Les primaires de Droite pour le meilleur... des rassembleurs

par Moi ex-adhérent
mercredi 4 août 2021

Les primaires sans la zizanie. Valérie Pécresse semble avoir trouvé le ton juste et fédérateur « restaurer la fierté française et remettre la France en ordre » ça fait plaisir à tout le monde, et les risques sont minimes, dans la mesure où les solutions pour y parvenir sont soigneusement ignorées.

Eviter les pugilats, semble être la consigne. 

Tout le monde se souvient du mémorable conflit pour la Présidence de l’UMP en 2012, entre Jean-François Copé et François Fillon. Grand moment ubuesque, la tragi-comédie du risque d’implosion de l’UMP évitée par la promesse de nouvelles élections en septembre 2013. Les adhérents mirent un terme au doute en refusant par 93% les nouvelles élections. Tout ça pour ça !!!

Sous l’ère de Copé les succès électoraux s’accumulaient, avec l’idée que l’UMP pouvait gérer plusieurs courants divergents incarnés par des leaders reconnus. Tout semblait calme quand survint fin février 2014, le scandale Bygmalion sur les dérapages de campagne 2012, dénoncés par Le Point mettant en cause Copé. Les fillonistes pousseront Copé vers la sortie. Copé contesté, sans réel pouvoir ne put rien contre l’image à nouveau désastreuse de l’UMP, qui perdit les élections européennes de mai 2014 à 20,81% au profit du FN à 24,86%. Il quittera officiellement ses fonctions en juin 2014. 

En Avril 2017 Franz-Olivier Giesbert (ex-directeur du Point) fut condamné en Appel à 1500€ d’amende avec deux autres journalistes pour diffamation envers Copé, celui-ci bénéficiant en outre d’un non-lieu pour Bygmalion. 

Sarkozy de retour imposa le rassemblement. Adieu les mouvements divers, les courants très éloignés des uns des autres. L’unité prévalait sur les velléités d’idées trop personnelles, trop droitières, trop clivantes. Le parti UMP était mort, vive Les Républicains.

Funeste erreur de Sarkozy, éliminé dès le premier tour des primaires de droite, en novembre 2016 avec 20,67%, face à Fillon à 44,08% très engagé à droite, et Alain Juppé à 28,56%. Le deuxième tour fut la confirmation que l’électorat UMP-Les Républicains restait majoritairement « une droite forte » (affiche de Sarkozy en 2007), avec un résultat sans appel de 66,49% pour Fillon et 28,56% pour Juppé, longtemps vu par les sondeurs et la presse comme le futur grand gagnant à 74%.

Cependant le « Peut-on imaginer De Gaulle mis en examen » le coup était bas, déclenchant aussitôt des confidences qui allaient laver plus blanc que blanc. Une Présidentielle imperdable fut perdue, la débandade dans les rangs, et la victoire de Macron. Les législatives furent la grande braderie des idées en solde, et des transferts En marche avec armes et bagages.

Le grand rassemblement avec le centre, à n’importe quel prix, des Européennes de 2019 eut des effets pervers. Effectivement, il n’y a pas que des avantages, les concessions sont lourdes parfois. Nadine Morano en fit les frais par son éviction décidée par Sarkozy, pour avoir osé citer De Gaulle. Sanction pour faire plaisir à l’UDI, dut choquer certainement l’électorat gaulliste, peu sensible aux arguments du rassemblement. Cet électorat a dû déserter les urnes pour les régionales. L’abstention était En Marche avec un bond en avant.

Rassembler autour de rien, sans idées clivantes, sans positionnement clair, sans les programmes détaillés, avec pour seule ambition de faire plaisir à tout le monde, semble ne pas fonctionner. Le bénéfice doute est-il permis ?


Lire l'article complet, et les commentaires