Le PS reste le parti des bisounours de l’immigration

par Laurent Herblay
samedi 26 juillet 2014

Il faut vraiment lire l’interview du ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, dans Libération, pour se rendre compte à quel point rien n’a changé au PS depuis les années Jospin, malgré la claque de 2002. Le gouvernement a une vision totalement angélique et sans nuance de l’immigration.

Oui-oui en charge de l’immigration
 
L’interview de Bernard Cazeneuve est proprement hallucinante. Quelle meilleure illustration de cette « gauche » hors sol qui préfère désormais les immigrés aux ouvriers pour reprendre la critique de Jean-Claude Michéa, qui est pourtant du même camp à la base. Nous avons droit au couplet : « la France est une terre d’immigration et une terre d’asile. Elle doit le demeurer : les pays refermés sur eux-mêmes sont condamnés au déclin ». Puis, il soutient : « Il faut remettre de la rationalité dans ce débat : l’immigration peut être une opportunité pour la France, à condition d’être maîtrisée, que les étrangers admis soient intégrés, qu’ils respectent nos lois, et que l’accueil des talents soit favorisé  ».
 
Passons sur la contre-vérité que constitue cette généralité superficielle et légère qui consiste à dire que les pays qui seraient fermés à l’immigration seraient condamnés au déclin. Les choses sont bien évidemment plus compliquées que cela. Ensuite, il est tout de même effarant de dire que « l’immigration peut être une opportunité pour la France » aujourd’hui. En quoi le serait-elle ? Le financement des retraites n’est pas une réponse car la démographie de notre pays n’est pas celle du reste de l’Europe. Et pour que les immigrés contribuent à ce financement, il faudrait qu’ils puissent trouver un emploi, ce qui semble tout de même très difficile avec 6 millions de chômeurs toutes catégories confondues !
 
Débattre sereinement de la question

Si le ministre a raison de dire que « nos flux migratoires actuels sont parmi les plus modérés d’Europe  », ce qui vrai depuis plus de 10 ans, contrairement aux mensonges du FN, il se moque du monde en disant que « dans ce domaine également, l’Europe n’est pas le problème, mais la solution  ». Le cas des Roumains démontre bien qu’elle fait partie du problème, mais surtout, la grande diversité des situations des pays européens fait que l’Europe est un problème à partir du moment où toute solution européenne est forcément une cote mal taillée, qui, si elle correspond à la moyenne, ne va convenir à tout le monde. Si l’Allemagne aura besoin d’immigrés pour payer ses retraites, ce ne sera pas notre cas.

Aujourd’hui, avec le niveau de chômage que nous avons, il est totalement absurde d’ouvrir nos frontières à des personnes qui auront du mal à trouver un emploi et s’intégrer. Et qui plus est, cela pourrait être le choix démocratique des Français de ne pas ouvrir les frontières en cas de plein emploi, cas qui n’est pas prêt de revenir à court terme… Malgré tout, il faut bien reconnaître l’apport de l’immigration à notre pays depuis un siècle, que le volume actuel est de loin un des plus faibles d’Europe depuis plus de dix ans (même s’il serait sans doute nécessaire de bien le baisser) et qu’elle a un coût pour l’ensemble de la société, pas négligeable mais nettement inférieur aux fantasmes véhiculés par le FN à nouveau.

Au final, ce qui est effarant, c’est que le PS, comme le FN, est incapable de sortir d’une idéologie totalement déconnectée des faits et de la réalité. Ce faisant, Bernard Cazeneuve n’est que le double inversé de Marine Le Pen, refusant la moindre nuance sur cette question, et même la réalité.


Lire l'article complet, et les commentaires