Valls contrepied et contretemps

par metamag.fr
jeudi 11 juin 2015

Un carton jaune révélateur de l’opinion publique

Il n’a pas pu rester droit dans ses crampons. Le psycho-rigide exalté a dû faire marche arrière tout penaud. Il en a, parait-il, beaucoup souffert.

Il aurait quand même dû savoir que les médias ne veulent pas informer mais faire du buzz. Cela étant, il est certain qu’il s’est payé un petit plaisir de supporter de Barcelone aux frais de l’État. En passant, il a fait plaisir à ses enfants et à son chauvinisme catalan. Comme diraient les franco algériens, dis moi qui tu supportes, je te dirai où penche ton patriotisme ! ;

Mais un premier ministre a tout de même le droit d’utiliser un jet gouvernemental et le vol de ses enfants n’a rien coûté, parait-il. Certes il s’est fait inviter par Michel Platini pour justifier le déplacement. Mais nos ministres ont toujours fait ça et bien pire. ;

Ce qui est intéressant c’est le carton jaune de l’opinion publique. La détestation des politiques est telle qu’on ne leur passe plus rien. C’est cela que Manuel Valls a sous-estimé et c’est sa seule vraie faute, une erreur d’appréciation et donc de communication par aveuglement politique. ;

Après avoir passé une rapide tête à Poitiers, dimanche matin, le premier ministre a regagné Paris dès le début d'après-midi pour assister à la finale des internationaux de France opposant le Suisse Stanislas Wawrinka au Serbe Novak Djokovic. Et oui c’est mieux de se pavaner à Roland Garros que de plancher pour un congrès insipide à Poitiers où le Ps n’a personne à arrêter. Les militants qui déjà n’aiment pas Valls ont détesté. Cette erreur là n’a pas été assez mise en avant. Il s’est encore plus coupé du PS. ;

Il en profite cependant pour revenir, au micro de BFM-TV, dont le traitement de l'info en spectacle permanent pose un problème déontologique, sur son aller-retour controversé de la veille : « Je travaille beaucoup, je m'engage beaucoup. Et puis de temps en temps, il y a aussi un moment de détente, même s'il y a de la tension et de la passion dans le sport », explique-t-il, précisant avoir « aussi voulu rencontrer Michel Platini » pour « parler de l'Euro 2016 ». On peut sourire tout de même. Platini ne l'a pas démenti malgré un embarras certain. ;

Le premier ministre laisse alors entendre qu'il est allé à Berlin pour le travail, certes, mais aussi par amour du sport. Une version que confirme aussi le secrétaire d'État aux Sports, Thierry Braillard, qui défend, lundi, sur France info, le lien particulier qui unit le premier ministre au FC Barcelone, qui a remporté la finale. ;

Se serait-il déplacé aux frais de l'État pour une équipe française ? Oui bien sûr car personne n’aurait pu le lui reprocher, mais peut-être aurait-il été moins motivé finalement. Jeudi, après six jours de polémique, Manuel Valls consent une inflexion. Depuis La Réunion, il annonce qu'il remboursera le voyage de ses enfants, évalué à 2500 euros. « Il ne peut y avoir la moindre place pour le doute. Si c'était à refaire, je ne le referais pas », ajoute-t-il. Mais, là encore, le message est trouble. Car pourquoi rembourser ce qui ne coûtait rien ? Quant au Président, il serait furieux. ;

Manuel Valls ne sera pas mis sur le banc de touche mais ce faux pas du capitaine, suivi d’un carton jaune mérité ou pas, peu importe dans notre médiacratie, affaiblit une équipe déjà en grande méforme.


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