de spiritualité de l'Occident" :


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