Sarkommence
par Gwendal Plougastel
lundi 6 décembre 2010
En annonçant à des députés UMP mardi soir qu’il ferait 2 mandats pas plus, Nicolas Sarkozy a levé le doute sur un secret de Polichinelle. Oui, en 2012, il sera candidat à sa propre succession à la Présidence de la République.
Elu en 2007, Nicolas Sarkozy sera donc le 5ème de la Vème sur la liste. Même si personne, dans son parti comme dans l’opposition, n’en a jamais vraiment douté, l’homme le plus puissant de France a levé les derniers doutes qui régnaient sur ses ambitions pour 2012. « Je suis là pour deux mandats pas plus » a-t-il déclaré lors d’une réunion avec une trentaine de députés UMP mardi soir à l’Elysée. Or, Sarkozy a toujours dit qu’il n’irait pas au-delà de deux mandats. Cette phrase est donc à interpréter comme celle d’un homme qui n’en fera pas qu’un. Oui, il va repartir au combat, pour prolonger son bail de 5 ans au 55, rue du Faubourg Saint-Honoré.
Personne à l’UMP ne doutait du contraire. Les jeunes loups Bertrand et Copé pensent seulement à 2017 le matin en se rasant. Mais pour 2012, à part Sarkozy, c’est le no man’s land dans le premier parti de France. Même si l’annonce de candidature officielle n’est prévue que pour l’automne 2011, Sarko préfère déjà s’ancrer un peu plus comme Le candidat de droite dans l’esprit de l’électorat.
En resserrant son équipe ministérielle lors du remaniement (moins de ministres, moins de fortes têtes, moins d’ouverture), Sarkozy a donné l’impression de se doter d’une équipe de campagne avant l’heure. Serrer la vis et limiter les erreurs de com’ du gouvernement pendant un an, avant d’actionner la machine de guerre pour les 6 mois restant avant l’échéance : voilà le plan de Sarkozy pour se donner une chance de se succéder à lui-même.
Car oui, même si son score au 1er tour est toujours très élevé dans les sondages, Sarko est en retard sur tous les candidats potentiels socialistes au 2nd tour dans les enquêtes d’opinion, avec un retard variable (important sur Strauss-Kahn, moindre sur les autres).
C’est toute la problématique d’un président sortant : indépendamment de ses talents de communicant et de ses belles promesses, il est jugé sur son bilan. Et même s’il dit que demain il fera jour, les gens ne peuvent oublier qu’avec lui la nuit fut longue. Mitterrand et Chirac, eux, avaient eu la chance d’être des présidents au sein d’une cohabitation au moment de l’élection. Au fond, ils étaient au pouvoir sans l’être, et l’avaient emporté en jouant sur cette ambigüité.
Sarkozy, lui, ne pourra pas se cacher. Connaissant le personnage, ce n’était pas de toute façon dans son plan. La Dolce Vita, ce sera pour plus tard.
Gwendal Plougastel