Pierre Mauroy laisse les socialistes leur destin

par Denis Thomas
vendredi 7 juin 2013

 Pierre Mauroy, légendaire Premier ministre de François Mitterrand est mort à l'âge de 84 ans. Celui qui a été maire de Lille pendant 28 ans, affectueusement baptisé « Gros Quinquin » par le Canard Enchaîné a été le seul Premier ministre d’une union de la Gauche semble-t-il à jamais disparue, elle aussi.

Il avait été hospitalisé samedi dernier dans un hôpital de la région parisienne, après avoir été opéré d'une tumeur cancéreuse au poumon en avril 2012 à l'hôpital militaire Percy de Clamart.

Selon Laurent Fabius, qui a annoncé cette disparition, "C'est un pilier du socialisme démocratique qui s'en va", a dit le chef de la diplomatie.

Pierre Mauroy aurait fait "un malaise à la suite d'une hospitalisation qui était prévue" dans le cadre du traitement qu'il recevait pour cette maladie.

Le père de la retraite à 60 ans avait fait ses adieux au Sénat en septembre 2011 et avait remis les clés de Lille à Martine Aubry en 2001.

Lors des dernières semaines, il comparaît la mort à une « mer puissante et majestueuse ».

C’était un homme de gauche, ancré dans sa région, « éléphant » sympathique et pilier du socialisme en Europe.

DUBITATIF

Son parcours avait été néanmoins entaché par une mise en examen en 2008 pour détournement de fonds publics à propos d'un emploi présumé fictif attribué à Lyne Cohen-Solal au sein de la CUDL (Communauté urbaine de Lille) en 1992

 Il est finalement est convaincu d’abus de confiance et est condamné à 20 000 euros d’amendes avec sursis et à rembourser 19 654 euros à la CUDL

Pierre Mauroy avait soutenu Segolène Royal lors de la présidentielle de 2007 et Martine Aubry lors des dernières primaires organisées pour l’élection de 2012.

Si les caciques du PS n’ont pas de mot pour le qualifier de l’homme du rassemblement des socialistes, Pierre Mauroy s’était montré dubitatif devant la politique engagé par François Hollande.

Né le 5 juillet 1928 à Cartignies (Nord), Pierre Mauroy, fils d'instituteur, aîné d'une famille de sept enfants, adhère à 16 ans aux Jeunesses socialistes, dont il sera secrétaire national de 1955 à 1959.

Diplômé de l'Ecole normale d'apprentissage de Cachan, il fût professeur dans un lycée technique de la banlieue parisienne (1952-1956). En 1951, il épouse une enseignante et fonde la Fédération nationale des foyers Léo Lagrange, dont il est le secrétaire national. Dix ans plus tard, il prend la tête de la puissante fédération socialiste du Nord, et accède en 1963 au bureau de la SFIO, dont il devient le secrétaire général adjoint (1966-1969).


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