« Ave Caesar, Morituri te salutant »

par moderatus
vendredi 20 mars 2020

On va trier les malades que l'on va pouvoir soigner et ceux que l'on va laisser mourir. 

Depuis quelques jours on entendait des témoignages de soignants qui affirmaient qu'ils étaient obligés de faire pour les salles de réanimation un tri des malades. Difficile à croire et à accepter, mais depuis mercredi les témoignages de responsables et chefs de cliniques confirment cet état de fait. Il faudra faire un tri fonction de l'âge, et un tri fonction de l'état de santé général du patient.

Manque de moyens, déplore le corps médical, le médecin qui trie les malades n’est pas là pour dire qui aura ou non droit à la vie, mais pour sauver le plus de vies possible. On comprend leur décision et leur déchirement.

 

 

Il va falloir choisir » entre les malades, admettent des soignants. Faute de places suffisantes en réanimation, des soignants dans les zones les plus touchées par l’épidémie nous confient avoir renoncé à intuber des patients de 70 ans, déjà malades.

http://www.leparisien.fr/societe/coronavirus-le-tri-de-malades-en-reanimation-oui-c-est-deja-arrive-17-03-2020-8282217.php

« Des transmissions numériques entre médecins révèlent que des « critères de limitation », aux espaces de réanimation notamment, sont déjà en mis en œuvre. »

https://www.nouvelobs.com/sante/20200318.OBS26245/il-va-falloir-faire-des-choix-le-tri-des-malades-a-deja-commence-a-l-hopital-dans-le-grand-est.html

 

Un comité de médecins se réunit et décide de qui va mourir. Alors ils assurent à ceux qui sont condamnés, un accompagnement vers vers la fin de vie sera assuré, si il y a assez de personnel, sinon, le patient mourra sûrement seul, la famille étant engagée à ne pas venir pour éviter la transmission.

 

Quelles sont les raisons qui conduisent à cette situation inédite ?

Elles sont nombreuse et ne datent pas de l'ère Macron. Même si on peut lui imputer un manque évident de réalisme et de réactivité.

Gouverner c'est prévoir dit-on.

Imprévoyance, manque de réalisme, manque de réactivité, et surtout gestion catastrophique depuis de nombreuses années des services médicaux, qu'on a abandonnés et laissé se délabrer. Les services hospitaliers crient leur détresse, mais on ne veut pas les entendre.

 

La situation aujourd'hui est tragique et incompréhensible.

 

Manque de masques, manque de tests, manque de gants, manque de blouses, manque de lits, manque de respirateurs.

 

Rien que pour protéger les soignants il faudrait 10 millions de masques par jour. On aurait pu depuis des semaines, inciter des usines à fabriquer des masques, ce n'est pas compliqué, non, rien n'a été fait au niveau exigé.

Pas de masque pour les médecins, pas de masque pour les soignants ni pour les policiers, ni pour les caissières, ni pour les chauffeurs de bus, ni pour de nombreuses professions où c'est une nécessite absolue.

 

Un responsable des cliniques privées assurait qu'il y avait des milliers de lits qui étaient disponibles, et on pourrait retarder le tri de malades, mais le manque de masques empêche le personnel de les utiliser. On hallucine !

 

 

Nous sommes la cinquième puissance du monde, et des petits pays comme la Corée du sud, Taïwan, Hong Kong, Singapour, nous donnent des leçons d'efficacité face à l'épidémie.

 

En Corée du sud il y a les masques nécessaires et ils font plus de 20.000 tests par jour, sans demande préalable et résultat dans 6 heures.

Nous sommes environ à 1000 tests par jour.

Dépistage de masse en Corée du sud, qu'on ne peut effectuer chez nous, et qui a conduit à ce que le taux de mortalité soit très faible. Ils ont réussi à contenir l'épidémie sans confinement drastique.

https://www.huffingtonpost.fr/entry/contre-le-coronavirus-comment-la-coree-du-sud-a-evite-le-confinement_fr_5e70cc74c5b60fb69dde4a08

 

Bien sûr pour l’instant, il faut faire profil bas, il faut se conformer au confinement, respecter toutes les directives qui sont données, faire le constat, mais ne pas trop polémiquer, le temps viendra où une fois l'épidémie passée, on fera les comptes, l'addition sera présentée aux responsables, et elle sera salée. C'est ce qu'ont décidé les services de santé qu'on envoie à la guerre sans armes, mais qui ont un sens aigu des responsabilités et un dévouement exemplaires. Ils seront en première ligne aussi lorsque viendra l'heure des comptes.

En attendant, bon courage à tous, que l'on envoie à la guerre sans arme et nous disons à bientôt à ceux qui nous ont amené à cette situation.


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