Les h˘pitaux franšais sont-ils malades ?

par olivier cabanel
lundi 26 janvier 2009

1035 hopitaux français sont concernés :
personnel sous payé
horaires démentiels,
le bilan est lourd :
trois enfants morts en un mois.
Un témoignage circule ces temps ci sur internet : celui d’une infirmière du centre hospitalier de St Etienne (Loire), qui crie son désespoir :
 
« … la tendance actuelle est de nous faire tourner en sous-effectif de manière presque systématique les soirs et les week-end, soit un seul infirmier pour 21 patients… Depuis 2 mois, une de mes collègues infirmières a démissionné et n’est pas remplacée, une autre est en arrêt de travail qui risque d’être prolongé et n’est pas non plus remplacée. Nous ne sommes donc plus que 6 infirmiers au lieu de 8 à assurer un roulement sur 4 semaines, jours de semaine, week-end et fériés compris. Alors nous effectuons 1 puis 2 puis 3 week-ends supplémentaires (nous en travaillons déjà 2 sur 4 habituellement) et ainsi de suite pour que le service tourne, avec des jours de repos qui sautent et des alternances de rythme incessantes »
 
Cette infirmière décrit ensuite son impossibilité de prévoir quoi que ce soit en dehors de son boulot. Plus loin elle raconte :
« Samedi dernier, une autre collègue s’est arrêtée et, étant la seule infirmière du soir, il n’y avait donc personne pour prendre la relève du matin... C’est un infirmier des urgences qui a été détaché de son service pour venir dans le nôtre, qui a assuré les soins de nos 21 patients, alors qu’il ne les connaissait pas, et qui a dû faire face en plus à une situation d’urgence vitale de l’un d’eux.. »
La situation n’est pas plus brillante pour les femmes de ménage : L’une d’elles arrêtée depuis un an n’est remplacée que de manière très ponctuelle obligeant les 3 restantes à se partager un roulement de 4 semaines, week end et jours fériés compris. Elles ont à nettoyer 16 chambres, du sol aux murs en passant par les mobiliers, les vitres…pourtant ce CHU est en pleine réorganisation avec la promesse de profiter des dernières technologies dans des locaux modernes.
Comment s’étonner des 162 hopitaux concernés par les maladies nosocomiales ?

L’infirmière ne comprend pas :
« Alors, expliquez-moi comment être à la hauteur de ces exigences quand le personnel est déjà largement en sous effectif ?
L’hôpital refusant d’embaucher invoquant le déficit budgétaire, et préférant faire appel à l’intérim qui coûte pourtant bien plus cher que le personnel contractuel …je dors très mal et pour être honnête je pense au boulot constamment. J’ai peur que le stress me fasse oublier un soin, que la pression m’empêche de prendre le temps avec u n patient déprimé, que la fatigue me fasse faire un mauvais dosage, d’administrer au patient un mauvais produit, peur que ce métier que j’aime me transforme en assassin involontaire…je suis l’infirmière d’aujourd’hui et nous sommes tous les patients de demain… Vous pouvez être un jour au bout de ma seringue, et faire les frais de cette situation inacceptable…pourtant je maîtrise parfaitement mon métier… »
Cette infirmière et bien d’autres ont besoin de notre aide, de notre mobilisation et elle demande que ce message soit transmis au plus grand nombre.

Et comme elle le dit :
« il faut se mobiliser en masse pour être efficace et moi toute seule je n’intéresse personne »
http://www.appeldesappels.org
Ce témoignage est vraisemblablement l’explication des accidents à répétitions que nous connaissons actuellement :
Depuis 2003, 20.000 réclamations ont été déposées donnant lieu à 500 millions d’€ de dédommagements.
Mais l’hopital n’est pas le seul dans la tourmente : tout le service public est menacé.
Les écoles et lycées se plaignent, tout comme l’hôpital, d’un manque cruel de personnel.
Les tribunaux se voient fermés les uns après les autres obligeant les justiciables à parcourir des kilomètres,
« la Poste » n’est pas en reste : la menace de privatisation, avec comme seul souci la rentabilité l’éloigne de sa mission de service public.
 
Il y a deux mondes aujourd’hui,
Celui de l’espoir Obamah, porté par tout un peuple, et celui du désespoir français qui ne voit dans les réformes sarkoziennes que la volonté d’aider les plus riches, au dépens des autres. Espérons que l’appel de cette infirmière désespérée ne laissera personne de glace, car comme disait un vieil ami africain :
« Celui qui n’a pas traversé ne se moque pas de celui qui s’est noyé ».

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