H1N1 ou quand les paranos de l’OMS accusent Internet

par Bernard Dugué
jeudi 15 avril 2010

Rarement la formule de l’hôpital qui se fout de la charité n’aura mieux mérité sa notoriété depuis que les pontes de l’OMS s’en sont pris aux médias citoyens, essentiellement les blogs du Web, et twitter, afin de dénoncer une diffusion de fausses information venue parasiter la communication officielle. Et Libération de titrer : « Grippe A, l’OMS débordée par Internet et Twitter  ». Moi, ce que j’en pense, de Libé pour commencer, c’est que l’ex-journal gauchiste fondé par Sartre est devenu l’organe officiel des médiarques. Titrer sur twitter, c’est en filigrane appuyer la campagne de lynchage du Net, pratiquée par des éditocrates, des chargées de communication bien placés et même des personnalités politiques rêvant de bâillonner les voix émanant de la société citoyenne. Il y a quelque chose qui sent mauvais dans ce journal que l’on pourrait rebaptiser collibération, ou alors collabération. Le lecteur choisira ce qui lui plaira et se fera ses propres commentaires sur ces appellations tendancieuses mais que j’assume complètement tant ce journal ne cesse de me décevoir.


Il est de bon ton d’accuser l’Internet par les temps qui courent. Aux yeux des élites planquées dans leur microcosme et se croyant représenter la bonne et juste marche du monde, tel un cénacle de magistrats tout droit issus d’un rêve idéal de Platon, l’Internet serait le lieu de la débauche d’information, de la propagation des fausses informations qui, tels des formes sémantiques virales, contamineraient la population, tout en donnant la fièvre à ces chères élites irritées de voir leur communication policée ainsi troublée, sans disposer d’aucun dispositif anti-viral. Nos spécialistes de l’OMS viennent de se signaler il y a peu par la voix du Dr Fukuda, ancien directeur du CDC et promu depuis novembre 2009 conseiller spécial pour la gestion de la pandémie. Fukuda est à Margaret Chan ce qu’Henri Guaino est à Nicolas Sarkozy. C’est sans doute un signe d’époque, les conseillers disent parfois des énormités. On l’a vu récemment avec Pierre Charon qui s’illustra à propos de la rumeur Biolay-Bruni transformée en complot contre l’Etat et d’ailleurs, on l’a hélas oublié, c’est ce même Charon qui distilla quelques propos acidulés et méprisants à l’égard d’un ancien premier ministre venu défendre son honneur pour éviter d’être pendu à un croc de boucher. Fukuda, c’est sans doute un conseiller du même style et de plus, le style de l’époque, c’est la manière de communiquer. Les ministres de Sarkozy en savent quelque chose sur ce rayon. Finalement, rien ne ressemble plus à un de nos énarques qu’un expert diplômé d’une université américaine. La bêtise est le genre humain le mieux partagé, depuis le simple manant jusqu’aux plus hauts rouages des administrations. Quel est l’hôpital de l’OMS qui se fout de la charité ? On aurait tendance à dire, c’est hôpital psy, avec ses experts atteints d’un trouble bipolaire d’un genre nouveau, un peu paranos et autistes sur les bords.


Fukuda reste quand même lucide. Il reconnaît quelques déficits dans la communication sur la menace pandémique, sur la mortalité et l’opportunité de déclencher le niveau 6. Mais comme le dit l’adage, une fois de plus vérifié, la meilleure défense, c’est l’attaque. Et donc le cafouillage autour de la communication sur la pandémie serait dû à des rumeurs et autres désinformations propagées sur le Web. Certes, il y a eu quelques rumeurs de complots grotesques, mais dans l’ensemble, la réaction des gens a été saine et si confusion mentale il y a, on la trouvera chez les experts de l’OMS. Jugez-en par la précipitation à décréter le niveau 6 de pandémie et à confondre deux choses, la propagation et la contagiosité. On pouvait savoir assez tôt que le H1N1 de 2009 n’était pas très contagieux, même moins que les grippes saisonnières. C’était l’élément scientifique à prendre en compte et non pas la propagation planétaire qui est banale au vu des déplacements aériens. De plus, la détection du virus ne signifie pas qu’il s’est propagé. Il pouvait tout aussi bien être présent en de multiples lieux. Les failles dans la connaissance virologique furent transformées en certitude sur une possible menace planétaire.


Inutile d’en rajouter. Il est évident que les experts de l’OMS ont péché par peur ou bien par le frisson de déclencher une alerte et de jouer les commandants de la guerre antivirale, ou peut-être par quelque connivence d’intérêt avec leur job de pharmacologue, bref, la confusion, elle a été surtout le fait des spécialistes grippés de l’OMS. Les mêmes qui reprochent au Net la confusion alors que ce sont eux qui ont introduit la confusion avec la complicité des médias collaborationnistes et des autorités de santés des pays concernés, France en première ligne. Ne se paye-t-il pas notre gueule, le Dr Fukuda, lorsqu’il affirme agir pour calmer les peurs des gens face au virus alors que c’est lui qui les a fabriquées, ces peurs, en diligentant une opération de propagandes dignes de celles qu’on a connues au temps du nazisme. C’est le style de l’époque. Des élites qui croient répondre à une demande et qui avec la propagande, produisent cette demande pour mieux se positionner en médecins du monde et s’arroger les prébendes offertes par le dispositif. C’est de la vulgaire politique qui sait arraisonner le psychisme des masses pour tirer du profit et qu’on trouvera répandue à travers nombre d’exemples comme le climat et le très vindicatif et très intéressé Jancovici prêt à bâillonner Allègre parce que ça nuit à ses affaires qu’on puisse révéler la vérité sur les impostures climatiques.


Autant en rire, de cette époque crépusculaire, de ce Fukuda qui ne sait plus comment se sortir du caca dans lequel l’OMS s’est mis et se plait à invoquer quelque erreur de terminologie dans les mots pandémie et virus. Mais mon pauvre Fukuda, de quel monde viens-tu, les mots ont un sens et ce n’est pas en gémissant sur quelques fautes sémantiques que tu sauveras la cléricature scientiste de ses erreurs manifestes, de son état de confusion mentale lié à une tâche sans doute insurmontable, contrôler la viralité planétaire. L’OMS semble marcher sur la tête, avec ses paranos de la pandémie qui projettent leurs peurs sur la population, et ce faisant, transmettent leur anxiété tout en accusant par la suite les médias du Web de propager la confusion. Je vais être clair dans ma conclusion. La meilleure mesure à prendre, c’est de virer tous les « incapables » de l’OMS qui ont géré la grippe H1N1 de 2009. Quant aux médias nationaux, ils ne sortent pas grandis de cette affaire et si quelque journal déposait le bilan, je ne m’en plaindrais pas, car le Net va supplanter les médias conventionnels pour défendre la libre expression. Le Monde, Libé, le Nouvel Obs, le Point, ces journaux sont des vendus, alors qu’ils périssent de leurs invendus !


Et si on en remettait une couche de sagesse citoyenne. Extrait : Dans un monde de plus en plus "complexe", l’OMS doit apprendre à "anticiper et répondre aux attentes et inquiétudes changeante des populations", a souligné Fukuda. Un ancien responsable des maladies contagieuses de l’OMS, David Heymann, a lui aussi souligné qu’il y a désormais "un nouveau facteur" à prendre en compte dans la communication sur de grandes crises sanitaires. "Il est très difficile de corriger les idées erronées" une fois qu’elles circulent sur internet et dans les réseaux sociaux, a-t-il expliqué à l’AFP.


Oui mais l’idée erronée, n’est-elle pas par excellence celle d’une menace pandémique orchestrée par l’OMS et les autorités sanitaires des pays avancés ? Une panique pandémique qui a été relayée par les médias officiels et que l’Internet a tant bien que mal corrigée grâce à la sagacité de quelques gens qui, dotés d’une culture scientifique, ont su relayer une vérité. La bonne nouvelle, c’est que les élites ne peuvent plus prétendre gagner la partie en diffusant la propagande servant leurs intérêts. Les élites ont perdu.

 


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