Qui sont les organisateurs de la manif islamiste avortée de samedi à Paris ?

par Catherine Segurane
lundi 11 avril 2011

Une manifestation interdite d'islamistes radicaux devait se tenir le samedi 9 avril à Paris place de la Nation, à l'appel d'organisations clairement extrémistes, comme le Sharia4UK du provocateur Anjem Choudary, qui devrait venir de Londres et fut arrêté sur le trajet.Même chose pour l'islamiste Fouad Belkacem, alias Abou Imran, venant de Belgique. Le groupuscule ne put rassembler qu'une poignée de manifestants. Soixante et une personnes, dont des femmes intégralement voilées, furent interpelées. L'une d'elle était en situation irrégulière. Une autre portait une arme prohibée.

Un des manifestants proteste en ces termes contre l'intervention policière :

"On est chez nous, la France sera bientôt à nous. On est déjà 10 millions, bientôt 20, vous allez voir. Vous ne pourrez plus nous interdire quoi que ce soit. Ce pays est à nous." 

Pour avoir des détails sur cette manifestation, il ne faut pas trop compter sur les médias classiques. L'Express  rend compte de l'affaire de façon un peu particulière. Il titre de façon minimisante ("61 interpellations lors d'une manifestation contre la loi anti-burqa") et attribue l'interdiction aux risques de troubles à l'ordre public que pourraient créer des contre-manifestants (comme si les manifestants n'en créaient pas), saisissant l'occasion de taper sur le Bloc Identitaire, les apéros saucisson-pinard ou les supporters du Paris Saint Germain, qui ne sont pourtant pour rien dans l'affaire.

On se permettra de faire observer que les groupuscules organisateurs préconisent d'installer la charia en France, c'est à dire de renverser la République. La logique aurait voulu que ce soit ce trouble à l'ordre public là qui soit signalé prioritairement.

Il faut aller sur Bivouac ID pour apprendre que l'une des voilées interpelées portait une arme. 

L'appel à manifester se trouve sur internet. Il émane d'un groupuscule appelé Jamaat Tafheet, et indique expressément :

"O les musulmans de France, réveillez-vous de cette oppression. Combien de temps vous allez vous soumettre sous cette domination mécréante ?"

L'agence Novopress a couvert l'affaire de façon importante. Elle a d'abord obtenu, d'un des organisateurs, une interview bien gratinée. On écoutera la bande sur le site de l'agence. L'interlocuteur veut changer le système et se dit proche des groupes voulant instaurer la chariah. Il se flatte d'être Français de souche, breton de race aryenne, et souligne qu'à son avis les sympathisants de la mouvance natio-identitaire ne sont pas si blancs que ça, et qu'il s'y glisse des maghrébins complexés, des Kabyles et autres bronzés. Racisme, quand tu nous tiens ...

La même Novopress a cherché à savoir si et jusqu'à quel point l'islam officiel condamnait la manifestation. Accessible par lien, le site Nouvelles de France avait joint le CFCM et obtenu une brève interview. Le CFCM commença par dire qu'il n'était pas au courant de la manifestation. Nouvelles de France proposa à son interlocuteur de rappeler plus tard. Alors, intervient ce dialogue :

« Pas la peine »... rétorque-t-il.

« Donc on peut titrer que vous refusez de condamner cette manifestation ? »

« Je n’ai pas dit ça ! »

« Mais vous refusez de condamner ce rassemblement… ? »

« C’est du chantage »

L'interlocuteur raccroche au nez.

L'UOIF, d'après Novopress, évoque un fait très marginal et le souhaite pas s'exprimer. La Grande Mosquée de Paris est injoignable au téléphone le vendredi veille de la manif.


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