TSCG : Sarkozy, Chirac, VGE et Debré censurent le référendum

par syd93
vendredi 10 août 2012

François Hollande l’avait annoncé. Il s’en remettrait “aux sages” pour statuer sur le TSCG. Il espérait, en utilisant cette procédure, s’éviter un débat national sur la question de la dette. Il souhaitait absolument une ratification parlementaire simple qui n’oblige pas à l’obtention d’une majorité des 3/5e. Il ne souhaitait surtout pas d’un référendum.

Au premier abord, la procédure utilisée semble “normale”, à l’image de notre nouveau président. Pourtant, elle ne l’est pas, loin de là. Car le TSCG transforme en profondeur le lien économique de la France à l’UE, car le TSCG organise des renoncements de souveraineté budgétaire colossaux. Il suffit de lire ce traité pour en être convaincu.

En situation “normale” on aurait même pu considérer que François Hollande prenait un risque considérable en demandant au conseil constitutionnel de statuer sur la constitutionnalité de ce traité. Mais dans les faits le président n’en prenait aucun car dans les faits les membres du conseil constitutionnel sont de farouches partisans de l’austérité, des défenseurs assidus du libéralisme économique, des accrocs au dernier stade des privatisations et de la casse des services publics. Car son président n’est autre que Jean-Louis Debré, ses membres de droit Sarkozy, Chirac et VGE !

Certains rétorquerons que nous poussons le bouchon un peu trop loin A gauche pour de vrai ! Sarkozy n’ayant pas pris part au vote. Et pour quelle raison n’a-t-il pas pris part au vote ? Parce qu’il est juge et partie et donc mécaniquement exclu du scrutin des sages de droite. Il n’en demeure pas moins que Sarko n’a pas eu à vraiment forcer son talent de persuasion pour convaincre ses amis conservateurs à autoriser une ratification vite fait bien fait du désormais célèbre traité Merkozy. Puisque le TSCG consacre l’idéologie libérale et son mythe de la dette pour contraindre les états à abandonner au spéculateurs privés ce qu’il reste de la puissance publique. Le rêve ultime de la droite française et européenne.

Car la dette n’est rien d’autre qu’un bluff géant, un mensonge si énorme que tout le monde finit par y croire. Pour bien le comprendre, il suffit d’examiner la manière dont les dettes souveraines sont calculées : on rapporte la richesse produite en une seule année à toutes les dettes accumulées depuis plusieurs décennies ! Du jamais vu en matière de calcul de taux d’endettement ! Imaginez un instant que l’on procède de la même manière avec un ménage. Plus aucune accession à la propriété ne serait possible. Le moindre achat d’une voiture bas de gamme deviendrait un luxe exceptionnel. Démonstration :

. vous empruntez 100 000 € pour acheter votre petit chez vous,

. votre crédit durera 20 ans,

. vous gagnez 24 000 € par an.

Votre taux d’endettement sera donc de 100 000 € divisés par 20 ans divisés par 12 mois ce qui donne 416 Euros de mensualité. Ce qui rapporté à vos 2000 € de revenus mensuel (24 000 divisés par 12) vous endette à hauteur de 20%.

Utilisons maintenant le mode de calcul des accrocs aux privatisations et à la casse des services publics. Les 100 000 € empruntés ne sont plus divisés par 20 ans, la durée de votre crédit. C’est ainsi que votre taux d’endettement sera de 416%. Oui, vous lisez parfaitement ! C’est ainsi que vous serez surendetté, que vous serez dans l’obligation de vendre tous vos biens pour faire face à vos créanciers, de travailler sans fin jusqu’à 67 ans, de cumuler 2 voire 3 boulots. Bref, ce sera l’austérité pour vous et votre famille !

Mais ces mêmes libéraux ne disent-ils pas partout qu’un état doit gérer son économie comme un bon père de famille ? Prenons les aux mots ! Alors, la dette souveraine de la France ne serait plus de 90% de son PIB (1900 milliards de création de richesse par an rapportés à 1700 milliards d’emprunts totaux) mais d’à peine 13%. Car l’échéance moyenne de la dette française est de 7 années. Il convient alors de diviser les fameux 1700 milliards de dette par 7 comme on a divisé vos 100 000 € de prêt immobilier par 20 années de remboursement !

Alors oui, la dette est bien un bluff géant, inventée de toutes pièces à la fin des années 70 par les idéologues de la politique monétaire de l’offre dans le seul et unique but de s’attaquer au derniers marchés jusque là protégés : la défense, la justice, la santé, l’éducation, etc…

 C’est ainsi que les sociétés privées de sécurité américaines ont investi l’US Army. Il y a 20 ans, on comptait un agent de sécurité issu du privé pour un GI. Le rapport est aujourd’hui de 10 agents privés pour 1 GI !

 C’est ainsi qu’avec la suppression du juge d’instruction et l’arrivée du “plaider coupable” la droite sarkozyste rêvait d’une justice commerciale faite de transactions entre avocats à l’américaine.

 C’est ainsi que certains hôpitaux de l’assistance publique passent des accords commerciaux avec de riches ressortissants étrangers pour vendre de l’acte médical et dégager des profits.

 C’est ainsi qu’en organisant le recrutement des enseignants à Bac + 5 et non plus sur concours on fabrique des contrats de droit privé, on privatise le corps enseignant.

Il ne s’agît là que de quelques exemples parmi des milliers possibles. Les DSP, ou Délégation de Services Publics ne sont rien d’autre que des privatisations à peine masquées des services publics locaux et territoriaux. Une commune, un département, une région doit réduire sa dette ? Alors on délègue le service de cantine scolaire à une entreprise de restauration privée. Alors on délègue le traitement des ordures et déchets, alors on délègue la gestion de l’eau

Le socialiste François d’aujourd’hui ne suit pas vraiment les pas d’un autre François et socialiste d’hier bien qu’il ait cherché à l’imiter durant toute la campagne des présidentielles. Car s’il suivait vraiment les pas du François d’hier il organiserait un grand débat national dont l’aboutissement normal serait un référendum.

Mais pour le François d’aujourd’hui il convient d’instaurer une règle d’or budgétaire, il convient de poursuivre la politique de quotas et d’expulsion d’un certain Guéant, il convient de traquer les Roms partout sur le territoire, il convient de geler le SMIC, il convient de poursuivre la politique monétaire de l’offre de la droite française…

Alors, vraiment normal le François d’aujourd’hui ? Probablement, mais pas avec des yeux A gauche pour de vrai !

Sydne93


Lire l'article complet, et les commentaires