Tous les chemins mènent au Centre

par Olivier Des Mots Crates
lundi 27 octobre 2014

Le paysage politique est en profonde mutation, de gauche à droite en passant par un centre que tout le monde cherche.

Les voies du centre sont impénétrables

On connaissait le centre-droit, l'UDF. Celui des alliances automatiques, celui qui faisait office d'appendice d'un grand parti de droite, et obtenait au mieux un réseau d'élus locaux qui pouvaient jouer un rôle ponctuel mais jamais vraiment déterminant pour le pays. 

On connaissait aussi le centre à droite, les "centristes de l'UMP" anciens de l'UDF. Incolores, inodores, écrasés, inutiles. On voit les mêmes ou presque évoluer à nouveau en centre-droit du XXIe siècle dit indépendant, l'UDI, dont on attend toujours les preuves d'indépendance réelle au delà de l'autonomie organisationnelle. A suivre...

On connait le centre-centre, le MoDem. L'unique véritable tentative de troisième voie, la plus sincère, qui semble avoir démontré que son approche est impossible, si l'on s'en réfère à ses échecs répétés. Et pourtant, avec 3-7 millions de votes pour François Bayrou en 2007 et 2012, il y a une réelle attente du peuple pour cette offre politique, mais un parti qui n'a pas su s'organiser, définir et clarifier cette offre, et faire émerger les leaders pour la porter.

On n'a jamais vu le centre-gauche (soit-disant PRG et maintenant FD). Pas la peine de s'y attarder.

Demain, allons-nous assister à l'avénement du centre à gauche, celui qui veut moderniser le socialisme ?

Le centre à gauche : celui qu'on n'a pas encore essayé


Vous qui suivez l'actualité politique avec assiduité me voyez bien venir. Allons-y, prenons l'interview Valls 2014 dans l'Obs et le Programme Bayrou 2012 accompagné de quelques passages dans les média :

Dans la presse :

La confirmation :

Valls 2014 : "En 2012, nous avons commis l’erreur de ne pas tendre la main à François Bayrou. Peut-être l’aurait-il refusée, mais nous aurions dû le faire, alors qu’il avait appelé à voter pour François Hollande."

La victoire des idées ?

Maintenant, Manuel Valls parle de construire une "maison commune de toutes les forces progressistes" tout comme François Bayrou s'est fait le chantre de l'idée d'unité nationale rassemblant les réformistes.

Valls en social-démocrate ou social-libéral proche des idées du leader du centre, rien de surprenant jusque là. La grande différence est qu'il a choisi de grandir au sein d'une des deux grandes formations politiques de gouvernement, et semble avoir attendu son heure pour prendre la main et faire valoir ses idées. Premier Ministre d'un Président au fond du trou, leader populaire d'une gauche divisée, c'est maintenant, bien avant le début des festivités présidentielles, qu'il faut que Valls lance son OPA sur le PS.

Malin, sans doute. Mais il ne faudra pas tarder à faire le choix entre les idées et la stratégie politique.

S'il souhaite vraiment réformer la France en suivant les principes, qualifions-les de centristes, qu'il a déjà décrits en s'attirant par la même occasion les foudres de Martine Aubry et autres ténors de l'aile gauche du PS, il faudra que cette "maison commune" soit "une fédération, ou une seule formation [...]" comme il l'a déclaré dans son interview à l'Obs. Un nouveau PS comme Sarkozy veut créer une nouvelle UMP ? Une autre formation politique qui le coupera du PS, ou détruira le PS, mais risque de l'affaiblir en même temps ?

S'il veut pouvoir être le nouveau leader de la gauche en utilisant au maximum le PS comme socle électoral, il lui faudra alors faire un pas en avant et deux en arrières, s'assoir sur certaines idées pour optimiser ses chances de victoire. Ca s'est déjà vu...

Le centre indépendant, c'est maintenant !

Juppé, Sarkozy, Valls... tout le monte chasse et cherche son centre.

Mais si Bayrou a dit oui a Juppé et n'en finira jamais de dire non à Sarkozy, il a répondu à Valls "je ne participe et ne participerai pas à des manoeuvres d’appareil." Jean-Christophe Lagarde dans le cadre de sa campagne pour la présidence de l'UDI a ajouté "le centre n’est pas la variable d’ajustement d’une gauche en perdition".

Qu'est ce qu'ils attendent, une fois pour toutes, pour construire un parti unique au centre, indépendant, clair sur ses valeurs, son corpus idéologique et sur sa volonté de moderniser la France dans le cadre d'une Europe forte et unie ? Qu'est devenue l'Alternative ?

Selon un sondage publié la semaine dernière (Odoxa pour Le Parisien/Aujourd’hui en France, CQFD et i-Télé), deux tiers des Français (66%) estiment que le centre est un courant politique qui doit rester indépendant.

Chiche ?
 

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