Le cochon est dans le mas

par Dominique TONIN
mercredi 8 juillet 2020

J’adore cette expression et surtout son image. Expression à la base rugbystique qui indique que : “ l’adversaire peut revenir à tout moment et remporter le match“.

Je vais vous en livrer une autre acception, celle-ci plus campagnarde que le sont mes origines.

Quand des cochons -entendez les sangliers- débarquent une nuit dans une parcelle de maïs, le lendemain des dégâts considérables sont constatés par l’agriculteur.

Autre acception, autre métaphore, en politique, mettre le cochon dans le maïs, c’est précisément ce que vient de faire Emmanuel MACRON en nommant, à des postes clés, trois de ses nouveaux ministres.

Attention, j’arrête de suite les mal pensants, les polémistes, ceux qui comme des morpions sautent sur la première occasion venue pour faire des procès d’intention là où il n’y en a pas. Personne, dans mon propos n’est comparé à un cochon, ce langage, cette expression restent complètement imagés.

De toute manière, il ne me viendrait pas à l’esprit d’insulter LE ténor des barreaux, surnommé “acquittator“, ou encore “l’ogre du nord“, que j’apprécie d’autre part énormément par sa verve, sa détermination, sa bravoure, son professionnalisme et accessoirement pour ses 145 acquittements, respect Monsieur !

Même si parfois il peut avoir des colères, voire des écarts de langage que l’on est prêt à pardonner aux grands hommes. Je m’interroge tout de même sur les motivations de cet homme à entrer dans un gouvernement, une présidence complètement acquis à la finance ? Certes, cela n’est pas là sa mission, mais quand même !

Gageons que ce truculent personnage aura à cœur de réformer la justice qu’il a si souvent vilipendée et souvent à juste titre. L’indépendance des juges et du parquet restent l’arlésienne des réformes des gouvernements précédents. Et c’est là que MACRON a mis le cochon dans le maïs en nommant DUUPOND-MORETTI à ce poste. Du reste les magistrats et leur syndicat majoritaire sont déjà vent debout. De cette povoc’ présidentielle qui sortira vainqueur ? Logiquement, par la loi du nombre, les magistrats. Affaire à suivre.

Accessoirement et personnellement je regrette cette nomination par le fait que cet éminent avocat ne sera plus disponible en tant qu’avocat, car cela aurait été mon choix.

La nomination de DARMANIN au poste de premier flic de France, pose un problème d’éthique, de probité, d’exemplarité. Accusé de viol en 2009 par Madame PATTERSON-SPATZ Sophie, cette affaire a été classée deux fois sans suite en 2017 et 2018. Sauf que la Cour d’Appel a demandé la reprise des investigations pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance.

Une deuxième plainte, d’une autre personne, a été classée sans suite pour abus de faiblesse. DARMANIN aurait demandé des faveurs sexuelles contre une demande de logement. Ca commence à faire beaucoup pour le premier flic de France !

A ceux qui croient que la justice est indépendante, laissons la investiguer !

Pour les autres, le porte parole du gouvernement aurait dit que son innocence ne devrait pas poser de problème ! Chacun se fera son interprétation de ce qui précède !

Mais au-delà de ça, quel signal est envoyé aux forces de l’ordre, au citoyen lambda en nommant à ce poste quelqu’un qui a une telle épée de Damoclès au dessus de la tête ? Quelle sera l’attitude et la latitude des enquêteurs dans cette affaire et face à leur patron à interroger ?

Quelle sera également la position et la réaction de DUPOND-MORETTI en tant que garde des sceaux si les choses tournaient mal ? Protéger un collègue ministre en faisant fi de la déontologie, ou bien faire scrupuleusement son job ?

Outre le fait de siphonner à droite, je ne sais si cette deuxième nomination est calculée et sous contrôle par MACRON, car il a assurément pris de gros risques.

Pas sûr que ces deux nominations aux postes régaliens fassent bon ménage ensemble, ni même que MACRON ai joué deux cartes maîtresses pour la suite de son quinquennat.

La troisième nomination est plus gentillette, un peu à l’image de la nominée. Roselyne BACHELOT en charge de la santé en 2009, avait en pleine crise sanitaire H1N1, acheté 94 millions de doses de vaccin pour la somme d’environ 1,5 milliard d’euros, une bagatelle, pour rien !

En résumé, notre Président, par ses actions, ses paroles a l’art de provoquer, déranger, bousculer les habitudes des Françaises et des Français. Jusqu’à ce jour sans grand succès, plutôt l’inverse, qu’en sera-t-il demain après avoir mis “ le cochon dans le maïs“ ?

 


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