Les trotskistes

par phiconvers
jeudi 2 avril 2009

Cet article, rédigé pendant la campagne présidentielle de 2007, mérite d’être relu dans le contexte sarkozyen de succès de Besancenot.

En ce très attendu printemps de France, un, deux ou deux et demi candidats se réclamant du trotskisme chercheront à se faire élire à la présidence de la République, bénéficieront d’un financement public de leur campagne et se pavaneront sur tous les plateaux de télévision, même les plus capitalistes, au bénéfice de l’égalité des temps de parole (mollement) imposée par le CSA. Déjà, parce que ce n’est pas leur coup d’essai, les trotskistes, dont la chère Arlette, qui disputerait à feu l’abbé Pierre la sympathie des Français, ont exposé leur programme à d’innombrables reprises.
On ne peut qu’admirer l’excellente formation militante dont bénéficient ces candidats, Laguiller ou Besancenot, pions visibles de partis toujours semi-clandestins dirigés par des inconnus. Je suis toujours bluffé par la fluidité du discours de Besancenot, résultat d’une très impressionnante conscientisation politique (désolé, j’emprunte la définition à LO plutôt qu’à la LCR), qui reste la marque de fabrique de Trotsky, le co-fondateur du communisme de gouvernement avec Lénine.

 
Léon Trotsky, comme il se faisait appeler, est le fondateur de l’armée rouge et l’homme de l’alliance entre menchevisme et bolchevisme, le principal théoricien du communisme pratique et « religieux ». Pour replacer le personnage, dont il est de bon ton d’oublier les turpitudes au motif qu’il ne s’entendait pas avec Staline (parce que celui-ci était, de son point de vue, un suppôt de la bourgeoisie honnie), quelques-unes de ces citations s’imposent : « L’État ouvrier se considère en droit d’envoyer tout travailleur là où son travail est nécessaire. Et pas un socialiste sérieux ne viendra dénier au gouvernement le droit de mettre la main sur le travailleur qui refusera d’exécuter la tâche qu’on lui a dévolue. », ou « (C’est) la guillotine, cette remarquable invention de la Grande Révolution française, qui a pour avantage reconnu celui de raccourcir un homme d’une tête, qui sera prête pour nos ennemis. » ou bien encore « La calomnie ne peut être une force que si elle correspond à un besoin historique » ou encore « Notre parti ne se refusait pas à conduire le prolétariat à la dictature en passant par la démocratie ; il se rendait un compte exact des avantages offerts à la propagande et à l’action politique par une semblable transition ».
 
J’arrête là les citations sachant qu’un bon militant trotskyste passera si nécessaire sa nuit à venir démontrer ici que Léon est infiniment bon et qu’il s’agit en fait d’un grand humaniste tout empreint de mesure et de poésie de la vie. Je veux juste expliquer à quel type de mythe fondateur les trotskystes se réfèrent. Les trotskistes voient l’échéance électorale dans un pays comme un problème pratique à résoudre, non comme une obligation démocratique, surtout dans des pays où ils considèrent la constitution comme réactionnaire et anti-ouvrière. Tenons-le nous pour dit.
L’héritage trotskyste est particulièrement vivant en France pour des raisons remarquablement analysées par M. Lazar à l’académie des sciences morales et politiques. Une kyrielle de journalistes, artistes, politiques ou professeurs sont formés à cette matrice efficace dans notre pays. La grande force de ces milieux ultra-minoritaires est l’utilisation de l’entrisme et de l’agit-prop, littéralement dérivée du Département pour l’agitation et la propagande, organe des Comités centraux et régionaux du Parti communiste de l’Union soviétique. Il s’agit là d’une stratégie marketing perfectionnée, si possible provocatrice, visant à sur-représenter une thèse minoritaire en frappant et choquant l’opinion. Deux spécialistes contemporains de cette manipulation des esprits sont Act-Up et RESF, deux groupuscules bien ficelés par des trotskystes pur jus.
Méfiance, donc ! Puisque des partis se réclamant sans vergogne de l’un des pères de l’idéologie la plus mortifère de l’histoire de l’humanité sont encore légaux en France, soyons lucides et combatifs. Trotsky n’a pas le monopole de la tactique politique, démontrons le !
Staline aurait été bien inspiré, pour une fois, de finir le boulot : le trotskysme a malheureusement de beaux jours devant lui, étant profondément mondialiste, haïssant la nation et les références « bourgeoises » que sont la patrie, Dieu et la famille.

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