Mon regard sur la scission du NPA

par CHALOT
mercredi 11 juillet 2012

Les rédactions ont commenté le départ de quelques centaines de militants du NPA ....

Je n'ai pas la même approche qu'elles... Pour moi ce ne sont pas des révolutionnaires qui ont abandonné la vieille maison mais des militants et militantes qui depuis longtemps étaient déjà autre part.

Ce groupe scissionniste est composé, entre autres de cadres enseignants de la Ligue puis du NPA qui depuis longtemps sont des permanents syndicaux qui ont troqué leur tenue de révolutionnaires et cela depuis longtemps.....

Les militants qui ont quitté le NPA pour fonder une nouvelle composante : la gauche anti capitaliste au sein du Front de Gauche ne sont pas pour la plupart des militants radicalisés unitaires.

Lorsque j'ai lu la liste des signataires, j'y ai reconnu de nombreux cadres de l'Ecole Emancipée, cette tendance de tradition révolutionnaire qui sous l'impulsion de militants LCR cogère la FSU avec Unité et Action ( animée historiquement par des militants PCF)....

Depuis des années ces militants de l'Ecole Emancipée se sont adaptés à l'appareil de la FSU et ont abandonné au magasin des souvenirs de nombreuses positions de cette vieille tendance.

Beaucoup d'enseignants de l'ex LCR ou directement du NPA ont eu plus que le tournis en constatant que l'orientation réformiste de la FSU était portée par leurs propres camarades. Face à cette contradiction entre le langage gauche du NPA et l'attitude de ces militants de l'appareil, des enseignants de ce nouveau parti anti capitaliste ont préféré aller à SUD Education ou pour quelques uns à militer au sein d'Emancipation, tendance lutte de classe intersyndicale.

Lorsque j'ai rompu définitivement avec la LCR en 2002 après 33 ans de vie commune, en choisissant l'Emancipation, scission de gauche de l'Ecole Emancipée, j'ai essayé de comprendre pourquoi des militants révolutionnaires pouvaient choisir de brader des idées pour quelques postes.

Pendant plusieurs dizaines d'années, les syndicalistes enseignants de la LCR ont combattu à contre courant une direction social démocrate : UID au sein de la FEN et la minorité Unité et Action, très stalinienne à cette époque...Jamais, les cadres aguerris de l'Ecole Emancipée n'ont pu assumer des responsabilités autres que celles de secrétaires locaux.

Quand la FEN a éclaté et que s'est constituée la FSU, l'Ecole Emancipée a joué sa partition et de nouvelles relations se sont nouées avec Unité Action.

Ensemble les deux tendances ont bâti ce « nouveau »syndicalisme....

Le temps de l'ombre était passé, tant pis pour les anarcho syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires -canal historique- voulant maintenir une tendance gardant intactes ses valeurs....

Durant la dernière décennie, les cadres syndicalistes enseignants LCR puis NPA ont milité avec les ennemis d'hier, devenus pour la plupart des PCF critiques...Il y avait de plus en plus de dichotomie entre la ligne avant gardiste du NPA et les horizons du tous ensemble....

Aujourd'hui la rupture est consommée mais cette coupure existait depuis très longtemps.

Que vont faire maintenant les militants restés au NPA , du moins ceux restés à la FSU ?

Hier, déboussolés ils ménageaient la direction nationale de la FSU Mais aujourd'hui, après le départ vers le Front de Gauche de dizaines et de dizaines de cadres enseignants, vont ils militer avec les minorités révolutionnaires de la FSU et notamment Emancipation.

Jean-François Chalot


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