Mélenchon Premier Ministre : maintenant c’est urgent !

par syd93
mardi 4 décembre 2012

Pour certains, l’idée d’un Jean-Luc Mélenchon premier ministre de François Hollande parait bien saugrenue. Beaucoup parmi eux sont moqueurs, ironiques et se recrutent principalement au sein de la droite ou du côté le plus libéral du Parti Socialiste. L’argument qu’ils utilisent est en droite ligne avec leur logiciel politique de référence ; celui d’une Ve République où la seule motivation véritable de l’homme ou la femme politique serait l’ambition au service d’un égo lui même aux ordres du rêve d’une carrière absolue. Seulement voilà, tous les militants politiques, tous les électeurs, tous les citoyens ne fonctionnent pas comme ces utilisateurs d’un programme informatique conçu comme un jeu vidéo où le seul objectif réel est d’être chef, juste pour être chef. Il est même plus que probable que les militants de base, les électeurs, les citoyens envisagent l’acte politique et l’action gouvernementale autrement que comme un jeu de lutte d’égos. Il est même évident qu’ils aspirent, les citoyens, à voir un gouvernement se composer autour d’un programme qui fait l’unanimité entre tous ses ministres, et non un gouvernement dont les ministres se déchirent en direct à la télé parce qu’ils ne sont d’accord sur rien. L’un veut nationaliser lorsque l’autre, le premier, ne jure que par le libéralisme et le soutien au secteur privé. Surtout, l’aspiration des citoyens, le 6 mai 2012, à voir un changement de politique, un changement pour de vrai, était réelle et sincère. Ils devaient assister, les citoyens, à une guerre menée contre la finance, contre les intérêts d’une classe patronale, dont Sarkozy était l’ami intime. Ils assistent finalement à la poursuite d’une même politique conduite selon les mêmes méthodes. On annonce haut et fort une promesse, puis on fait exactement son contraire, contre la volonté d’un peuple qui s’est exprimé dans les urnes, en faveur d’un patronat au paradis du chantage qui marche.

On pourrait attendre jusqu’en 2017 que ça passe, comme le virus qui agît activement et dont on n’a pas le vaccin. Attendre les prochaines présidentielles pour, enfin, oser le changement de gauche qui s’assume pleinement, sans circonvolutions langagières ou la moindre évocation d’une liberté de conscience pour permettre à certains d’échapper légalement à la loi de la république.Oui, on pourrait attendre et considérer que c’est le calendrier électoral qui fixe la réalité politique, économique et sociale d’un pays. Seulement, le chômage n’attend 2017 pour exploser, la pauvreté n’attend 2017 pour s’étendre, les plans sociaux n’attendent 2017 pour être déposés, les spéculateurs n’attendent pas 2017 pour dégrader les états qui pourtant leurs obéissent au doigt et à l’oeil. Les politiques d’austérité n’attendent pas après une élection pour saccager, chaque jour qui passe, une croissance qui n’aura pas lieu sous l’égide d’un capitalisme financier. Même les experts de l’OCDE, pourtant libéraux, avouent l’erreur dans laquelle le continent européen tout entier s’entête. Alors oui, on pourrait attendre. Sauf qu’on ne peut plus attendre, et certainement pas 4 années supplémentaires.

L’urgence est absolue, l’urgence est totale, d’une politique qui fasse de l’humain et de son environnement de vie une priorité. L’austérité, ça ne marche pas. Rembourser des dettes improbables, ça ne marche pas. Croire les promesses d’entreprises financières à la Mittal, ça ne marche pas. Diminuer les cotisations patronales sous forme de TVA, ça ne marche pas. Faire du capitalisme vert, ça ne marche pas. Nous ne l’affirmons pas, A gauche pour de vrai ! Nous ne faisons que lire les indicateurs, voir les courbes publiés pratiquement tous les jours, apprendre dans la presse les revirements d’une Angela sur les dettes des états. Et ça fait 30 ans que ça dure, et ça fait 30 ans que ça ne marche pas. Et il n’y a pas que le Front de Gauche pour le dire et le redire. Il n’y a pas que le Front de Gauche pour s’opposer à cette logique d’une politique qui privilégie le capital à l’humain d’abord. Lorsque des députés d’EELV ou de la gauche du PS votent contre le TSCG, ils ne disent rien d’autre. Lorsqu’un président de commission des finances socialiste quitte son groupe au conseil régional et son parti, il ne dit pas autre chose. Lorsque 70% des militants d’EELV votent contre l’Europe de l’austérité, ils ne disent pas autre chose. Lorsqu’on on lit la motion 3, “maintenant la gauche” de l’aile gauche du PS, elle ne dit pas autre chose. Tous comprennent l’urgence et militent pour un changement d’orientation radical et immédiat.

Une majorité de gauche socialiste, écologiste et républicaine existe dans l’opinion, c’est une certitude. Les résultats des dernières élections nationales le prouvent sans aucune ambiguïté. Ce sont bien les électeurs de gauche qui ont donné la victoire à Hollande, ce sont bien les électeurs de gauche qui ont fait battre la droite aux législatives. Pourtant, ce sont les électeurs de gauche qui sont battus depuis 6 mois par la réalisation quotidienne de politiques strictement identiques à celles qui étaient mises en oeuvre par la droite défaite. Ce déni démocratique n’est plus acceptable. Il est maintenant urgent que soit mise en place la politique sociale, écologiste et républicaine majoritaire dans le pays.

Les mesures écosocialistes sont prêtes et attendent un nouveau premier ministre pour être appliquées. Partager le temps de travail, interdire les licenciements spéculatifs, promouvoir une économie de croissance raisonnée dans certains secteurs porteurs d’avenir écologique, favoriser la décroissance des secteurs néfastes à l’environnement, remettre le citoyen au centre d’une VIe république solidaire, renforcer les services publics de l’eau, de l’énergie, de la santé, de l’éducation…A gauche pour de vrai ! nous mettons au défit de trouver un écologiste, un militant de l’aile gauche du parti socialiste, un alter mondialiste, un anticapitaliste, en désaccord profond sur cette ligne politique fondatrice d’un socialisme écologique moderne. Alors changer de premier ministre pour mettre en oeuvre la politique attendue, maintenant, c’est urgent ! Jean-Luc Mélenchon appelle à la constitution de cette nouvelle majorité. Il ne reste plus qu’à François Hollande de s’armer du courage politique dont on l’accuse de manquer et ainsi de donner tord à ses accusateurs.

Sydne93


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