Programmation de l’énergie : fausses promesses
par Michel DROUET
mercredi 15 avril 2026
Les chocs pétroliers successifs incitent les consommateurs à se tourner vers de nouvelles pratiques de consommation, le « quoi qu’il en coûte » n’étant plus d’actualité.
L’Etat fait de la communication pour le long terme en fixant des objectifs dont l’histoire nous dit qu’ils sont rarement atteints. L’agent mis sur la table (5 à 10 Milliards d’euros par an) viendra, dans l’immédiat, « d’aides réorientées » : on déshabille Pierre pour habiller Paul...
Prenons prudemment par conséquent l’objectif d’installation d’un million de pompes à chaleur « produites en France », de sortie de 2 millions de logements sociaux du gaz d’ici à 2050 ou bien encore l’exigence de 2 voitures neuves électriques sur 3 avec 400 000 véhicules l’an prochain et un million en 2030, sachant que les lobbies (constructeurs automobiles, producteurs et fournisseurs d’énergie, constructeurs et installateurs de chaudières et de pompes à chaleur, acteurs du renouvelable et loueurs de biens mal isolés,…) feront en sorte de réorienter ces mesures dans un sens qui protège leurs intérêts.
Lors des élections municipales, l’installation de panneaux solaires aura été un argument important de campagne, investissement visible pour l’électeur à qui on fait miroiter un raccordement à une boucle de production sans se soucier des performances énergétiques des logements.
Autre proposition souvent rencontrée, le verdissement des cours d’écoles censé apporter du confort de nos chères têtes blondes, qui une fois la récré terminée, transpireront ou grelotteront dans leurs classes mal isolées (plus de 80 % des locaux publics ne sont pas aux normes thermiques…).
Pour ma part, j’ai plutôt tendance à penser que le meilleur kilowatt est d’abord celui qui n’est pas consommé et donc non produit. Le plan massif d’électrification des usages est donc pour moi destiné avant tout au maintien d’un système monopolistique et de taxes pour remplir les caisses de l’Etat.
Plus que des plans sur la comète, c’est d’abord vers la rénovation énergétique qu’il faut s’orienter. Elle permettrait de diminuer à terme les factures et présente, en sus, l’avantage de faire appel à des entreprises françaises au lieu de s’enfoncer dans la dépendance étrangère (énergie primaire, panneaux solaires et véhicules automobiles chinois, …), sachant, par ailleurs, que l’installation d’une pompe à chaleur dans un logement mal isolé coûtera cher en consommation.
Sur 20 ans, j’ai procédé à des travaux de réhabilitation de mon pavillon, (qui date de 1976). Ma consommation (chauffage et eau chaude au gaz) est passée de 17380 à 6650 Kilowatts sur cette période…
Enfin, le tout électrique ne présente pas que des avantages car il faut savoir que le pic de production en journée oblige à ralentir les réacteurs nucléaires qui en souffrent. Les experts s’accordent à dire par ailleurs que la méga panne en Espagne il y a quelques semaines est sans doute due à cette question.