Le nouveau parti anticapitaliste (NPA)

par alcodu
jeudi 28 août 2008

La nouvelle gauche anticapitaliste (NPA) prétend donc fédérer les différentes mouvances de l’extrême gauche française autour d’une idée simple en apparence, l’anticapitalisme.

Mais qu’est-ce au juste qu’être "anticapitaliste" ? A priori, si les mots ont un sens, cela devrait vouloir dire être opposé à la notion de capital. Ce qui amène à poser la question, qu’est-ce que le capital ?

Pour le commun des mortels, le capital c’est de l’argent. Très largement influencée par la pensée marxiste, et notamment par la "théorie de la valeur", pierre angulaire de l’argumentation marxienne sur le capital, l’opinion pense que le capital ce sont des sommes d’argent qui sont détenues par les "capitalistes".

Cette vision des choses est fausse car elle confond le capital avec les instruments financiers et les régimes politiques qui ont permis sa fabuleuse croissance dans les pays industrialisés à partir du XIXe siècle.

Pour comprendre la vraie nature du capital, on peut prendre l’exemple de Robinson sur son île. Parmi tous les biens de Robinson, lesquels sont du capital et lesquels sont des biens de consommation ?
Sa cabane, son lit, ses vêtements, son garde-manger, ses réserves de nourriture sont des biens de consommation.


Le capital, c’est son arc, sa hache, sa charrue, ses semences, c’est-à-dire l’ensemble des biens qui vont lui servir à produire de nouveaux biens de consommation.

On voit que le capital n’a rien à voir avec l’argent, puisque sa définition se situe en dehors de la notion de monnaie et d’échange.

Pour Robinson, être anticapitaliste cela reviendrait à renoncer au capital que constituent tous les outils qu’il a fabriqués ou dont il a hérité. Autrement dit, un Robinson anticapitaliste devrait vivre de la cueillette, et s’abriter au gré des abris offerts par la nature.

Est-ce là le projet de société ouvertement défendu par l’extrême gauche ? Probablement pas.

Le problème c’est que cette extrême gauche n’a aucun projet de société cohérent, en dehors de ses thèmes majeurs bien connus, qui sont : l’hostilité aux États-Unis, à la mondialisation, au libéralisme, à Israël, le flirt avec l’islamisme, l’amour de la nature et de l’authenticité locale.

L’extrême gauche est "anti", ça on l’a compris, mais elle n’a strictement rien à proposer, encore moins que le PS (ce qui n’est pas peu dire).

Loin d’être anticapitalistes, les communistes prônaient un capitalisme d’État. Opposés au capitalisme de marché, ils espéraient fonder un monde meilleur par le planisme, c’est-à-dire par le recours à une économie dirigée dont les outils (au sens propre et figuré) seraient aux mains de l’État. Ils allaient également jusqu’à prôner le partage par la force des biens de consommation.

Contrairement aux communistes, la nouvelle extrême gauche "anticapitaliste" promet de s’attaquer au capital c’est-à-dire au fondement même de la création des richesses. Associée tout à fait logiquement aux écologistes (qui ont toujours suscité la méfiance des vrais communistes), elle s’oriente vers une logique de "décroissance", c’est-à-dire de destruction du capital qui ne peut qu’entraîner une dégradation des conditions de vie de millions de personnes et en particulier des plus faibles. A cet égard, la prise de distance de Lutte ouvrière, qui se définit comme un véritable Parti communiste révolutionnaire, du grand n’importe quoi idéologique de la NPA, est tout à fait logique.

Si l’entreprise Besancenot réussit, nul doute qu’elle influencera l’ensemble de la politique économique française qui s’orientera encore un peu plus, vers la destruction des outils de production des richesses.

Et, comme d’habitude, les conséquences néfastes pour notre pays seront imputées à la "mondialisation libérale", ce qui permettra aux ultra-étatistes de tous bords de renforcer leurs pouvoirs et leurs privilèges.


Lire l'article complet, et les commentaires