Le gouvernement des Cinque Stelle et du Mouvement Lega est né en Italie

par Carlo Marino
vendredi 1er juin 2018

Avec le Prof. Giuseppe Conte en tant que Président du Conseil, le gouvernement de Cinque Stelle et du Mouvement Lega est né en Italie. Après trois mois des élections. Pour le Ministère de l'Economie et des Finances, a été nommé le Prof. Giovanni Tria, Directeur de la Faculté d'économie de l’Université de Rome “Tor Vergata”, un professeur dont l’opinion est « tiède » sur l'euro et qui soutient l'impôt forfaitaire, même au prix d'une augmentation de la TVA. Enzo Moavero Milanesi, une vie dans les institutions européennes et ancien ministre de l'UE avec Monti et Letta vient d'être nommé au Ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale. Crise politique et ventes massives sur les marchés financiers ont agi comme un corollaire à la naissance du gouvernement italien et plusieurs observateurs internationaux se sont dit choqués par la force du soutien donné, dans un des pays fondateurs de l'UE, à des partis adoptant une rhétorique incendiaire, populiste et intolérante. ll semble, d'un point de vue superficiel, que les électeurs de la Ligue cherchent simplement à réduire les impôts, alors que les partisans du Mouvement "Cinq étoiles" - largement situés dans le sud pauvre - veulent de l'argent facile jusqu'au revenu de base universel. Notamment, le taux de pauvreté élevé, des finances publiques fragiles, des dépenses élevées pour les retraités et de faibles dépenses sur la jeunesse et l'inégalité économique croissante sont des problèmes à long terme. En particulier, les nouveaux partis au pouvoir appellent, à juste titre, les classes dirigeantes nationales et européennes, parce qu'elles ont prévariqué sur des problèmes et des incohérences connus de longue date, à faire des choix difficiles. Bien que la liste puisse être plus longue, deux cas d'espèce s'appliquent particulièrement à l'Italie. Le premier c'est en rapport à la dette publique. Comme on le sait, l'Italie a le quatrième ratio dette-PIB le plus élevé au monde, environ 135%, et le gouvernement consacre désormais plus d'argent aux paiements d'intérêts que aux investissements publics. Reinhart et al. (2015) ont montré que les niveaux d'endettement que nous observons aujourd'hui sont sans précédent dans les économies avancées en dehors des périodes de guerre. Ils peuvent être divisés en « orthodoxes » (favorisant la croissance, la privatisation, les excédents primaires) et « non orthodoxes » (par exemple la répression financière, l'inflation, la restructuration, etc.). Dans un pays qui a connu 20 ans de stagnation du PIB réel et qui n'a pas de moyen évident de sortir de cet équilibre négatif à court terme, il est plus probable que des changements radicaux soient recherchés plutôt que de légères modifications du statu quo. Les populistes italiens sont tonitruantes sur la façon de résoudre les problèmes du pays, qui reposent sur l'UEM, sur la souveraineté nationale et sur les problèmes de politique démocratique. Les classes dirigeantes nationales et européennes doivent apporter une réponse claire si, en défendant le projet européen, veulent retrouver la popularité. Subséquemment l'agenda populiste actuel pourrait bien conduire aussi à une Italie plus pauvre. Toutefois, le simple fait de souligner les coûts élevés du démantèlement du statu quo ne suffira bientôt plus. L'agenda économique des populistes italiens est susceptible d'exacerber plutôt que d'atténuer les problèmes de longue date de l'Italie. Et pourtant l'approche fragmentaire, à petite échelle, suivie par les élites dirigeantes européennes et nationales, est tolérable seulement pour les pays dans des conditions économiques normales. Si les défenseurs du projet européen veulent retrouver la popularité, ils devront présenter une approche alternative transparente.


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