La FEMME : Victime du Patriarcat de la Bible ?

par JPCiron
vendredi 27 novembre 2020

 

Même les cultures associées aux religions du Livre ont beaucoup de mal à sortir la femme de sa place « de second plan » !

Cette place est-elle ''naturelle'' ? Il semble bien que non :

L'ouvrage récent (1) de Heide Goettner-Abendroth sur les sociétés matriarcales prouve qu' AILLEURS, on peut penser et vivre autrement.

Et l’Égypte Ancienne a montré qu' AUTREFOIS, on pouvait se passer du joug patriarcal.

Cependant, AUJOURD'HUI, un Occident sûr de lui et actif à vouloir faire ''progresser'' les très nombreux peuples ''attardés'' du monde, traîne néanmoins cette archaïque casserole patriarcale dans sa besace culturelle.

L'objet de l'Article est d'essayer de cerner l'origine probable du patriarcat, tout en le replaçant dans le cadre du processus finalement pas si simple d'invention du monothéisme abrahamique.

Street Art – Audincourt/ Franche Comté – France (Photo JPCiron)

 

En effet, le sujet du Patriarcat est lié à des aspects importants qui, dès les origines, lui sont intimement associés : certains aspects apparaissent en contraste (Égypte) (Reine du Ciel) tandis que d'autres ont contribué à son émergence ou à son déploiement (éléments Historiques) (Projet Politico-Religieux 'du roi Josias').

 

Voici le Plan de l'Article :

> PRÉAMBULE

> LA FEMME DANS L' ÉGYPTE ANTIQUE

> LA REINE DU CIEL

> LA PRISE DE POUVOIR DU CLERGÉ MASCULIN

> LE PROBLÈME ET LA SOLUTION GÉNIALE DU ROI JOSIAS

> YAHVÉ PREND LE POUVOIR

> L'ORIGINE DU PATRIARCAT DE LA BIBLE

> ET MAINTENANT, COMMENT SE DÉPÊTRER DU BOULET PATRIARCAL ?

 

 

>>> PRÉAMBULE

 

Les raisons qui ont contribué à l'image ''de second plan'' de la femme sont sans doute multiples. Dans cet Article, j'aborde le seul aspect patriarcal, qui est un sujet à lui seul.

Signalons que l'ethnologue Maurice GODELIER, qui s'appuie j'imagine à la base sur le dimorphisme sexuel (stature/ morphologie) de l'espèce, avance une autre angle d'analyse peut-être complémentaire. (8)

 

> L'esprit Patriarcal est pesant, surtout pour les femmes :

Dans ce système, les liens de parenté sont fondés sur la patrilinéarité (filiation masculine) et sur le patriarcat (pouvoir masculin). (Deut. 6) Ainsi, « Né de la Vierge Marie, Jésus est dit engendré du Père par l'Esprit saint. Cela signifie qu'il n'existe finalement que du Père et que par le Père, grâce à l'Esprit saint, qui paraîtra du reste animer toute sa vie terrestre. » (2)

Les Soeurs nous expliquent qu' «  Une société patriarcale est une société où les hommes détenaient l’autorité principale… où les femmes sont là pour leur assurer une descendance.  » (12) Mais « Certaines femmes, grâce aux mouvements des femmes, ont pris une conscience aiguë de ce vaste mépris des femmes culturellement entretenu (…)  »

La Bible a toujours été associée au Patriarcat. Plutôt que de mettre l'ouvrage au rancart, des femmes soutiennent qu'il faut plutôt le lire autrement. Ainsi, des théologiennes militent pour une lecture féministe de la Bible.

Déjà, en 1898, la ''suffragette'' Elizabeth Cady Stanton avait oeuvré en vue de la publication de son ouvrage The Women’s Bible.

 

De nos jours, une nouvelle initiative a mis ensemble un groupe de théologiennes francophones venant d'un peu partout dans le monde ; moitié protestantes, moitié catholiques :

«  Le féminisme soulève des questions liées à l’égalité, à la libération, à la justice ou à l’altérité, autant de valeurs mises en exergue par les récits bibliques. Notre travail est de mettre en avant cette lecture féministe. » (6) Elle oeuvrent ainsi à replacer les textes dans leurs contextes et leurs portées, et « scrutent des errances de la tradition chrétienne, des occultations, des traductions tendancieuses, des interprétations partiales, des relents du patriarcat qui ont pu mener à nombre de restrictions, voire d'interdits pour les femmes. »

 

Les Musulmanes ne sont pas en reste sur le sujet du patriarcat :

http://www.lemondedesreligions.fr/mensuel/2015/71/le-coran-au-feminin-les-hommes-font-une-lecture-sexiste-du-coran-06-05-2015-4678_215.php

 

 

> Les religions du Livre se fragmentent sans se séparer de l'esprit patriarcal.

Les Textes bibliques eux-mêmes (A.T. et N.T.) n'ont guère changé depuis 2000 ans. Pourtant, au fil du temps, ils ont donné naissance à une vingtaine de branches/ courants principaux (outre ceux éteints). Quelques schémas synthétiques sont proposés en (5). Chaque branche/ courant se subdivisant lui-même en une foule de sous-ensembles, chacun avec ses propres interprétations plus ou moins souples/ rigides des Texte. Sans toucher aux fondamentaux.

 

Évolution des Branches du Christianisme -

Author : Spirodon lon Cepleanu/ Whidou – CC Attribution-Share Alike 4.0 International. https://fr.wikipedia.org/wiki/Branches_du_christianisme#/media/Fichier :%C3%89volution_du_Christianisme.svg

 

La séparation conceptuelle du Spirituel et du Temporel ne change rien à l'affaire, comme l'a souligné Alexis de Tocqueville = tendance à l'harmonisation de la société politique avec la cité divine (aux USA... et ailleurs). (3)

 

Pour un Groupe minoritaire, les interdits de différentes sortes peuvent permettre de se ''cloisonner'', de protéger les spécificités, et ainsi d'éviter la dilution dans d'autres cultures/ groupes. L' Ancien Testament en est un exemple éclatant : les mécanismes sont décrits en (4).

 

 

> Les Patriarches sont des constructions légendaires.

On a vu plus haut que le Patriarcat est une forme d'organisation sociale. Rien à voir donc avec les Patriarches, dont nous parle le Théologien Thomas RÖMER (15) :

« (…) on ne peut guère dater les textes les plus anciens du pentateuque avant le VIII voire le VII siècle. » Et les modifications et ajouts se poursuivant jusqu'au III s.

«  (…) l'idée d'une certaine concordance entre la représentation biblique des origines d'Israël et la reconstruction historique des siècles précédant l'époque de la monarchie israélite (...) doit être abandonnée. » Cette idée ne se retrouve que « dans quelques publications destinées ''au grand public''. »

« Il est cependant clair aujourd'hui que c'est durant l'époque Perse que le Pentateuque est publié dans le dessein de donner un fondement théologique au judaïsme naissant. (…) Il s'agit de proposer à une communauté en crise des visions de ses origines afin de l'orienter dans le présent. (…) En conclusion, il faut partir de l'idée que les Patriarches sont des figures légendaires qui échappent à l'historien.  »

Le Projet politico-religieux dans lequel s'inscrit le récit mythique des patriarches reporté dans la Bible est étudié dans cet Article : https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/etonnant/article/l-enigme-des-hebreux-d-ou-viennent-225205

 

> Peut-être le Patriarcat serait-il indissociable de l'invention du monothéisme ? Vérifions cette hypothèse avec la Civilisation Égyptienne :

 

 

>>> LA FEMME DANS L'ÉGYPTE ANTIQUE

 

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Mise en perspective :

 

L'apparition du Zoroastrisme  : vers 1700 av. JC (Gathas)

La divinité unique est uniquement spirituelle, et considère les humains des deux sexes sur un pied d'égalité. L'accès au paradis et à la vie éternelle se fait par le passage post-mortem sur le ''pont trieur'' vers l'Au-delà. https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/extraits-d-ouvrages/article/les-gathas-le-livre-sublime-de-225521

 

Vers 1340 av JC, le roi Akhenaton lancera le monothéisme absolu dans lequel tous les attributs de tous les anciens dieux sont concentrés en Dieu, symbolisé par le Disque Solaire. Dieu a donc façonné tous les êtres et il s'occupe d'eux avec la même tendresse qu'une mère. En outre Son Amour est universel et n'est pas limité au Royaume d’Égypte. Le respect de la loi sociale ''de Maât'' permet -ou non- d'accéder post-mortem à la vie éternelle dans l'Au-delà.

 

La transition du Polythéisme/ Monolâtrie Israélite au Monothéisme Juif : vers VI – III s. av. JC - La divinité unique absorbe les attributs des divinités antérieures. Le concept d'Au-delà et l'introduction du concept de jugement est intégré vers le 1er s. de notre ère. https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/l-arbre-de-vie-son-extra-ordinaire-214692

…..................

 

Dans l’Égypte Antique, la femme « était l’égale de l’homme : elle pouvait faire des études, hériter, léguer, divorcer, intenter un procès pour récupérer les biens du ménage et le gagner. Cela ne l’empêchait pas de se remarier. » (9)

Ainsi, des femmes médecins sont documentées dès 2500 avant JC. Elles dirigent des entreprises, sont scribes, mathématiciennes, architectes, physiciennes, ont accès à de hauts postes religieux et administratifs.

 

Le 'potier' Khnoum ayant façonné l'humanité selon l'un ou l'autre sexe, il convenait pour chacun d'accepter son état féminin ou masculin, également respectables. Être mère, ou maîtresse de maison n'était pas considéré une activité subalterne, contrairement à d'autres cultures.

On notera que les pharaons ont plus souvent été des hommes. Mais elles ont pris les rênes dans les périodes difficiles : Reines Meret-Neith vers 2900 avant JC ; Néférousobek vers -1800 ; Hatchepsout -1480 ; Taousert vers -1188 ; et bien sûr Cléopâtre.

 

 

Cette égalité n'était pas le résultat d'une dure lutte féministe : c'était la Loi divine. Une Loi divine particulière, en ce sens qu'il s'agit en fait d'une Loi sociale immuable depuis les premières dynasties. Les dieux du polythéisme changeaient au gré du temps, mais la Loi de Maât restait. La vie sociale restera régie par les principes de la Loi de Maât, que la religion soit polythéiste ou monothéiste.

 

En effet, l'accès à la vie éternelle dans l'Au-delà était subordonné au jugement post mortem durant lequel était pesée la conscience (= le cœur) du défunt. Un cœur léger comme une plume témoignait du respect de la Loi de Maât durant sa vie. (voir Article sur l'Au-delà = https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/l-au-dela-et-la-cosmologie-de-nos-218440 )

 

La « loi de Maât » est composée d'une liste de 42 Idéaux et de 77 Commandements. Elle est résumée par les termes Justice, Vérité, Dignité, Respect, Humilité, …). Ces idéaux et commandements regardent les attitudes des humains vis-à-vis d'eux-mêmes, envers les autres, envers le vivant, envers l'environnement et envers les dieux : http://www.lesamisdhermes.com/2019/03/les-ideaux-et-les-lois-de-maat.html

 

La Loi de Maât ne laisse donc pas à la femme une position autre que celle de l'égalité.

 

Et la chose est notable à deux titres : la première est que le passage au monothéisme ne peut à lui seul être la cause d'une situation dégradée des femmes. La seconde est que la Civilisation Égyptienne, qui a fonctionné ainsi durant plus d'un millénaire avant la rédaction du Pentateuque, était donc déjà, et depuis longtemps, une Civilisation avancée, aussi du point de vue de la situation des femmes.

 

En Annexe 1 est proposé un bref portrait du parcours dieu Amon, qui a en fait ''préparé'' l'émergence du monothéisme d' Aton.

 

La Déesse Inanna debout sur un lion (2350 – 2150 av. JC) – Dame du Ciel - Source : Uploaded a work by Sailko from [extracted from|File:Periodo accadico, sigillo in calcare nero con ishtar con piede su schiena di leone e una devota, 2350-2150 ac ca.jpg] with UploadWizard – Creative Commons Attribution 3.0 Unported licence -

 

 

>>> LA REINE DU CIEL

 

> Les racines millénaires de la Reine du Ciel

Il y eut au fil des millénaires plusieurs ''Reine du Ciel'', qui sont en fait des déclinaisons de la Sumérienne Inanna-Dame du Ciel, apparue vers 3000 av JC. Son étoile est Vénus. Elle fut suivie de l'Akkadienne Ishtar, devenue Astarté dans tout le Moyen-Orient, et Ashéra en pays de Canaan. … puis Vénus, … puis Marie.

En Pays de Canaan, Ashéra est donc initialement la grande déesse, épouse du dieu Cananéen El qui créa les cieux et la terre (selon la Genèse). Quand plus tard Baal aura supplanté El dans le panthéon, il ''récupérera'' la déesse Ashéra comme parèdre... puis YHWH fera son apparition.

YHWH est une divinité venue de loin : du pays de Madian ou au-delà (Hijaz/ Actuelle Arabie). Au final, YHWH aura absorbé/ remplacé toutes les divinités en Juda/ Israël... Et avec l'introduction du monothéisme masculin, la déesse devait disparaître... En effet, Yahvé a aussi pris les attributs féminins d'Ashera, la Reine du Ciel.

 

> Ashera : une déesse populaire en Israël-Juda

Avant d'en arriver à sa disparition, il y eut une période de monolâtrie que la Bible ne dissimule pas. Durant ces quelques siècles (avant la mise en œuvre de la réforme de Josias) YHWH était le Seigneur du Ciel (baal shamen), et Ashéra était très probablement sa parèdre, la Reine du Ciel. Thomas Römer nous dit qu' « il ne fait aucun doute que Yahvé n’était pas un dieu célibataire dès l’origine. » (…) « Le culte de la Reine du Ciel et la vénération d'Ashéra étaient majoritairement pratiqués par les femmes. » (16 )

L 'archéologie montre que le culte de la Reine du Ciel était populaire en Juda aux VIII et VII s. av JC : la quantité de moules à gâteaux retrouvés, représentant Ashera, en témoignent (ref. Jérémie 7:18 et 44:19). Et des centaines de statuettes-piliers d'Ashera ont été retrouvées dans les maisons et les tombes. Notons que le terme ougaritique/ cananéen asheroth désigne les arbres sacrés ou poteaux sacrés.

En outre, «  l'importance des femmes dans le culte d'Ashera est attesté dans la notice de 2Rois 23:7, selon laquelle les femmes tissaient dans le temple de Jérusalem des robes pour Ashéra. » (17)

 

> Ashera, épouse de Yahvé

« Vers 800 avant l’ère vulgaire, le culte officiel de Yahweh comprenait celui de son épouse Ashéra. » Le culte d'Ashéra n'a décliné chez les Anciens Israélites qu'après l'introduction de nouvelles constructions théologiques par le roi Josias, vers l'an 600 avant JC. « Nos recherches montrent que le culte d’une déesse, épouse de Yahweh, était profondément enraciné en Israël et en Juda à l’époque préexilique. » D. N. FREEDMAN (14)

Les Mormons se considèrent Chrétiens et nous en parlent. Ainsi, Lehi, père de Néphi, quitta le Vieux Monde vers l'époque de la chute de Jérusalem (586 av. JC). Et les récits qu'il emporte comportent ceux dont nous parlent les Textes des Mormons, mais que les gens restés sur place ont oublié/ supprimé lors de la rédaction du Pentateuque. (28)

Dans la vision de Nephi (1 Néphi 11), Marie, Mère de Jésus était représentée par l’arbre de vie :« tout comme l'arbre porta son fruit, la vierge porta son enfant »

 

Margaret BARKER nous aide à comprendre : Après que l'Esprit du Seigneur ait fait voir à Néphi un arbre dont la «  beauté était bien au-delà de toute beauté  », Néphi demanda à l'Esprit de connaître l’interprétation de cette vision. L'Esprit du Seigneur lui fit alors voir une extrêmement belle vierge dans la ville de Nazareth. Puis un ange descendit et lui fit voir « une vierge d'une très grande beauté et plus belle que toutes les autres vierges » et lui dit «  la vierge que tu vois est, selon la chair, la mère du Fils de Dieu. » Puis l'ange lui fit voir « de nouveau la vierge portant un enfant dans les bras. »

En Néphi comprit alors l’interprétation sa vision : il s'agissait de la mère du Fils de Dieu représentée par l'Arbre de Vie.

C'était le moyen que l'ange utilisa pour répondre à la question initiale de Néphi sur l'arbre. (ref. Livre de Mormon 1Néphi 11) (19)

 

Les Mormons expliquent que, dans une ancienne religion Israélite, il y avait la croyance en une déesse mère divine, nommée Asherah, qui était représentée par l’arbre de vie. Le symbolisme de la vision de Néphi «  implique une continuité théologique entre l'arbre de vie, la Dame de Jérusalem, la Dame de Nazareth, et la Vierge Marie. Celles-ci sont toutes des réfractions d'Asherah. » (20)

 

La Déesse Ashéra est ici l'Arbre de Vie, posée sur un lion. ( VIII s av. JC) – Le lion était déjà un des attributs de la Déesse Inanna, 16 siècles plus tôt.

Capridés et Arbre Sacré (Jarre Peinte de Kuntillet Ajrud 1ère moitié du 8ème siècle avant JC) - Article Bibelwissenschaft « Göttin » (Déesse) par Christl M. MAIER – 2006 https://www.bibelwissenschaft.de/wibilex/das-bibellexikon/lexikon/sachwort/anzeigen/details/goettin/ch/8c94a7bcd0ce7b2ae50fafacdcb5e674/

 

 

>>> LA PRISE DE POUVOIR DU CLERGÉ MASCULIN

 

> La sombre vision 'prémonitoire' du Prophète Zacharie

Le Prophète Zacharie raconte sa vision (7a) : un récipient apparaît (l' épha). Une femme est assise dessus. L'ange précise : ''c'est leur l'iniquité dans tout le pays''(symbolisée par la femme). L' ange la pousse à l'intérieur de l'épha, et le ferme avec un couvercle de plomb. Puis le tout est déplacé par les airs jusqu'en Chaldée où il sera déposé à demeure dans sa ''maison'' bâtie spécialement pour le recevoir.

 

Cette vision énigmatique s'éclaire avec les mythes et traditions du monde Hittite (7) :

La loi Hittite prévoit que la rébellion d'un esclave contre son maître le condamne à être ''enterré'' vivant dans un récipient.

Le mythe du dieu Hittite Telepinu apporte un éclairage complémentaire  :

« Le gardien a ouvert les sept portes, a tiré les sept verrous. En bas, dans la Terre Noire se trouvent des chaudrons de bronze, leurs couvercles sont d'étain (...) Ce qui y pénètre n'en sort jamais plus : il y est détruit. Qu'ils reçoivent la rage, la colère, le péché, le courroux de Telepinu ! Qu'ils n'en sortent plus ! »

Note : d'autres mythes Hittites, parlant d'autres dieux/démons, introduisent des variantes : ici, les couvercles sont de plomb, là on n'enferme pas le péché mais le démon lui-même !

 

Mathias DELCOR nous éclaire par la Bible sur le point de l'usage de l'expression ''iniquité'' par les Israélites : à l'époque post-exilique, l'idolâtrie était considérée comme une forme virulente d'iniquité, de prostitution mentale.

Or, le culte des idoles d'Astarté/ Ashéra/ Anat (noms 'cananéens' de la déesse Ishtar, qui est elle-même le nom babylonien de la toute première : Inanna la Sumérienne) a eu beaucoup de mal à être extirpé de Palestine... opération cependant ''nécessaire'' en vue des 'travaux' de construction du monothéisme Israélite.

Dans la vision de Zacharie, la femme symbolise donc probablement la déesse Astarté/ Ashéra qui faisait l'objet d'une grande vénération populaire, et que l'on suppose avoir même été un temps la parèdre de YHWH. On lui colle les péchés des Israélites de Palestine (= l' iniquité idolâtre), on l'enferme dans l'épha, on l'expulse du pays (= purification du pays Ez. 36:25), et on la renvoie d'où elle venait, en Babylonie pour résider dans son temple-prison.

Ce qui fait problème, c'est bien le lourd symbolisme féminin ''attaché'' à l'épha.

 

 

> Le mécanisme d'absorption-élimination d' Ashera

Le chemin de Yahvé vers le monothéisme Israélite impliquait l'éviction-intégration de l'élément féminin, comme le montre Thomas Römer (17) :

Yahvé avait déjà ses titres/rôles masculins (Seigneur, Roi, Maître).

On devait intégrer le rôle féminin (aimer, nourrir) : « un dieu maternel qui enfante son peuple »

Apparaissent donc des écrits en ce sens : un Dieu paternel ET maternel :

« Sion disait : L'Éternel m'abandonne, Le Seigneur m'oublie ! - Une femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite ? N'a-telle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quant elle l'oublierait, Moi je ne t'oublierai point. » (Esaïe 49:14-15) « (…) N'est-il pas ton père, ton créateur ? (…). » (Deut. 32:6)

« L'Éternel s'avance comme un héros, Il excite son ardeur comme un homme de guerre ; Il élève la voix, il jette des cris, Il manifeste sa force contre ses ennemis. J'ai longtemps gardé le silence, je me suis tu, je me suis contenu ; Je crierai comme une femme en travail, Je serai haletant et je soufflerai tout à la fois. » (Esaïe 42 : 13-14)

Pour faire bonne mesure on fait aussi disparaître (en l' intégrant) sa parèdre Anat (Ougarit) puis Ashera (Canaan) représentées sous la forme traditionnelle d' un Arbre de Vie : « (…) Je serai pour lui comme un cyprès verdoyant. C'est de moi que tu recevras ton fruit. » (Osée 14 : 8)

 

Figurines en argile de la déesse Ashéra - Judée – Jérusalem - Beer-Sheva, Tel Erani (8th-6th BCE). By Chamberi - Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported licence - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Judaean_female_figurines_-_Israel_Museum,_Jerusalem.jpg

 

> Ashéra et la réforme du roi Josias.

« Après l’exil babylonien d’Israël et son retour sous Esdras, l’opposition à Ashera devint universelle dans le judaïsme. » Et après que Yahweh ait absorbé ses fonctions et épithètes, « Ashéra fut fondamentalement éliminée de l’histoire d’Israël et du judaïsme postérieur.  » (28)

La Bible pointe du doigt les ''mauvais rois'' qui vénèrent la déesse cananéenne Ashéra : vers 900 av. JC, ce fut le cas pour le roi Asa de Juda (1Rois 15:13), puis le roi Akhab de Samarie érigea une statue d'Ashéra, qui était encore en place vers 800 av. JC sous le roi Yoakhaz (2Rois 13:6). Vers 650 av. JC, le roi Manassé remplace une statue que son prédécesseur Ezékias aurait détruite (2Rois 21:7). Autant d’épisodes polémiques qui convainquent Thomas RÖMER que la déesse « a probablement été associée à Yahvé dans le temple de Jérusalem où une statue était placée, peut-être à côté de la sienne » (16)

En effet, vers 620 av. JC, la réforme du roi Josias et de ses prêtres (ou bien est-ce la réforme des prêtre et de leur roi ?) comprend l'interdiction du culte d'Ashera. Et Josias fait sortir de la Maison de l’Éternel l'idole d'Ashéra/ Astarté pour la brûler (2Rois 23:6).

La condamnation dans la Bible du culte de la ''Reine du Ciel'' témoigne en faveur de l'opinion exprimée par Thomas Römer qu'elle était effectivement associée au culte de YHWH, comme il transparaît d'ailleurs dans la Bible (Jérémie 44 : 15-30 et 7:18)

 

L'éviction par les prêtres de la déesse au VII s. av. JC a en pratique supprimé la religion que pratiquaient les femmes, pour imposer leur credo.

 

« Il y a clairement eu une prise de pouvoir d’un clergé masculin. Et cette réforme religieuse a eu des conséquences importantes et durables, puisque, s’il y a aussi peu de place pour les femmes dans les trois grandes religions monothéistes, encore aujourd’hui, c’est parce qu’on s’est débarrassé de la déesse à un moment donné. » (16)

 

 

>>> LE PROBLÈME ET LA SOLUTION GÉNIALE DU ROI JOSIAS

 

> Aux fondations : un solide fonds Cananéen

L'ossature de l'Ancien Testament est clairement Cananéenne : « Il est essentiel de considérer la religion biblique comme un sous-ensemble de la religion Israélite, et la religion Israélite comme un sous-ensemble de la religion Cananéenne. » (M. D . Coogan) (13)

C'est-à dire une religion fondamentalement polythéiste dominée par trois divinités principales : El, le Grand Dieu du panthéon, qui est respecté, mais reste en retrait. Ashera initialement épouse de El et mère de leurs 70 enfants divins. L'incontournable Baal est le plus actif : dieu de l'Orage, dieu de la pluie, chevaucheur des nuages, Éternel, seigneur du Ciel, seigneur de la terre. Il supplantera El dans le panthéon, et Ashera lui sera associée comme parèdre.

Yahvé n'a pas fait partie du panthéon Cananéen. (17) p. 51-54

« Les rédacteurs et compilateurs des textes de l'Ancien Testament ont entamé leurs activités scriptoriales en utilisant les matériaux empruntés ou hérités de ces cultures dans lesquelles ils baignent et sur lesquelles ils bâtissent une partie du socle culturel du futur Occident. » (18)

A. F. Paul LODS confirme l' « influence directe de la vieille littérature cananéenne sur celle que les Israélites commencèrent à se constituer (…) et qui allait, avec les prophètes du VIII e siècle, prendre une individualité encore plus marquée. » (4)

Ces ''individualités'' serviront un Projet Politique et comprendront nombre de récits inventés par lesdits prophètes et autres prêtres.

 

Kingdoms of Israel and Judah map 830.svg – Source/ Auteur : http://www.jewishvirtuallibrary.org/map-of-israel-and-judah-733-bce – Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported licence.

 

> Pourquoi ce Projet Politique fédérateur du roi Josias ?

Car il y avait péril en la demeure  ! la population d' Israël/ Samarie/ Juda avait drastiquement changé :

722 avant JC : La Samarie devient province Assyrienne. C'est-à-dire déportation des élites et artisans en Assyrie, enrôlement de l'armée vaincue dans l'armée assyrienne, ''déportations croisées'' des peuples : exil des habitants de Samarie, qui sont remplacés par des populations déportées d'autres contrées : principalement des tribus Arabes (ref. Archives Assyriennes).

597 av JC : Nabuchodonosor prend Jérusalem et déporte les élites (pas le peuple). Entre-temps, la pacification Assyrienne avait rouvert les routes commerciale de l'Arabie du Sud vers la méditerranée. Et la population de Juda était devenue majoritairement Arabe & Edomite (archéologie).

« Peut-être Juda lui-même fut-il à l'origine une de ces tribus arabes installées dans le sud et liées aux Madianites, Qénites et Edomites.  » Thomas RÖMER (17)

Et sans doute était-ce le bon moment pour poursuivre la mise en œuvre de l'idée géniale du roi Josias (640 - 609) : fédérer les populations disparates d'Israël/ Samarie/ Juda autours d'une vision et d'un Projet commun ; créer de toutes pièces un ''Peuple'' que la Bible dotera d'une Histoire, de Croyances, de mythes, de rites, et d'un mode de vie communs.

La ''découverte'' du Livre (Deutéronome ?) à Jérusalem faisait aussi partie du Plan de Josias : le texte 'découvert' dans le temple de Jérusalem y fixe donc le lieu que ''Yahvé choisira pour y placer son nom'', et le Livre nomme le pays promis au peuple saint.

Mais pourquoi ne pas avoir choisi le bon vieux BAAL comme dieu National, dans cette géniale idée fédératrice du roi Josias ?

Sans doute car YHWH était déjà installé en Juda... Et ailleurs aussi. En effet plusieurs YHWH étaient vénérés : « YHWH de Samarie », « YHWH de Teman », …

Voir à ce propos l'Article : ''La Bible masque les traits ''Arabes'' de YHWH'' - https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/etonnant/article/la-bible-masque-les-traits-arabes-227344

 

 

> L'énigme des Hébreux : comment sont-ils apparus ?

Il est intéressant de noter que c'est dans la Bible que le concept de « Peuple Hébreu » apparaît en premier. Le terme ''Hébreu'' est présenté dans la Bible comme étant le nom utilisé par plusieurs peuples pour désigner les Israélites. Cependant, ces peuples (Égyptiens, Philistins, …) n'utilisaient pas ce terme...

En fait, le ''Peuple Hébreu'' a été initialement conçu comme une ''création'' Politique visant à créer une cohésion sur un territoire entre populations aux croyances disparates. Ceci à travers un ''instrument'' Théologique ad hoc visant à homogénéiser les croyances et les modes de vie de certains groupes de populations hétéroclites/ cosmopolites, afin de les amener à participer à la mise en œuvre du Projet Politique fédérateur du Roi Josias (et de ses théologiens), sur un territoire. ( Détails : Article https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/etonnant/article/l-enigme-des-hebreux-d-ou-viennent-225205 )

 

 

>>> YAHVÉ PREND LE POUVOIR

 

> Yhwh : un dieu étranger, immigré/ importé

«  L'idée que le dieu YHWH a une origine non-israélite s'est assez vite imposée dans la recherche et (…) on a formulé différentes hypothèses sur sa provenance (…).  » (17)

Le livre de l' Exode raconte que le prêtre madianite Jethro offre le premier sacrifice à YHWH. A ce moment-là, Moïse n'avait pas encore reçu les dix commandements, et les règles pour les sacrifices n'avaient pas encore été données. En outre, le clergé Israélite n'était pas constitué. Mais le prêtre madianite Jethro savait le pratiquer !

Pour Thomas Römer, le sentiment qui ressort des différentes évocations de la Bible est a.) que la localisation précise de l'origine géographique de Yahvé est incertaine, et b.) qu'il est néanmoins vraisemblable que les textes gardent la mémoire ancienne d'un YHWH localisé au ''Sud''.

On pense alors à Edom, Madian, ou encore un peu plus au Sud où plusieurs volcans ont eu des éruptions à des périodes compatibles avec la persistance de certaines légendes (éruptions sur volcans aux noms lunaires) que l'on trouve encore au Hijaz d'Arabie Saoudite, chez les bédouins locaux.

…...............

 

La Bible mentionne d'ailleurs la présence d'un culte lunaire (2Rois 23:4-5). L'évocation du dieu lunaire Sin sur plusieurs monts/volcans au sud du pays de Madian/ Hijaz est troublante. (Le dieu Sumérien de la Lune était Su'en, devint plus tard le Sîn Akkadien)

En outre, la géologie du Mont Sinaï n'est pas compatible avec le volcanisme aux temps historiques & préhistoriques. Plusieurs sites sont proposés par les chercheurs, comme emplacement du ''vrai'' Sinaï. Dont le Hala-'l Badr (Hijaz).

A. F. Paul LODS, parmi d'autres auteurs, soutiennent que «  les traditions patriarcales israélites auraient pour fond historique l'expansion progressive en Asie occidentale d'une religion lunaire, à peu près monothéiste, issue d'Our.  » (21)

 

 

> Yhwh travesti en Baal ?

Baal est un Dieu de l' Agriculture et des eaux. C'était un dieu de l'orage et de la pluie, tonnant, Seigneur du Ciel, qui chevauchait les nuées. Il était alors déjà installé au Levant depuis des millénaires. https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/etonnant/article/la-bible-masque-les-traits-arabes-227344

Yahvé est un Dieu des steppes arides. C'était un dieu volcanique, éruptif. La Bible l'habille de traits similaires à ceux de Baal : Seigneur du Ciel, faisant tomber la pluie, Éternel dont le char de feu chevauchait les nuages.

« Le Psaume 29, qui vient du Nord et qui a ensuite reçu une révision sudiste, décrit clairement Yhwh comme un dieu de l'orage qui dompte les eaux comme le Baal d'Ougarit » (17)

Il est vrai qu'il a fallu bien du temps aux prophètes pour admettre que les fruits puissent venir de Yahvé, et non de Baal comme on le croyait depuis des millénaires au Levant.

 

 

> Yahvé : un dieu des steppes arides ''greffé'' en terre agricole (celle de Baal) pour bientôt dominer le porte-greffe.

Comme pour Ashera, le Grand Baal est la cible à abattre... tandis qu'en parallèle, comme on vient de le voir, les attributs prêtés à Yahvé ressemblent terriblement à ceux de Baal.

Il est notable que, dans la Bible, les traits ''volcaniques'' de Yahvé ne sont pas gommés. Ainsi, ceux qui connaissent déjà Yahvé le reconnaîtront. (je pense aux populations ''Arabes/ Edomites'' de Juda). Mais la présence de traits évoquant ceux de Baal permettent à ceux qui suivaient Baal (je pense plutôt là aux gens du Nord) d'adopter cet ersatz objet d'une grande promotion.

Les textes évoquant le combat entre Baal et Yahvé (à travers leurs ''représentants'' terrestres) aideront les hésitants à franchir le pas. Car bien sûr, avec l'aide de Dieu, le clan de Yahvé sort vainqueur avec éclat !

Ces ''combats'' sont décrits dans la Bible :

En 2Rois, l'histoire commence par « convoquez auprès de moi tous les prophètes de Baal, tous ses serviteurs et tous ses prêtres, sans qu'il en manque un seul ...  » et se termine par « Jéhu extermina Baal du milieu d'Israël  » (2Rois 10 : 19 – 28)

En 1Rois Elie est à l'action : « Fais maintenant rassembler tout Israël auprès de moi, à la montagne du Carmel, et aussi les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes d'Astarté.. » (…) « Et le feu de l'Éternel tomba, et il consuma l'holocauste, le bois, les pierres et la terre, et il absorba l'eau qui était dans le fossé. Quand tout le peuple vit cela, ils tombèrent sur leur visage et dirent : C'est l'Éternel qui est Dieu ! C'est l'Éternel qui est Dieu ! Saisissez les prophètes de Baal, leur dit Élie ; qu'aucun d'eux n'échappe ! Et ils les saisirent. Élie les fit descendre au torrent de Kison, où il les égorgea. » (1Rois 18 : 19 – 40)

 

Vierge et enfant - Cathédrale de Monreale – Sicile/ italie (photo JPCiron)

 

 

>>> L'ORIGINE DU PATRIARCAT DE LA BIBLE

 

A la lecture du texte de la stèle de Mesha (22) j'ai le sentiment que la relation entre le dieu Kemoch et Mesha, roi de Moab, est similaire (aussi dans le phrasé) à celle qu'exprimait Yahvé parlant aux siens. De cette observation, je suppose que plusieurs populations vivant dans des conditions similaires, aux franges du désert, ont pu ''s'inventer'' des dieux similaires. Je note que Yahvé et Kemoch sont tous deux originaires de contrées situées au sud de Canaan, aux franges du désert : comme le sont Moab, Edom, Madian, Hijaz, ...

 

L'alliance avec Yahvé se fait donc entre le ''peuple'' et un dieu ''étranger'' qui, de surcroît, est pris en-dehors du panthéon traditionnel du Pays de Canaan ! Et sans avoir initialement rejeté ledit panthéon.

Très inhabituel et à priori incompréhensible.

 

A-t-on trouvé la clef de voûte du Patriarcat ? : « Ce thème de l’alliance entre Dieu et son peuple, développé dans la Bible, est un phénomène unique : nulle part ailleurs la relation entre une divinité et un peuple n’a été formulée de cette manière. Il faut essayer de savoir pourquoi et comment. » Dominique CHARPIN (23)

 

Christophe LEMARDELÉ s'est attelé à la tâche. Il note que «  les chercheurs qui tentent d’identifier l’origine du dieu biblique et d’en fixer la fonction principale ne se penchent guère sur un aspect pourtant prégnant dans les textes : ce dieu véhicule une idéologie patriarcale. Certes, la mythologie syro-mésopotamienne n’est pas véritablement féministe, (…) mais les textes bibliques font voir une vision peu commune du rapport entre les sexes. » (...)

 

« En raison de l’asymétrie dans les relations qu’elles expriment [dans la Bible], les métaphores père/fils et époux/épouse soulignent, l’une et l’autre, l’autorité et l’amour de Yahvé. » Le Deutéronome utilise « les métaphores familiales indiquant à la fois la proximité avec ce dieu et une hiérarchie despotique. » Hiérarchie familiale despotique qui s'applique aussi à son peuple, car « Yhwh est l’époux du peuple... »

 

Cet ancrage-là « ne peut provenir que de structures sociales dans lesquelles peu d’autonomie est accordée aux fils et, surtout, aux femmes. Il est évident que le monde proche-oriental ancien était déjà plutôt patriarcal, (…) fruit d’une évolution touchant la Mésopotamie et laissant à l’écart l’Égypte des pharaons. » (24)

 

Le monothéisme intransigeant de Yahvé est avant tout l'expression d'une religion de fidélité, de soumission et d' obéissance strictes. De nos jours, nous avons plusieurs ''ismes'' qui évoquent ces caractéristiques, dans plusieurs religions du Livre.

 

Les descriptions par le texte de la puissance de Yahvé reflètent une intransigeance absolue : « Celui qui offre des sacrifices à d'autres dieux qu'à l'Éternel seul sera voué à l'extermination. » (Exode 22:20) D'autres textes de la Bible punissent de mort quiconque évoquerait l'hypothèse même de suivre un autre dieu. (Deutéronome 13)

 

D'où donc peut provenir ce despotisme patriarcal violent  ? Par la génération spontanée ? Ou bien, comme on vient de le dire, y a-t-il un ancrage socio-historique  ?

 

Dans le cas du Patriarcat violent et virulent qui nous intéresse, je suis de l'idée que les sociétés anciennes qui se sont dotées de telles règles de vie rigides et extrêmes l'ont fait car cela était adapté à leur mode de vie ''de guerre'' (avec les tribus voisines) et ''de survie'' (dans un environnement de steppes arides).

Ainsi, ces sociétés ont projeté le mode de vie de leur monde sur le monde surnaturel. C'est un processus très humain.

 

Les migrations de populations édomites et arabes en Juda, après la ''pacification'' assyrienne (migrations allant jusqu'à former la majorité de la population de Juda), sont arrivées avec leurs croyances attachées à Yahvé. (4a.) Et le Projet ''du roi Josias'' mis en œuvre après lui devait intégrer cette réalité : d'un problème (diversité des cultures & traditions sur le territoire Israël-Juda), la vision du roi a su relier des fils disparates pour tisser un nouveau ''package'' de croyances visant à créer l'unité d'un nouveau peuple : le peuple Hébreu. (4b.)

 

 

>>> ET MAINTENANT, COMMENT SE DÉPÊTRER DU BOULET PATRIARCAL ?

 

Peut-être l'Occident ne pourra-t-il jamais se défaire de cette tare, qui ne disparaîtrait alors qu'avec lui. D'autant plus qu'il n'a pas hérité que de celle-là. (29)

 

Cependant, la conviction de Amin MAALOUF, de l'Académie Française, illustre bien le fait que religions et peuples constituent des Systèmes à variables inter-dépendantes  : « Ma conviction profonde, c’est que l’on accorde trop de poids à l’influence des religions sur les peuples, et pas assez à l’influence des peuples sur les religions. » cité par (25)

Dans ce genre de Système, les relations de causalité ne sont pas nécessairement celles que l'on peut ressentir. Et elles ne sont pas à sens unique.

 

Si on le suit sur ce terrain, cela signifierait qu'il ne faut plus subir mais agir. Les minorités agissantes prennent facilement le pouvoir !

Les majorités silencieuses devraient alors se bouger le col.

 

 

> La Tradition créa un imaginaire biaisé, dès les fondations.

L'architecture des premiers pas du Deutéronome a été développée par nombre d'esprits brillants, étalés sur plusieurs siècles.

Et ils se sont donnés du mal !

Car la rencontre-fusion de l'étranger Yahvé et du panthéon de Baal correspond à ce que les érudits appellent « une représentation religieuse exogène avec ses caractéristiques de culte exclusif, confrontée à un milieu ouest sémitique endogène polythéiste. » Représentations antagonistes que l'on mariera néanmoins grâce à des artifices :

En effet, «  Le grand récit biblique des origines de l’Exode narre la migration d’un peuple, mais le récit qui se lit en négatif est inverse, il s’agit en fait de la « migration » d’un dieu : l’histoire contée est celle d’un peuple allochtone pour un dieu autochtone alors qu’il s’agit précisément du contraire : un dieu allochtone pour un peuple autochtone. » Christophe LEMARDELÉ (24)

 

L'architecture religieuse de la Bible n'est-elle donc pas construite et assemblée par étages sur des fondations mensongères ?

L’Éternel a pourtant dit que : « vous n'userez ni de mensonge ni de tromperie les uns envers les autres. » (Levitique 19:11)

 

La vérité exige de recevoir les doléances des Soeurs et des Théologiennes mentionnées en préambule. Mais leur action respectable reste à la marge, inaudible.

 

Si le cadre est injuste et mensonger, c'est le cadre qui doit être réformé et rénové. Les Catholiques y seront parvenus quand ils éliront la première pape noire... On a le temps...

 

 

> Sans doute faut-il ouvrir de nouveaux chemins...

Ouvrir de nouveaux chemins à côté des chemins millénaires qui ont cristallisés dans les textes une mentalité incompatible avec un monde civilisé moderne.

Pourtant, les Égyptiens Anciens l'ont bien fait, voici 4.000 ans !

Car seul le Spirituel guidera le Temporel sur le temps long. Alexis de TOCQUEVILLE ne s'y était pas trompé : «  A côté de chaque religion se trouve une opinion politique qui, par affinité, lui est jointe. Laissez l'esprit humain suivre sa tendance, et il réglera d'une manière uniforme la société politique et la société divine ; il cherchera, si j'ose dire, à harmoniser la terre avec le ciel. » (26)

L'humilité nous aidera peut-être à sortir de l'ornière.

« Dès lors que la civilisation de type occidental ne trouve plus dans son fonds de quoi se régénérer et prendre un nouvel essor, peut-être peut-elle apprendre quelque chose sur l'homme en général, et sur elle-même en particulier, dans ces sociétés humbles et longtemps méprisées qui, jusqu'à une époque relativement récente, avaient échappé à son influence ?  » Claude LÉVI-STRAUSS (27)

 

JPCiron

nov. 2020

 

Buste de Néfertiti (1352 – 1332 av. JC) dans Neues Museum de Berlin (Allemagne) – Source/ Author : Nofrete Neues Museum Xenon 77 Smalljim – CC Attribution-Share Alike 3.0 Unported licence - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Nofretete_Neues_Museum-edit.jpg

 

 :: :: :: :: :: ANNEXE 1 :: :: :: :: ::

 

>> L'AVÈNEMENT DU MONOTHÉISME D'AKHENATON

 

En bref : avec le monothéisme d'Akhenaton, les attributs des divinités féminines (comme pour les autres) seront agrégées dans une divinité unique symbolisée par un Disque Solaire. La vie sociale restera régie par les principes de la Loi de Maât (Justice, Vérité, Équité), que la religion soit polythéiste ou monothéiste. L'introduction du monothéisme n’implique aucun changement pour les femmes.

 

 

> AMON prépare la voie du monothéisme

 

La première mention que nous ayons d'Amon figure sur un monument thébain du temps de Pépi 1er (vers 2500 av. JC). A l'époque, il était encore le dieu d'une petite bourgade de Haute Égypte. Puis, le vizir Amménémès 1er (vers 2000 av. JC) devient roi, et son dieu Amon est élevé à la dignité dynastique.

 

Amon sera progressivement doté des attributs auparavant attribués à des dieux différents. Par exemple, par la fusion d' Amon avec Min (Dieu ithyphallique Africain de la fertilité), Amon devient aussi le dieu qui féconde la terre.

A la fin du processus, Amon « a remplacé tous les autres dieux dans la création du monde. Il est devenu le démiurge par excellence, l'auteur de toute la création. » Bientôt, « Il n'a pas d'autres dieux auprès de lui aux origines et ceux qui furent après lui, c'est lui qui les a créés. » (10) :

 

Hymnes à Amon, conservés au Caire et à Leyde :

 

« Tu es l'unique qui a créé tout ce qui est,

Unique demeurant dans son unité, qui crée les êtres (…)

Hommage à toi, créateur de tout cela,

Un qui demeure unique, aux mains nombreuses,

Père des Pères de tous les dieux. »

 

« Seigneur de Maât, Père des dieux,

Qui a fait l'homme et créé les animaux. »

 

 

« On peut admettre, en tout cas, sur preuves, que l’Égypte antique avait conçu très précisément l'unité absolue du divin mais que, fidèle à son habitude de ne renoncer à aucune des conceptions religieuses qui, élaborées antérieurement, avaient reçu de cette consécration une valeur sainte, elle a fait effort durant des siècles pour faire cadrer des exigences intellectuelles profondes et impérieuses avec le legs, à la fois lourd et sacré, du plus lointain passé.  » (...)

 

« Il est un cas pourtant où elle a tenté, au moins une fois, de se débarrasser de la multitude de représentations encombrantes qui finissent par voiler la réalité plutôt que la traduire. Cela se passa à la fin de la période la plus brillante de l'histoire égyptienne, au début du XIV ième siècle avant notre ère. » François DAUMAS (10) p. 317

 

 

> ATON, Dieu explicitement monothéiste.

 

La transition du polythéisme d' Amon vers le monothéisme d'Aton (Dieu Créateur unique) a été amorcée vers 1400 av. JC, quelques années avant Akhenaton (v. 1340 av. JC).

En effet, les frères jumeaux Souti et Hor (Architectes d'Amon sous Aménophis III) ont rédigé deux hymnes dans lesquels le Soleil est glorifié dans sa réalité physique mais aussi en tant que 'personne'. Et l'hymne lui fait absorber ''les dieux célestes'' : Khépri le scarabée, Horus le faucon, Amon le dieu de l'air, et Khnoum le potier. (11) Mini extrait des hymnes :

 

« Salut à toi, Disque du jour, (…)

Qui vint à l’existence de lui-même, sans avoir été engendré (…)

Mère magnifique des dieux et des hommes. (…)

Berger fort, qui conduit son troupeau, (…) » (10) p. 315

 

Les hymnes expriment « (...) l'idée que le soleil ne fait point de distinction entre ses créatures, et que sa primauté est reconnue partout. Cette idée (...) pouvait devenir l'amorce d'une religion universelle ou, si l'on préfère, universaliste ; on sait avec quel empressement Akhenaton s'y attacha. » Jean SAINTE-FARE GARNOT (11)

 

Vers 1340, donc, Akhénaton lancera le monothéisme absolu dans lequel tous les attributs de tous les anciens dieux sont concentrés en Dieu, symbolisé par le Disque Solaire.

Dieu a donc façonné toutes les choses et tous les êtres et il s'occupe d'eux avec la même tendresse qu'une mère. En outre Son Amour est universel et n'est pas limité au Royaume d’Égypte.

 

C'est sans doute l'intransigeance hostile du clergé d'Amon qui fit échouer cet intéressant monothéisme. En effet, les Principes de la Loi de Maât sont généraux. Le respect de ces principes durant sa vie terrestre permet, après jugement, d'accéder à l'immortalité de l'âme. Que l'on soit homme ou femme. Qu'il y ait un ou plusieurs dieux.

 

 

 :: :: :: :: :: NOTES :: :: :: :: ::

 

.. (1) – Ouvrage « Les sociétés matriarcales – Recherches sur les cultures autochtones à travers le monde  » par Heide GOETTNER-ABENDROTH – éditions Des Femmes Antoinette Fouque - 2019

 

.. (2) - Article « Qui est l' Esprit de Dieu  ? » par Mgr Joseph DORÉ théologien et archevêque-émérite de Strasbourg – La Croix croire – Avril 2016 - https://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Esprit-saint/Qui-est-l-Esprit-de-Dieu

 

.. (3) – Ouvrage « De la Démocratie en Amérique » par Alexis de Tocqueville (1835) – Gallimard - 1986

« A côté de chaque religion se trouve une opinion politique qui, par affinité, lui est jointe. Laissez l'esprit humain suivre sa tendance, et il réglera d'une manière uniforme la société politique et la cité divine ; il cherchera, si j'ose dire, à harmoniser la terre avec le ciel. » p. 426

« L'idée des droits n'est autre chose que l'idée de la vertu introduite dans le monde politique. » p. 357
 

.. (4a.) – Article «  La Bible masque les traits ''Arabes'' de YHWH  » - https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/etonnant/article/la-bible-masque-les-traits-arabes-227344

 

.. (4b.) - Article « L' ÉNIGME des HÉBREUX : … comment sont-ils apparus ? …  » https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/etonnant/article/l-enigme-des-hebreux-d-ou-viennent-225205

 

.. (5) – Schémas illustrant les Branches/ Courants des Religions du Livre - Schéma synthétique au bas de ce lien : ( http://www.histoireinform.com/Judaisme/Judaisme.htm )

Chaque courant/ branche pouvant se subdiviser en une foultitude de sous-ensembles : ( https://www.museeprotestant.org/notice/les-branches-du-christianisme/ )

 

.. (6) – Ouvrage « Une bible des femmes  » par Elisabeth Parmentier, Pierrette Daviau et Lauriane Savoy - Editions Labor et Fides, 288 pages – 2018 -

https://bookshome.club/books-fr-2019-319224#spread011120

Article LeTemps : https://www.letemps.ch/societe/bible-un-potentiel-feministe

Article Madame Figaro  : madame.lefigaro.fr/societe/la-bible-des-femmes-lecture-feministe-des-textes-sacres-par-theologiennes-271118-162300

 

..... (7) – Article « La vision de la femme dans l'épha de Zach., 5, 5-11 à la lumière de la littérature hittite.  » par Mathias DELCOR - In : Revue de l'histoire des religions, tome 187, n°2, 1975. pp. 137-145 ; doi : https://doi.org/10.3406/rhr.1975.6043 - https://www.persee.fr/doc/rhr_0035-1423_1975_num_187_2_6043

 

(7a) - L' ÉPHA : Vision Prophète Zacharie (Zacharie 5 : 5-11) :

« L'ange qui parlait avec moi s'avança, et il me dit : Lève les yeux, et regarde ce qui sort là.

Je répondis : Qu'est-ce ? Et il dit : C'est l'épha qui sort. Il ajouta : C'est leur iniquité dans tout le pays.

Et voici, une masse de plomb s'éleva, et il y avait une femme assise au milieu de l'épha.

Il dit : C'est l'iniquité. Et il la repoussa dans l'épha, et il jeta sur l'ouverture la masse de plomb.

Je levai les yeux et je regardai, et voici, deux femmes parurent. Le vent soufflait dans leurs ailes ; elles avaient des ailes comme celles de la cigogne. Elles enlevèrent l'épha entre la terre et le ciel.

Je dis à l'ange qui parlait avec moi : Où emportent-elles l'épha ?

Il me répondit : Elles vont lui bâtir une maison dans le pays de Schinear ; et quand elle sera prête, il sera déposé là dans son lieu. »

(note : pays de Schinear : Sud Mésopotamie)

 

.. (8) – Ouvrage « Lévi-Strauss » par Maurice GODELIER – Seuil – 2013

Toutes les formes de souveraineté sur un territoire, sur ses ressources et ses habitants « mettent en œuvre ce que l'on appelle abstraitement des rapports politicaux-religieux. Avant l'époque des Lumières en Europe, nulle part on n'avait pu gouverner une société sans invoquer l'aide de Dieu ou du Ciel. Et nulle part on n'avait pu gouverner sans faire usage de violence armée ou sans menacer d'en faire usage. Or les armes utilisées pour la chasse comme pour la guerre ont toujours été le monopole des hommes. C'est dans cette direction qu'il faut chercher les fondements de la domination quasi universelle des hommes sur les femmes. »

 

.. (9) - Article « Les femmes au temps des pharaons  » par Antoine FLANDRIN – 2016 (sur ouvrage Le Monde/Altaya ''Egyptomania'' vol. 8 : « La femme dans la société égyptienne » - ed. Altaya/ Le Monde)

https://www.lemonde.fr/decryptages/article/2016/03/04/les-femmes-au-temps-des-pharaons_4876596_1668393.html 
Et plus d'infos sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_des_femmes_dans_l%27%C3%89gypte_antique

.. (10) - Ouvrage «  La Civilisation de Égypte Pharaonique  » par François DAUMAS – Arthaud – 1965

Traductions de Gustave LEFEBVRE – Égyptologue et Helléniste (1879 – 1857) – Conservateur du Musée du Caire 1919 – 1928 – Directeur d’Études à La Sorbonne.

 

.. (11) – Article « Les idées religieuses des frères jumeaux Souti et Hor, architectes d'Aménophis III. » par Jean SAINTE-FARE GARNOT. - In : Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 92ᵉ année, N. 4, 1948. pp. 543-549 ; doi : https://doi.org/10.3406/crai.1948.78337 https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1948_num_92_4_78337

 

..... (12) – Article « Situation de la femme dans la Bible : le Patriarcat - La femme dans la société hébraïque » par Sr Lise PLANTE, ss.cc.j.m. - Soeurs des Saints Coeurs de Jésus et de Marie. (Article s'inspirant aussi de l'ouvrage « L'autre moitié de l’Église : mes femmes » par Tita PIERRO et Franca LONG – Dossiers libres – Paris – Ed du Cerf – 1980 ) http://www.ssccjm.org/spiritualite/femmesbible/lesfemmesdanslabible_lepatriarcat.html

.. (13) - Michael D. COOGAN – « Canaanite Origins and Lineage : Reflections on the Religion of Ancient Israel – in Ancient Israelite Religion : essays in Honor of Frank Moore Cross » – ed. Patrick D. Miller, Jr, Paul D. Hanson, and S. Dean McBride (Philadelphia : Fortress – 1987 – p. 115. Cité dans A History of Israel – John Bright – 2000. p. 477 -

- Michael Coogan tersely concludes from the artifactual and comparative data that « it is essential to consider biblical religion as a subset of Israelite religion and Israelite religion as a subset of Canaanite religion. »

.. (14) Article « Yahweh of Samaria and His Asherah  » par David Noel FREEDMAN– The University of Chicago Press Journals (Near Eastern Archaeology – vol. 50 – dec. 1987)

 

..... (15) – Contribution « Les histoires des Patriarches et la légende de Moïse » par Thomas RÖMER – in « Comment la Bible saisit-elle l'histoire » (XXI e congrès de l'Association Catholique Française pour l'étude de la Bible – Issy-les-Moulineaux – 2005) Les Éditions du Cerf – Paris – 2007.

 

.. (16) – Article « Zut, on a encore oublié Madame Dieu ! » du magazine de l'Université de Lausanne ''Allez Savoir'' N°58 de sept 2014 – suite à l'Ouvrage « La Bible, quelles histoires ! » Entretiens avec Thomas RÖMER – Ed. Bayard-Labor et Fides – 2014

 

.. (17) – Ouvrage « L'invention de Dieu » par Thomas Römer – Seuil – 2017

 

.. (18) - Ouvrage « De Sumer à Canaan. L'Orient Ancien et la Bible. » par Sophie CLUZAN – Seuil/ Louvre - 2015

 

.. (19) – Article «  Joseph Smith and Preexilic Israelite Religion » par Margaret BARKER – 2005 - BYU Studies Quarterly : Vol. 44 : Iss. 4 , Article 9. Available at https://scholarsarchive.byu.edu/byusq/vol44/iss4/9

«  (…) the interpretation that the Virgin in Nazareth was the mother of the Son of God after the manner of the flesh (1 Nephi 11). This is the Heavenly Mother, represented by the tree of life, and then Mary and her Son on earth. This revelation to Joseph Smith was the ancient Wisdom symbolism, intact, and almost certainly as it was known in 600 bce. »

 

.. (20) – Article « Qu’est ce que la vierge Marie a à voir avec l’arbre de vie ? » par David GEORGES – Étude des Écritures – février 2017

https://foienchrist.org/etudes-des-ecritures/vierge-marie-et-arbre-de-vie/

L'article commente la contribution ''Nephi and His Asherah : a Note on 1 Nephi 11:8-23'' par Daniel C. PETERSON - dans Mormons, Scripture, and the Ancient World, ed. Davis Bitton (Provo, UT : FARMS, 1998)

 

.. (21) – Article « Quelques remarques sur les poèmes mythologiques de Ras Chamra et leurs rapports avec l'Ancien Testament. » par Adolphe François Paul LODS - In : Revue d'histoire et de philosophie religieuses, 16e année n°2, Mars-avril 1936. pp. 101-130 ; doi : https://doi.org/10.3406/rhpr.1936.2960 https://www.persee.fr/doc/rhpr_0035-2403_1936_num_16_2_2960

(base de l'étude = Tablettes trouvées à Ras Chamra/ Ougarit datées du XIV ième siècle av. JC)

 

.. (22) – La Stèle de MESHA (Moabite Stone)

 

a.) https://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A8le_de_Mesha

 

b.) https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/la-stele-de-mesha-moabite-stone-et-213429

 

.. (23) – Publication « Tu es mon sang » par Dominique CHARPIN - chapitre 7 « Rites amorrites, traités hittites, adê néo-assyriens et alliances dans la Bible » - Les Belles Lettres – OpenEdition Books - https://books.openedition.org/lesbelleslettres/328?lang=fr

 

.. (24) – Article « La spécificité du monothéisme biblique. La question du yahwisme. » par Christophe LEMARDELÉ - In : ASDIWAL. Revue genevoise d'anthropologie et d'histoire des religions, n°14, 2019. pp. 115-126 ; doi : https://doi.org/10.3406/asdi.2019.1158 https://www.persee.fr/doc/asdi_1662-4653_2019_num_14_1_1158

….. (25) -  Article "Religion, Violence, Tolerance & Progress : Nothing to do with Theology" par Nassim Nicholas TALEB oct. 2020  –https://medium.com/incerto/religion-violence-tolerance-progress-nothing-to-do-with-theology-a31f351c729e

«  (…) Mais il était logique pour les habitudes sociales d’interpréter une telle loi comme un interdit ferme pour éviter la socialisation avec les chrétiens et les zoroastriens à Bagdad quand elle était la capitale du califat et les Arabes étaient en minorité. C’est la mentalité qui a trouvé le soutien théologique, plutôt que l’inverse. »

 

.. (26) - Ouvrage «  De la Démocratie en Amérique » par Alexis de TOCQUEVILLE(1835) – Gallimard - 2014

 

.. (27) – Ouvrage « L'Anthropologie face aux problèmes de l'homme moderne » – Claude LEVI-STRAUSS – livre posthume 2011

 

.. (28) - Article « Nephi et son Ashéra  » par Daniel C. PETERSON - Journal of Book of Mormon Studies, vol. 9, n° 2, 2000, pp. 16-25 - http://www.idumea.org/Etudes/Ecritures/LM/Ashera.htm

 

.. (29) – ''Tares'' de la Civilisation Occidentale.

 

(a.) - « Les modernes, après avoir aboli l'esclavage, ont donc encore à détruire trois préjugés bien plus insaisissables et plus tenaces que lui : le préjugé du maître, le préjugé de race, et enfin le préjugé du blanc. » («  De la Démocratie en Amérique » par Alexis de TOCQUEVILLE(1835) – Gallimard - 2014)

(b.) - (...) la civilisation occidentale cherche d'une part, selon l'expression de M. Leslie White, à accroître continuellement la quantité d'énergie disponible par tête d'habitant ; d'autre part à protéger et à prolonger la vie humaine (...) la civilisation occidentale s'est (...) adonnée à ces tâches avec un exclusivisme où réside peut-être sa faiblesse (...). « Race et Histoire  » – Claude Lévi-Strauss - 1961

(c.) - Un divorce s'est produit, un fossé se creuse entre les données de la sensibilité, qui n'ont plus pour nous de signification générale, en dehors de celles, restreintes et rudimentaires, qu'elles nous fournissent sur l'état de notre organisme, et une pensée abstraite où se concentrent tous nos efforts pour connaître et comprendre l'univers. Rien ne nous éloigne davantage de ces peuples qu'étudient les anthropologues, pour qui chaque couleur, chaque texture, chaque odeur, chaque saveur ont un sens. » (« L'Anthropologie face aux problèmes de l'homme moderne » – Claude LEVI-STRAUSS – livre posthume 2011)

 

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