Le roi lion : protégez vos enfants de la propagande de Disney

par Décoder l’éco
lundi 10 février 2020

Le roi lion, film des studios Disney paru en 1994 a attiré dans les salles plus de 10 millions de spectateurs en France. Autant dire que tous les enfants des années 90 ont vu le roi lion. Ajoutons que le remake de 2019 a lui aussi attiré 10 millions de spectateurs en France. Les fictions que regardent les enfants et les adultes à la télé leur présente toujours une vision du bien et mal : les gentils contre les méchants pour ce qui concerne les personnes, mais aussi les bonnes sociétés contre les mauvaises. À force de répétition et à l’aide d’images magnifiques et de chansons à succès, les valeurs de ces œuvres font leur chemin dans l’esprit des gens. Le cinéma est un des moyens pour partager ses valeurs au reste du monde et essayer de les diffuser. Qu’on appelle ça propagande ou Soft power c’est la même chose.

On va ici décrypter 3 des valeurs véhiculées par ce film, l’article est disponible en vidéo ici : https://youtu.be/A7lvNBUvDLY

le roi lion

Le roi lion divise la société en 2 parties, celle des gentils et celle des méchants.

1) La société des Gentils : chacun sa place

La société des gentils est présentée comme celle où tout le monde est content de son sort. La famille de lions du héros domine le territoire en monarchie absolue. On peut voir que tous les autres animaux sont très contents de se prosterner devant eux pour la présentation de l’héritier légitime qui sera le héro de l’histoire :Simba.

Dans la société des gentils il y a 2 catégories. D’un côté les dominants ou leaders qui sont là pour garantir le bonheur et la paix. Ils sont nés lions, leur nature c’est d’être les chefs. De l’autre côté les dominés qui sont très contents de leur sort, avec les larbins, les érudits et les potentiels jambons. Ils sont aussi nés comme ça c’est l’ordre des choses. Évidemment les héros sont les lions. Les enfants sont censés s’identifier à Simba le lionceau et personnage principal. Le message adressé aux spectateurs et don aux enfants c’est que dans la vie il faut mieux être un lion. En étant un lion on assume de voir les autres comme inférieur à soi et c’est normal. Le père de Simba, Mufasa le roi lion, fait d’ailleurs une leçon de morale à ce sujet, expliquant à son qu’il faut respecter tout le monde, même ceux qu’on va bouffer.

Les chansons appuient ce discours, de société immuable du côté du bien, Les paroles de la chanson : « c’est l’histoire de la vie, le cycle éternel qu’un enfant béni rend immortel » disent aux enfant que c’est comme ça que ça marche et que ça marchera toujours. C’est légitime l’enfant lion est béni il représente la volonté divine.

Petit point sur la place des femmes dans la société des lions, ce sont des mamans ou des filles, elles n’ont pas voix au chapitre sur le reste. Regardez toute la filmographie de Disney jusqu’au années 2000, les personnages féminins vous en avez à peu près 3 sortes, les gentilles mamans qui s’occupent des enfants, les jeunes filles un peu benêtes qui subissent toutes les péripéties et les méchantes sorcières qui agissent mais pour faire du mal.

Seul point noir de cette société du bien c’est Scar, le frère de mufasa, qui aimerait être roi alors que ce n’est pas lui l’héritier légitime. C’est un classique de chez Disney, on a toujours les héritiers légitimes élus de la volonté divine, et les imposteurs qui essayent de prendre leur place. Le destin c’est un élément fondamental de la pensée américaine.

La vision de la société que montre Disney aux enfants c’est que dans une société qui marche bien, il y a les leaders qui sont nés pour être leaders et qui apportent le bonheur aux autres. Les larbins, ceux qu’ils exploitent sont même très content d’avoir leur place dans ce monde. À chacun sa place et son destin.

2) La société des Méchants : l'anarchie

La société des méchants est celle des hyènes. Elles vivent dans le cimetière des éléphants. C’est une zone de non-droit, un ghetto à l’extérieur du territoire des lions où il est interdit d’aller. On remarque que les hyènes n’ont pas vraiment la même couleur que les autres animaux. C’est peut-être un hasard. Je vous signale quand même que les voix originales des hyènes en anglais étaient interprétées par Whoopi Goldberg pour Shenzi et Cheech Marin pour Banzai Avec pour la première un fort accent afro-américain et pour le deuxième un fort accent latino. Juste au cas où on aurait pas compris de qui on parle. En France il n’ont pas osé pour les voix ce serait pas passé (enfin presque le seul à avoir un accent africain est le singe Rafiki, mais bon c’est la magie de Disney...).

De ce ghetto noir américain de hyènes c’est l’anarchie et c’est pour ça que ça marche pas bien. D’ailleurs la hyène qui semble diriger la bande des 3 qu’on suit un peu c’est une femelle, c’est sûrement pour ça que ça ne marche pas bien...

Scar soudoie les hyènes car il leur apporte de quoi manger. Chez les lions personne ne s’occupe de savoir si les hyènes ont à bouffer, d’ailleurs leurs terres leurs sont interdites. Seul Scar leur fait la charité, mais avec une idée derrière la tête, celle de les utiliser et qu’elles l’élisent comme chef. La scène où il prend le pouvoir est assez surréaliste. On retrouve les mêmes images que la propagande anticommuniste avec les hyènes qui défilent militairement avec Scar à la place de Staline ou d’Hitler. Les hyènes vont finalement permettre à Scar de prendre le pouvoir et vont tout ravager sur la terre des lions.

On montre aux enfants que les méchants vivent en marge de la société. On peu d’ailleurs facilement les reconnaître. Ils sont dangereux et doivent rester à leur place. C’est une catastrophe quand elles renversent l’ordre naturel des choses. D’ailleurs elles n’y arrivent pas toutes seules mais quand d’autres personnes plus malines les fédèrent et se servent d’elles.

3) Le destin : bats-toi pour ta place légitime

Quand Scar tues Mufasa, Simba échappe aux hyènes et fuit la terre des lions. Il va vivre son adolescence avec ses 2 compères, Timon et Pumbaa, en chantant akuna matata. Il fuit donc les problèmes. On retrouve bien le fils à papa un peu rebelle qui part s’encanailler plutôt que de reprendre l’entreprise familiale. Mais Simba va évidemment être rattrapé par son destin. Son ancienne copine Nala le retrouve et vient lui demander de l’aide. Elle lui explique que les lionnes ont laissé les hyènes détruire le royaume. Bien évidemment elles ne pouvaient pas se rebeller toutes seules, elles ont besoin d’un chef légitime. Elle a même cette phrase : Si tu ne viens pas nous sauver qui le fera ?

Bref notre ami Simba retourne donc en terre des lions se débarrasse de Scar et tout rentre dans l’ordre : les antilopes sont de nouveau contente de se faire bouffer (avec respect) par des lions plutôt que par des hyènes.

Le message c’est qu’on ne peut pas lutter contre notre destin. Si on est fait pour être un lion, on est fait pour dominer les autres. Les larbins et les jambons. Il y a des gens jaloux qui veulent nous en empêcher, alors il faut se battre pour garder sa place légitime, celle voulue par Dieu.


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