Le PS connaîtra-t-il le destin du PASOK ?

par Laurent Herblay
jeudi 26 février 2015

En Grèce, le PASOK a été littéralement annihilé par les évènements politiques et l’émergence de Syriza. A la tête du pouvoir début 2012, partenaire de la majorité jusqu’en janvier, il pèse aujourd’hui moins de 5% des voix. L’Espagne pourrait suivre demain avec Podemos. Et la France ?

 
Mêmes causes, mêmes effets ?
 
Même si la situation n’est évidemment pas la même, on peut faire de nombreux parallèles entre la situation de la France et celle de la Grèce et l’Espagne. On retrouve la même évolution de ces partis dits socialistes vers la social-démocratie, avant de virer eurolibéraux et appliquant les mêmes recettes économiques que la droite la plus bête et dogmatique, pour reprendre Paul Krugman, appliquant austérité, privatisations et recul des services publics, ouverture suicidaire du marché à la concurrence, et quête également suicidaire de la compétitivité alors qu’à trois mille kilomètres, il existe des pays où les salaires sont bien plus bas. Enfin, on y retrouve aussi un internationalisme volontiers antinational.
 
Bref, le PS Français ressemble beaucoup au PASOK, quasiment réduit à néant, et au PSOE, qui semble en prendre le chemin en Espagne avec l’émergence de Podemos. Où il apparaît qu’à trop mener des politiques proches de celle de la droite la plus dogmatique et bête (il existe des libéraux humanistes et pragmatiques), ce qu’on appelle politiquement la gauche, logiquement, finit par perdre ses électeurs, qui ne se retrouvent plus dans ces gouvernements. La troisième place aux élections européennes, ou dans les sondages pour les cantonales et les présidentielles peuvent indiquer que le PS suit un processus d’autodestruction, comme le PASOK et le PSOE, que le dernier passage au pouvoir a achevé.
 
Comparaison n’est pas raison ?

Dès lors, le scénario semble déjà écrit : en 2017, nous aurions à choisir entre Marine Le Pen et le candidat de l’UMP. Néanmoins, il y a plusieurs points de différences avec la situation de la Grèce et de l’Espagne. D’abord, même si elle est extrêmement violente, la crise que nous traversons ne l’est pas autant, ce qui n’est sans doute pas neutre dans la volonté d’un peuple de balayer l’ordre ancien. Ensuite, il ne faut pas oublier qu’à Athènes et Madrid, ce sont des forces de gauche plus radicale qui ont émergé, un réceptacle naturel pour l’électorat de ces partis pseudos socialistes qui avaient trahi socialement. Se tourner plus à gauche quand le centre-gauche regarde à droite semble assez facile.

Mais en France, après tout, le FN a récupéré sans vergogne l’électorat populaire, qui est passé de la gauche ou l’extrême-gauche à l’extrême-droite depuis des années. Du coup, le même avenir pourrait se dessiner pour le PS. Sauf que le parti dit socialiste s’est réinventé en Parti des classes moyennes et supérieures des centres-villes, protégées, ou qui profitent de la mondialisation, libéral, libertaire et européo-internationaliste. Du coup, l’OPA logique du FN sur les classes populaires des périphéries n’asphyxie pas complètement le PS qui a trouvé un nouvel espace politique. On peut alors croire que notre pays a évolué vers un tripartisme institutionnel dominé par le FN, l’UMP et le PS pour quelques années.
 
Cependant, ce raisonnement bute sur la bipolarisation naturelle de la vie politique. Il n’est pas courant que trois partis conservent un poids équivalent durablement. En général, deux finissent par se détacher. Et si le PS semble à date le plus menacé, ce scénario n’est pas le seul possible dans les années à venir…

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