Politique familiale et justice sociale

par Robert GIL
lundi 17 juin 2013

Alors que les exonérations fiscales accordées aux entreprises, les allègements de cotisations patronales et sociales nous coutent des milliards d’euros, le gouvernement nous assure désormais qu’il incombe aux citoyens d’admettre une réduction des prestations sociales sous prétexte que la croissance est nulle. Le gouvernement fait le choix entre ses obligations sociales, le remboursement des intérêts de la dette (42,5 milliards d’euros en 2010 : son 2ème poste de dépenses) et ses engagements pris lors de la signature du Pacte budgétaire de ramener son déficit structurel à 0,5% du PIB. Mais tout ceci n’est pas une obligation, encore moins une fatalité, c’est seulement un choix de société.

Sous prétexte de « justice » on prétend réformer les aides familiales alors que le taux de cotisation « allocations familiales » à la charge des entreprises a été divisé par deux en 15 ans. Sur le fond, le gouvernement socialiste utilise pour la retraite, les allocations familiales et les remboursements maladie, les mêmes arguments que la droite : « il faut sauver notre système de protection sociale », » il y a trop d’inactifs car nous vivons plus longtemps » mais à aucun moment ne sont proposées les bonnes solutions, car il n y a pas de déficit structurel, le déficit est conjoncturel et créé par la politique d’austérité qui entraine :

—un niveau de chômage sans précédent, or 1 million de chômeurs, ce sont 5 milliards d’euros en moins dans les caisses de la sécu,

—une politique en faveur des riches : selon la cour des comptes, prélever des cotisations sur des revenus actuellement exonérés (stock options, parachutes dorés, revenus financiers) rapporterait 4 milliards,

—des cadeaux aux entreprises par des exonérations de cotisations non justifiées car non créatrices d’emplois,

—une politique de bas salaire qui prive la sécu de cotisations,

—une fraude et une évasion fiscale qui s’élèvent à 90 milliards par an et pour lesquelles les gouvernements successifs adoptent une politique de laisser-faire, et suppriment des postes de fonctionnaires chargés des contrôles.

La liste n’est pas exhaustive et peut être complétée par de nombreux autres privilèges, ainsi celui de l’industrie pharmaceutique avec ses milliards de bénéfices qui devrait être nationalisée …

Aucune réforme qui se privera de ces ressources, qui existent, ne pourra réussir ; au contraire, en aggravant l’austérité, en frappant le plus grand nombre et en épargnant les vrais riches, elle contribue à freiner la croissance et donc à augmenter le chômage …

Le courage serait donc de s’attaquer réellement au chômage en interdisant les licenciements financiers, en orientant le crédit vers les entreprises créatrices d’emploi. Cela suppose l’appropriation collective du secteur bancaire, ainsi que celle de secteurs qui ne devraient pas être soumis à la concurrence, comme l’énergie (gaz, pétrole, électricité), la création d’emplois dans le secteur public etc.

Enfin il faudrait revenir aux fondamentaux de notre protection sociale, tel que l’avait voulu le CNR (conseil national de la résistance), une sécurité sociale universelle où chacun cotiserait en fonction de ses moyens et recevrait en fonction de ses besoins, une sécurité sociale gérée par les travailleurs pour les travailleurs (rappelons que lorsque la sécu était gérée par des conseils d’administration avec une majorité « salariée », elle n’était pas en déficit).

Messieurs Ayrault et Hollande, messieurs du Parti dit Socialiste, ce n’est pas de Courage dont vous faites preuve, c’est au contraire de la Lâcheté et de la Soumission devant le pouvoir de l’argent, devant le capitalisme dont vous êtes les caniches. C’est aux salariés, aux travailleurs, et à tous ceux qui vont payer les pots cassés d’organiser la riposte pour empêcher la destruction de notre protection sociale.

D'aprés R.PALAO

http://2ccr.unblog.fr/2013/06/14/politique-familiale-et-justice-sociale/

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