Verrouillage totalitaire La France Insoumise

par Fergus
mardi 20 décembre 2022

Des éditorialistes, mais également des caciques de La France Insoumise le soulignent, avec pertinence pour les premiers et lucidité pour les seconds : un parti qui a pour ambition de tenir un jour les rênes du pouvoir doit donner en interne l’exemple de ce que serait son fonctionnement à la tête de l’état. En l’occurrence, le signal de verrouillage totalitaire donné ces derniers jours est désastreux...

Mélenchon et Bompard (photo ActuToulouse)

« C’est presque une purge » ! a regretté Leïla Chaibi, présidente de la délégation La France Insoumise au Parlement européen, au lendemain de l’annonce par Manuel Bompard (le 8 décembre dans une dépêche de l’AFP) de la mise à l’écart de plusieurs des personnalités les plus influentes de LFI des instances dirigeantes du mouvement : Clémentine Autain, Éric Coquerel, président de la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale, Alexis Corbière, Raquel Garrido et François Ruffin.

Nouveau « coordinateur » de La France Insoumise après la "radiation" provisoire d’Adrien Quatennens à la suite de sa condamnation judiciaire, Manuel Bompard – un pur produit de la mélenchonie – doit sa nomination officielle à une cooptation par les 21 membres de la « Coordination des espaces ». Un collectif directement subordonné aux volontés de l’ex-candidat à la présidence de la République. Qu’à cela ne tienne, « le vote n’est pas l’alpha et l’oméga de la démocratie », a déclaré sans rire Manuel Bompard à Médiapart.

Et pour cause : un votant peut se démarquer de la ligne, soutenir des choix alternatifs. Rien de tel au sein de cette entité docile où pas une tête ne doit dépasser, pas une voix ne doit s’exprimer plus haut qu’une autre, tout particulièrement si elle est porteuse d’un discours déviant ou qui puisse nuire aux ambitions toujours vives de Jean-Luc Mélenchon. Pour un peu, et bien que l’ancien trotskyste n’ait jamais eu d’étroite proximité avec le Parti Communiste, l’on se croirait revenu au PCF des années soixante. 

Sévère, mais lucide, Raquel Garrido n’a pas mâché ses mots : « Tous les autres partis sont en train de désigner des chefs démocratiquement, ce qui a tendance à ridiculiser la façon de faire insoumise. » Même son de cloche chez Clémentine Autain qui, dans Libération, constate que « Le repli et le verrouillage ont été assumés de façon brutale. Les militants n’ont pas eu voix au chapitre alors qu’ils devraient être les principaux acteurs du mouvement. » François Ruffin, quant à lui, se dit « triste » qu’à LFI, « on acte un rétrécissement. »

Certes, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI-Nupes à l’Assemblée Nationale, Sophia Chikirou, ou Manon Aubry font partie de la « Coordination des espaces », autrement dit de l’organe directeur du mouvement. Rien de surprenant : ces trois-là sont des zélées thuriféraires de Jean-Luc Mélenchon. À l’instar de Manuel Bompard, elles sont les courroies de transmission de la volonté de leur mentor, et n’ont pas la moindre intention de prêter sérieusement l’oreille à Clémentine Autain lorsque celle-ci en appelle à « plus de démocratie et de pluralisme ».

Ce qui se passe à La France Insoumise est bien un « verrouillage » de nature totalitaire entièrement piloté par Jean-Luc Mélenchon et mis en œuvre sur le terrain par l’exécuteur des basses œuvres Manuel Bompard. L’objectif est clair : couper l’herbe sous le pied de celles et ceux qui réclament plus d’indépendance et, crime de lèse-majesté, envisagent d’être possiblement candidats à l’élection présidentielle de 2027. Un rôle que, seul, Jean-Luc Mélenchon a le droit d’assumer à LFI ! D’où la « purge » qui vient d’être actée.


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