Le deuil en islam chiite

par Jahanshah Rashidian
samedi 16 novembre 2013

Tout au long de la journée d’Achoura, des cortèges d’hommes vêtus de noir déambulent dans les rues au son des tambours rythmés par le frappement des poitrines et des chaînes et précédés par des porte-drapeaux et des groupes de musique funèbre. Les hommes marchent dans les rues en se frappant la poitrine et la tête pour exprimer leur deuil. Des cérémonies émouvantes des coups de la flagellation (chaînes en grappes attachées à une poignée pour se frapper successivement les épaules ou la tête) sont rythmés avec le chant et instruments de deuil.

Le mois Muharram recommence chez les chiites, adhérents d’une secte de l’islam majoritaire en Iran et l’Irak. Les cérémonies de deuil pendant les dix premiers jours du mois rappellent leur troisième Imam, imam Hossein, « martyrisé », avec sa petite troupe de 72 fidèles, en 680 par le Calife omeyyade, Yazid.

Qui est Imam Hossein ? 

Hossein est né en 624 à Médine de Fatima, la fille du Prophète Mohammad, et de père d’Ali, le premier Imam des chiites. Hossein succède son frère Imam Hassan comme le troisième Imam et peu après il est mort en 626 lors de bataille de Karbala, où son mausolée reçoit des pèlerins chiites.

Qui sont les chiites ? 

Les chiites, minoritaires depuis l’apparition de l’islam, croient en imamat et califat selon les directives héréditaires, alors le pouvoir de Calife ou l’Imam doit rester dans la famille du prophète. Pour les chiites, Ali es ses descendants sont les seules successeurs légitimes du prophète, ce qui stipule que seulement les descendants du prophète possèdent une mission prophétique pour guider les musulmans. Le premier Imam est Ali et le douzième est Mahdi qui est en occultation depuis des siècles et réapparaitra à la fin des temps sur la terre pour régner le monde.

Deuil d’Achoura des Chiites 

C’est pour l’assassinat de l’imam Hossein, que les chiites célèbrent dans le monde entier, surtout en Iran et en Irak de poste-Saddam, l'Achoura, le jour commémorant de son martyre suivant la bataille de Karbala en septième siècle.

Achoura en Iran 

C’est sous la dynastie des Safavides en 16ème siècle que le chiisme fut brutalement imposé sur la majorité de non-chiites des iraniens, et avec celui-ci, le deuil d’Achoura se divulgua en Iran. Sous la dynastie Qadjar, une nouvelle cérémonie de deuil émergea. Il s’agissait de Ta’zieh qui s’inspire des événements de jour de l’Achoura, dont l’impression devient trop caractéristique dans les cérémonies de deuil. Ta’zieh est une représentation théâtrale. Ta’zieh est accompagné de lamentations et de récits de deuil — bien que ces récits ne soient que des prêches imaginaires de tragédie de bataille de Karbala.

La dynastie Qadjar et l’Achoura

C’est dans la cour royale de Nasser-al-Din Shah Qadjar que cette cérémonie a été officiellement lieu. Pour le shah qui se prenait pour « l’ombre de Dieu sur Terre », Ta’zieh représentait une occasion supplémentaire que son populace prouve sa foi et son attachement aux valeurs divines du roi, par lesquelles le roi justifie son royaume chiite. Ensuite, ta`zyieh prend un aspect plus publique et aura lieu sur les grandes places « takieh » dont takieh de « dolat » (…de l’état) et encore connu. Les acteurs du ta’zieh sont toujours des hommes, et le rôle des femmes est tenu par des jeunes garçons impubères. Pendant les dix premiers jours du mois Muharram, et spécialement le neuvième jour (Tasou'ah) et le dixième jour (Achoura), les chiites se consacrent aux cérémonies de deuil en souvenir du martyre de l’Imam Hossein et de ses partisans à Karbala.

Journée d’Achoura 

Tout au long de la journée d’Achoura, des cortèges d’hommes vêtus de noir déambulent dans les rues au son des tambours rythmés par le frappement des poitrines et des chaînes et précédés par des porte-drapeaux et des groupes de musique funèbre. Les hommes marchent dans les rues en se frappant la poitrine et la tête pour exprimer leur deuil. Des cérémonies émouvantes des coups de la flagellation (chaînes en grappes attachées à une poignée pour se frapper successivement les épaules ou la tête) sont rythmés avec le chant et instruments de deuil.

Violence associée

Certains se tailladent même le crâne pour que le sang jaillisse. La couleur de rouge représente le sang versé des martyres de Karbala. Associé avec ce sang versé, les animaux sont égorgés, les objets de deuil sont colorés de rouge, on se blesse et blesse les petits enfants au coup de couteau pour montrer la douleur et souffrance des martyres de Karbala.

Les objets de deuil, comme les mains amputées en bois qui symbolisent les deux mains du martyre Abbas, le frère d’Hossein, coupole et ses minarets, des épées et d’autres armes de la guerre de Karbala, des pigeons de deuil et etc. tous sont présentés dans les cortèges.

Des chants traditionnels du deuil se transmettent en Persan et Arabe afin de rappeler le drame de Karbala. Des innombrables scénarios et récits sont racontés pour le seul jour d’Achoura. Des propos sans fondement historique sont dramatisés pour rendre un tableau le plus triste possible. Des symboles comme drapeaux vers ou noirs et longs drapeaux "Alam" sont portés avec des groupes de musique funèbre a la tête des cortèges. Les cortèges sont toujours organisés et participés par les hommes, les femmes séparées des hommes seulement ont le droit de voir ou suivre les cortèges.

Les effets sociaux du deuil

La douleur et souffrance ainsi présentées dans ces cortèges favorisent l’industrie du chiisme par l’effet psychologique. Le deuil et la souffrance s’associent avec une punition réservée aux déviants qui malgré les sommations refusent ou ignorent d' réintégrer la secte chiite de l’islam. Témoignage très poignant et choquant sur les faits tangibles qui peuvent toujours découler dans toutes les cérémonies de deuil montrent qu’il s’agit effectivement d’un culte de mence. La violence sadique et masochique déclenchée par ces cérémonies de deuil ne connait aucune limite : sur une photo parue dans internet, on voit une femme qui tranche avec un sabre la peau du crane de son enfant avec un sourire de satisfaction. Cette photo montre la barbarie d’un culte qui peut nous dire pourquoi les Mollahs chiites sont tellement atroces.

Achoura, souvenir du défait des iraniens 

Les sentiments douloureux justifient les actes de blessure comme un rite expiatoire chez ces chiites, le contraire tant qu'une déviation est alors punissable. En plus, le deuil d’Achoura dévoile l’assujettissement aveugles des iraniens aux envahisseurs et assassins de leur ancêtres comme l’imam Hossein lui-même qui faisait partie des troupes musulmanes à la conquête de la Perse sous le calife Omar. Tout est une perception humiliante qui devient pour les nouvelles générations iraniennes de plus en plus dérisoire en l’assimilant avec les crimes de l’islam en Iran depuis l’invasion de 7eme siècles et le règne des Mollahs aujourd’hui.

Mois du marasme 

Le mois Muharram ainsi devient un mois vraiment maudit où il faut éviter transactions commerciales importantes, tous les signes de réjouissance, vacances, et toute fête y comprise mariage. Par contre c'est plutôt la tristesse et le deuil qui doivent prédominer la vie sociale. Tout concourt à signifier le deuil et également à une culture de s’aliénation contre la culture de joie, celle qui faisait partie de la culture persane avant l’invasion.

Achoura et le Régime Islamique

L’exigence de l’Achoura est aussi associée au pouvoir de la caste de clergé, surtout les Sayeds, qui se prennent pour les descendants du prophète et l’imam Hossein et qui sont aujourd’hui une suprématie politique en Iran. En effet depuis les Qadjar, les Mollahs contrôlaient les institutions religieuses et culturelles comme des « madressehs » (écoles pour les garçons), la justice, et d’autres instituions publiques qui pouvaient restreindre les droits égalitaires des citoyens, l’égalité des femmes, l’épanouissement d’arts et de sciences modernes et surtout contrarier l’identité préislamique de l’Iran, la Perse.

Achoura rejeté par les iraniens

Depuis la réélection protestée de président Ahmadinejad, l'Achoura intervient chaque année en Iran dans un climat de tension politique entre les différentes fractions du régime islamique. C’est une occasion aussi pour une majorité d’iraniens exacerbée par l’ensemble du régime islamique et son islam imposé à manifester leur mécontentement vis-à-vis l’islam politique et l’ensemble du régime. Parfois les cortèges d’Achoura étaient une occasion pour se transformer en défilé de l'opposition, des manifestations sont attendues chaque année contre la dictature des Mollahs chiite en Iran.

 


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