L’Opus Dei l’oeuvre Toulouse

par etxe
mardi 5 août 2008

Un prêtre de l’Opus Dei se voit confier par l’archevêque de Toulouse une des plus importantes églises du centre-ville : une première en France.

L’Evêché de Toulouse vient de confier à un prêtre de l’Opus Dei la paroisse de la Dalbade, au cœur du Toulouse historique, située entre la place des Carmes et la Garonne.

Fondé en 1928 par José Maria Escriva de Balaguer, l’Opus Dei est une église dans l’église, un ordre discret, pour ne pas dire secret, qui s’est toujours tenu à l’extrême-droite du bénitier. Dans « Camino », Escriva expose son credo. Prenant acte de la sécularisation de la société, il ouvre le chemin de la sanctification de tous, et notamment les laïcs, par le travail. Se structure alors en Espagne une organisation qui compte trois types de membres : des prêtres, qui mènent les opérations (souvent des théologiens de très bon niveau), des numéraires (des sortes de moines laïcs, qui travaillent « en ville », mais vivent dans des résidences-couvents et font vœux de chasteté) et des surnuméraires (des laïcs qui vivent en famille, mais en respectant une discipline religieuse très stricte). Les prêtres sont la tête, les numéraires les jambes… et les surnuméraires le portefeuille (ils se reconnaissent à leur belle situation financière et à leur progéniture abondante).

Grand soutien de Franco pendant les années noires de la dictature du Caudillo, ils ont aussi prêté main forte et goupillon agile aux dictateurs sud-américains des années 70-80. En Espagne, ils ont pignon sur rue, avec notamment une des meilleures universités espagnoles (Universidad de Navarra à Pampelune) et une des meilleures business schools du monde, l’IESE (basée à Barcelone et à Madrid). De nombreux ministres du dernier gouvernement Aznar étaient des surnuméraires « de la Obra » comme disent les Espagnols. On dit que Sarkozy a fait des places dans son entourage à des membres de l’Opus. Mais vous me direz, il a aussi fait des places à des catholiques pratiquants, à des protestants, à des musulmans et à des juifs, alors...

L’Opus Dei vit une inhabituelle mise en lumière depuis quelques années, grâce à Jean-Paul II et à Dan Brown. JP2, proche de la pensée d’Escriva de Balaguer, l’a béatifié, puis il a élevé l’Œuvre au rang de « prélature personnelle » (en gros ça veut dire que c’est un truc hyper important) et a choisi un prêtre espagnol Opusien comme Dir Com. (Ben 16, qui raffole de la messe en latin dos tourné aux fidèles, doit lui aussi être très proche de cette phalange). Dan Brown, de son côté, a mis en avant l’Opus Dei dans son Da Vinci Code, ce qui a permis à l’Œuvre de se faire un joli coup de pub en démontant facilement toutes les caricatures de Brown sur leurs coutumes baroques.

Même si les choses sont moins grandguignolesques que ne les décrit Dan Brown, il n’en demeure pas moins que les membres de l’Opus sont bien soumis à une discipline stricte (messe biquotidienne, rituels d’auto-flagellation, etc.) et à une loyauté absolue aux principes édictés par Escriva de Balaguer (chaque membre dispose, par exemple, d’un directeur de conscience qui le « conseille » sur son quotidien et sur sa démarche spirituelle).

Bref, l’Opus est une organisation parallèle à l’Eglise catholique et romaine, qui obéit en premier lieu à ses propres lois et qui diffuse, à travers le monde, une vision étriquée, conservatrice et extrémiste des Evangiles.

Les cas d’églises « de quartier » confiées à des prêtres de l’Opus Dei sont très exceptionnels. Il est préoccupant de voir que Toulouse, ville rose (dans tous les sens du terme), terre cathare et multiconfessionnelle, soit aujourd’hui infiltrée jusque dans ses églises par ces croisés de la pensée traditionaliste. Ce n’est peut-être pas un hasard…


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