Les protéines animales transformées (PAT) à base de carcasses de visons sont-elles à l’origine des épidémies de COVID ?

par Abolab
mercredi 14 avril 2021

Dans un récent entretien intitulé "Pourquoi cache-t-on la séquence des visons ?", le Pr RAOULT remarquait, à juste titre, la problématique des élevages de visons dans la genèse épidémique de SARS-CoV-2, notamment en France, sans toutefois s'attacher à celle des "protéines animales transformées" (PAT) issues de ces visons, le nouveau nom donné aux farines animales, ou encore à la viande crue de ces animaux destinée aux animaux dits "familiers".

Les visons étant principalement élevés pour leur fourrure, leur chair et carcasse sont ensuite "revalorisées" en viande crue utilisée pour nourrir les animaux "familiers", ou en Protéines Animales Transformées (PAT), qui sont ensuite notamment massivement exportées de la France vers la Chine.

Des carcasses de visons contaminées au SARS-CoV-2 sont donc tout-à-fait capables de contaminer la chaîne alimentaire d'autres animaux d'élevage ou domestiques, et en conséquence, de contaminer la population, en favorisant l'incubation virale dans les populations animales, l'émergence de variants, et l'accroissement des risques pandémiques chez l'être humain.

En effet, les sous-produits animaux de catégorie 3, qui regroupent tous les sous-produits animaux exceptés 1) ceux suspectés d'êtres contaminés par l'encéphalopathie spongiforme transmissible (EST) et 2) ceux impropres à la consommation humaine, n'ont pas tous l'obligation de "stérilisation sous pression" et sont donc souvent seulement pasteurisés (Règlement UE n°142/2011) et n'ont également aucune restriction quant à leur exportation pour l'alimentation animale. Ces sous-produits peuvent également être donnés crus aux animaux dits "familiers" (DGAL/SDSPA/2017-879Règlement CE n°999/2001).

La viande crue de ces animaux est un vecteur immédiat de contamination des autres animaux, mais les protéines animales transformées peuvent l'être également. En effet, si in vitro, la pasteurisation est efficace pour désactiver un grand nombre de virus (Gröner et al), cette technique moins stérile que la stérilisation sous pression peut en fait constituer in vivo un moyen de sélection artificielle des virus résistants à la pasteurisation, et qui seront ensuite transmis à d'autres animaux par la chaîne alimentaire.

La situation in vivo est en effet bien plus complexe qu'in vitro, car contrairement à la stérilisation sous pression, la pasteurisation n'est pas suffisante pour détruire toutes les formes de pathogènes. Etant donné que les virus utilisent les cellules ou les bactéries qu'elles infectent comme leur propre spore à fin de réplication, seule la stérilisation sous pression peut offrir une réelle assurance quant à la limitation de la propagation virale dans la chaîne alimentaire in vivo.

La pasteurisation des sous-produits animaux peut donc agir comme une sélection artificielle qui désactive les virus non résistants à la chaleur ne pouvant pas infecter de cellules ou n'ayant pas encore contaminé de cellules au moment de la pasteurisation, mais elle peut également agir comme une sélection artificielle des virus ayant pu contaminer avec succès leur hôte animal, et qui seront ensuite transmis à d'autres animaux par la chaîne alimentaire. La pasteurisation des protéines animales transformées (PAT) peut donc artificiellement sélectionner les virus qui contaminent rapidement leurs hôtes et qui sont modérément capables de résister à la chaleur.

C'est effectivement ce que l'on contaste avec les nouveaux variants de SARS-CoV-2, qui sont de plus en plus contaminants en infectant rapidement leurs hôtes, tandis que le SARS-CoV-2, selon des chercheurs français, résiste aussi modérément à la chaleur in vitro (au moins une heure à 60°C et jusqu'à 15 minutes à 92°C) et peut donc se montrer encore plus résistant à la chaleur in vivo dans le cadre de la pasteurisation de sous-produits animaux.

En conséquence, la pasteurisation peut entraîner une diffusion, dans la chaîne alimentaire animale, de cellules infectées protégeant des virus ayant déjà réussi à infecter avec succès leurs hôtes précédents et qui seront transmis par voie alimentaire à de nouveaux animaux domestiqués (domestiques et d'élevage), comme l'indique le fait que le SARS-CoV-2 peut également contaminer les voies digestives.

De par les éléments scientifiques connus, cette faille structurelle dans la gestion sanitaire de la propagation des virus animaux via la chaîne alimentaire des animaux peut expliquer l'origine anthropique du coronavirus SARS-CoV-2, responsable de la pandémie de COVID-19.

En effet, le SARS-CoV-2 est un coronavirus de type betacoronavirus qui présente un "pattern d'excrétion de l'acide nucléique viral plus similaire à celui de la grippe qu'au SARS-CoV" (plus rapide) (Zou et al) et qui, par le fait qu'il s'attaque également aux cellules du système immunitaire (Wang et al), a des caractéristiques s'apparentant également au virus de l'immunodéficience bovine (BIV), qui est lui-même très similaire au virus du sida (HIV).

Le virus à l'origine de la COVID-19 pourrait ainsi être le résultat d'une sélection artificielle liée au système agro-industriel, d’une incubation évolutive, de la cocirculation de virus et de la recombinaison d'un coronavirus avec de l'ARN d’autres virus comme celui de l'immunodéficience bovine (BIV), au sein de multiples hôtes animaux comme les porcs, les volailles et les bovins, et à l'origine d'une zoonose via un animal domestique ou d'élevage.

Dans l'attente d'un éventuel moratoire sur l'utilisation des Protéines Animales Transformées (PAT), la stérilisation sous pression devrait donc être rendue obligatoire pour tous les sous-produits d'animaux à destination de consommation animale, et ce afin de prévenir la genèse de nouveaux virus à potentiel pandémique, tel que le SARS-CoV-2, tant chez les animaux que chez les êtres humains.

« Quiconque souhaite comprendre pourquoi les virus deviennent de plus en plus dangereux doit questionner le modèle industriel de l’agriculture et, plus spécifiquement, l’élevage. A présent, peu de gouvernements, et peu de scientifiques, sont préparés à le faire. »

Rob Wallace, biologiste de l’évolution (Entretien)


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