Le tout-psychologique : une nouvelle religion ?

par Ekmek
vendredi 29 juin 2007

Il est malheureusement aisé de constater dans nos sociétés occidentales une tendance à l’extrapolation du modèle freudien et à sa déformation par le grand public et les médias qui utilisent les concepts freudiens du ça, du moi, et du surmoi comme une grille d’analyse universelle du comportement humain...

La dérive sensationnaliste et obscurantiste qui s’exprime dans l’usage que font de la psychanalyse freudienne certains professionnels mais aussi les médias et le grand public est devenue chose courante et on peut le regretter. Cette dérive consiste en l’instrumentalisation de la grille d’interprétation freudienne qui se voit quitter le champ thérapeutique dans certaines circonstances pour devenir un grille d’interprétation des comportements humains qui vient s’ancrer dangereusement dans le sociologique.

Il y a là un danger car la portée thérapeutique et explicative de la psychanalyse freudienne vient se fonder sur une relation de confiance entre le thérapeute et le patient qui se construit sur le temps long grâce, entre autres, à un nombre considérable de séances passées sur le divan. Il est malheureusement aisé de constater dans nos sociétés occidentales une tendance à l’extrapolation du modèle freudien et à sa déformation par le grand public et les médias qui utilisent les concepts freudiens du ça, du moi, et du surmoi comme une grille d’analyse universelle du comportement humain. Ce type de raisonnement est malheureusement trop souvent ancré dans les esprits : "Etant donné que, comme l’a dit le docteur Freud, nous sommes tous plus ou moins névrosés il apparaît nécessaire à un moment ou à un autre de notre existence d’entamer une démarche psychanalytique même si le besoin ne s’en fait pas directement sentir". On comprend bien ce qui permet le développement du "coaching" qui est à la psychanalyse ce que la chirurgie esthétique est à la médecine. Comme le disent ces pseudo-thérapeutes, "ça ne marche que si on y croit ". La psychanalyse pourrait-elle devenir pour le grand public et par le miroir déformant des médias une véritable religion ? Faut-il avoir foi en un inconscient psychique pour que la psychanalyse ait un quelconque effet thérapeutique ? Face à la tendance naturelle du grand public à l’extrapolation et à la pensée globalisante, il est plus que jamais du devoir des psychologues et des psychanalystes qui ont une exposition médiatique forte de ramener toute interprétation freudienne à son caractère circonstanciel et relatif pour couper court à une tendance dangereuse de "psychologisation du monde".

 


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