Mélenchon et les dix-sept salopards

par Pelletier Jean
mercredi 27 mars 2013

Une fois de plus J.L. Mélenchon s’est laissé emporter par ses excès verbaux, sa sortie contre le Ministre de l’économie Pierre Moscovici est difficilement acceptable. Comme le sont tout autant les pseudos analyses d’antisémitisme relevés à son encontre. Rien de tel dans son propos, tout excessif qu’il puisse être.

On entend ici et là quelques rares critiques pointer leur nez du côté du parti et du Front de gauche. Mélenchon ne ruinerait-il pas toute son argumentation par ses excès verbaux ? Il était temps ! Aux dernières présidentielles J.L. Mélenchon aurait du faire un meilleur score, d’ailleurs de nombreux sondages lui donnaient bien plus qu’il n’a obtenu.

Je fais partie de ces électeurs qu’il a très vite perdu… son histoire politique, sa qualité indéniable de tribun, les foules qu’il a su rassembler pendant la campagne (nombreux étaient les socialistes qui y assistaient), ses qualités intellectuelles, son talent à débattre à la télévision, tout cela aurait du lui permettre de créer à la gauche du PS un courant qui aurait pesé politiquement.

Sauf qu’en ayant un peu le sens des responsabilités et l’intérêt du peuple à cœur, il n’était pas possible de soutenir une action politique qui « sabrait » sur le PS et ne laissait la place à aucune possibilité d’accord politique. Je connais bien Martine Billard et j’ai beaucoup d’estime pour elle, j’aurai pu la suivre le moment venu. Je ne l’ai pas fait, car la violence et les excès verbaux, le vocabulaire, les attaques personnelles, les ricanements…m’ont éloigné et « maintenu » dans un soutien exclusif du PS, faute de mieux.

J’ai essuyé et j’essuie encore de la part des militants du front de gauche des insultes, des menaces parfois à mon encontre. Ils renforcent et confortent l’activité frénétique de J.L. Mélenchon. L’intransigeance, la haine (je me souviens du titre d’un article sur Agoravox d’une partisane de JLM), la violence tout cela ne fait pas bon ménage avec le débat démocratique que nous devrions avoir à gauche.

Je suis inquiet, je l’étais déjà pendant la campagne électorale. La Gauche cela a tout de même du sens… et choisir de « cracher » à tout va sur le PS et plus que dangereux… On le voit bien au niveau des municipalités ce sont les larges alliances de gauche qui permettent de gouverner et de s’opposer efficacement à la droite et à l’extrême droite.

Je comprends la nécessité d’organiser une aile à la gauche du PS, mais c’est pour peser sur celui-ci, pas pour faire un boulevard à l’extrême droite. Si Mélenchon remportait une primaire à gauche je ferai campagne pour lui, sans hésitation, car il faut que les composantes du « peuple de gauche » soient raisonnables et surtout concrètes et pragmatiques dans leurs choix. Enfin outre l’union dans les batailles électorales, il ne faut pas oublier la nécessité des luttes sociales, même avec la gauche au pouvoir… nous sommes bien faibles dans ce registre (Cf la division syndicale).. ; on voit seulement la droite et l’extrême droite s’engouffrer dans la rue (Cf dimanche la grande manifestation d’opposition au mariage pour tous..).

J’entends bien ici et là, et dans la bouche de Mélenchon lui-même la nécessité du « cri » face à l’injustice et la droite extrême… moi-même je suis constamment révolté. Mais parce que sans doute ai-je des racines familiales ouvrières, je pense sans cesse, à la nécessité de les préserver et d’œuvrer pour eux prioritairement.

Il y a péril dans la demeure… comment faire pour que PS/Verts/PCF/Parti de gauche et quelques autres clubs et micro partis resserrent les rangs pour faire front à la machine de guerre fasciste qui marche à grands pas vers nous ? Il ne faudrait pas que les uns et les autres se réveillent lorsqu’il sera trop tard.


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